MEGADETH : Le début de la fin ?

Alors voilà, c’est la fin de l’histoire de Vic Rattlehead, ou presque, 41 ans après son premier album culte : Killing Is My Business… and Business Is Good ! sorti en 1985… En ce début d’année 2026, Megadeth nous offre son 17ème et dernier opus sobrement intitulé Megadeth, histoire de boucler la boucle proprement. L’un des fondateurs du thrash metal américain et illustre membre du Big Four (of Thrash) aux cotés de ses ex-collègues de METALLICA, ANTHRAX, et SLAYER, (et bien d’autres comme TESTAMENT, FORBIDDEN, ou EXODUS, entre autres) tire sa révérence en studio sur cet ultime album éponyme qui sonne déjà comme un classique, parmi les autres galettes qu’a réalisé Dave Mustaine en 4 décennies. D’ailleurs le seul album de Megadeth avec le guitariste Teemu Mäntysaari (WINTERSUN) et le premier depuis Endgame en 2009 avec le bassiste James LoMenzo, accompagné du fidèle Dirk Verbeuren qui les accompagne depuis 2016, soit 10 ans, à la batterie. METAL OBS TV a ainsi eu le privilège de pouvoir s’entretenir avec son batteur francophone (ex-ABORTED, ex-ARTSONIC, ex-HEADLINE, ex-SOILWORK, SAVAGE LANDS, CADAVER, COLD THE BRAVE, etc.) qui a donc enregistré cet album éponyme, au côté de Dave Mustaine, 4 ans après The Sick, the Dying… and the Dead ! en 2022, clôturant ainsi l’aventure MEGADETH avant de partir sur la route au côté du célèbre guitariste roux à la personnalité si singulière et au caractère pas toujours facile. [Entretien réalisé par Zoom avec Dirk Verbeuren (batterie) par Pascal « Mustage » Beaumont – Photos : DR]

->> Single « Let there be shred » par MEGADETH, issu de l’album Megadeth (BLKIIBLK Records)

Megadeth - MEGADETH
MEGADETH
Megadeth
Heavy/thrash metal
BLKIIBLK Records

Si l’on m’avait dit que quarante ans après avoir découvert Megadeth à travers son premier album culte Killing Is My Business… and Business Is Good ! sorti en France en 1985 (en version vinyle, bien sûr, chez Bernett Records, un label français remarquable qui nous a fait découvrir de nombreux groupes alors en devenir), celui-ci arrêterait tôt ou tard après une si belle et longue carrière derrière celle de son rival depuis toujours qu’est Metallica,, certes on y aurait songé, mais peut-être pas maintenant ! Et pourtant c’est bien le cas avec ce dix-septième album sobrement intitulé Megadeth, un disque éponyme donc en guise d’épitaphe qui vient clôturer une aventure faite de haut et de bas, de plus de quatre décennies donc, et qui a marqué à jamais le monde du metal.

Un chapitre important de l’histoire du thrash metal qui ne se clôt de façon remarquable. Pas de doute là-dessus, cette scène musicale ne sera plus la même sans ces vétéran américain. Impossible de ne pas se faire embarquer dans un sentiment nostalgique d’autant plus que cette galette est une forme de retour aux sources oscillant entre Killing Is My Business… and Business Is Good ! et Youthanasia paru en 1994 le tout emprunt de mélancolie ou Dave Mustaine se livre comme jamais à travers ses textes « I Am War », « I Don’t Care ». Megadeth est une totale réussite, supérieure au pourtant excellent The Sick, the Dying… and the Dead ! paru quatre ans plus tôt. Dix brulots de pur thrash qui montre à quel point le combo est encore au sommet de sa forme artistique. Car comment ne pas succomber à “Let There Be Shred“ un des nombreux singles qui nous ramène directement au début des années 90 tout comme “Made To Kill“ ? Ou bien encore l’excellent “Tipping Point“, pure pépite de thrash qui ouvre la galette et crie à tous qui est le boss ? La grande surprise sur ce Megadeth millésimé 2026, c’est Teemu Mäntysaari (Ex-Wintersun), le talentueux guitariste finlandais qui est juste exceptionnel au niveaux des solos et des duels avec Dave, comme s’il faisait partie de la formation US depuis toujours, une vraie révélation ! Il est impressionnant de dextérité pour sa première et unique apparition sur un opus de Megadeth, faisant aussi de lui le second musicien d’origine européenne dans le line-up actuel du quatuor. Sur un morceau plus basique comme “I Don’t Care“, très punk (l’une des influences à l’origine du thrash metal !), on (re)découvre une autre facette du sieur Dave qui n’a jamais renié ses influences punk ! La production de Chris Rakestraw est énorme avec un son puissant et sec, tranchant comme souvent chez Méga Dave, mettant en valeur chaque morceau. Ceux-ci se révèlent tous très accrocheurs et très courts, doté d’hymnes puissants et fédérateurs, mais sans réelle prise de risque. “Puppet Parade“, dernier single en date composé en majorité par notre ami batteur Dirk Verbeuren, nous ramène quant à lui directement dans les années 90 dans l’esprit de Countdown to Extension. Aucune prise de Risk ici à l’horizon donc…

Mais que dire de “The Last Note“, véritable adieu de Dave à ses fans ? Le guitariste rouquin se livre comme jamais. A l’instar d’un célèbre « A tout le monde », il s’agit de le chanson parfaite qui vous prend aux tripes pour clôturer une carrière exceptionnelle. Enfin, nous avons droit à une vraie/fausse surprise avec la chanson en bonus track de “Ride the Lightning“ de Metallica composé par lui, James Hetfield, Lars Ulrich et Cliff Burton. La reprise se veut fidèle à l’originale des Four Horsemen, avec un beau clin d’œil à une époque révolue et à ses premiers pas artistiques qui lui ont valu une rancœur éternelle, aujourd’hui oubliée, ou presque, après son éviction et son remplacement par Kirk Hammett (alors Exodus) en avril 1983… Un véritable symbole d’une étape qui l’a marqué à jamais, le reste appartenant à l’histoire.

Megadeth constitue un véritable hommage aux dix première années de la formation qui ont été fondatrice et ont posé les bases d’un thrash technique mélodique et violent, vicieux, haineux à la fois un peu à l’image de Dave Mustaine et de sa personnalité torturé mais aussi fragile et humaine “Another Bad Day“ ou “Hey God“ en sont de beaux exemples hors norme. A noter qu’un film intitulé “Megadeth: Behind The Mask“ est sorti et retrace la carrière de ce combo légendaire. Megadeth est une véritable leçon pour toute la nouvelle génération thrash où le quatuor californien nous éclabousse de son savoir-faire, démontrant à tous qui est le père fondateur de ce style. Point d’innovation donc ici, mais un savoir-faire inimitable ! Comme le dit si bien Dave dans les paroles de “The Last Note“ : « Je suis arrivé, j’ai régné, maintenant je m’efface ». Un testament musical juste royal pour un adieu, ou qui sait, on espère juste, un « au revoir »… Reste la tournée mondiale à venir à ne pas manquer bien évidemment qui devrait durer trois ans si tout va bien, et si notre Méga Dave tient le coup derrière sa six cordes et le micro. [Pascal « Mustage » Beaumont]

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