L’inspiration n’était plus là ces dernières années chez EVERGREY, Tom S. Englund ayant bien failli jeter l’éponge, quitte à entrer dans une phase de dépression. Le départ de Hannes Van Dahl pour rejoindre Sabaton n’arrangea guère les choses… Heureusement, le retour au bercail de Jonas et Henrik fut un électro choc qui permit au groupe de heavy/power metal progressif de se ressaisir pour revenir au mieux de sa forme. Si la suite fut toujours compliquée, cela n’empêcha pas Evergrey d’enchaîner les albums (2014 : Hymns for the Broken, 2016 : The Storm Within, 2019 : The Atlantic, 2021 : Escape of the Phoenix, 2022 : A Heartless Portrait The Orphean Testament) à un rythme titanesque, soutenu enfin par un excellent Theories Of Emptiness en 2024. Coté musiciens, c’est un peu et toujours la valse des pantins puisque le batteur Jonas Ekdahl et le guitariste Henrik Danhage quittèrent définitivement le combo suédois. Fort heureusement les fidèles Johan Niemann (ex-bassiste de THERION et DEMONOID) et Rikard Zander (DEATH DESTRUCTION, ex-TIAMAT (live)) n’ont jamais déserté les rangs depuis leurs arrivée respectivement en 2010 et 2002.

Une fois de plus, Thomas S. Englund a su faire face en recrutant Simen Sandnes à la batterie en 2024 et un tout nouveau guitariste, Stephen Platt, en 2026 au sein d’EVERGREY. Une forme de renaissance encore une fois, pour la formation suédoise rénovée qui nous propose en 2026 Architects of a New Weave qu’Evergrey défendit en ouverture des concerts d’Iron Maiden les 10 et 22 juin 2026 à Amsterdam (NL) et Paris (La Défense Arena-FR) pour ensuite entamer une tournée mondiale à travers plusieurs continents dont les Etats-Unis malgré un contexte géopolitique complexe. Œuvrant toujours dans un metal mélodique, progressif et sombre, à la fois massif et intime toujours mélancolique, on entrevoit néanmoins sur Architects Of A New Wave une lueur d’optimisme en toile de fond chez les Suédois, le tout en version cinématographique pour pimenter le concept. Metal Obs en a profiter pour faire le point avec son bassiste Johan Niemann et revenir sur les passages tumultueux des Scandinaves qui débouchèrent sur ce nouveau départ qui s’annonce radieux. Il nous parle également de ses passions et découvertes, dans sa jeunesse, des groupes cultes comme KISS, et, tiens donc, Iron Maiden ! Visite guidée à travers le petit monde d’Evergrey. [Entretien vidéo par Zoom avec Johan Niemann (basse) par Pascal « heavy » Beaumont – Photos : Patrick Ullaeus]
->> Single « Architects Of The New Weave » par EVERGREY, extrait de l’album Architects Of A New Weave (Napalm Records) actuellement disponibel :
Depuis 1993, Evergrey est en fin de compte le projet d’un seul homme : son guitariste et chanteur géant Thomas S. Englund. Géant à tous les niveaux, tant physiquement que par le travail et l’abnégation. En effet, il a su braver vents et marées pour imposer son combo sur la scène internationale malgré tous les obstacles qui barrait son chemin ! Et il faut dire que ces les dernières années n’ont pas été de tout repos pour le bonhomme ! 2010 a vu le départ de trois des ses membres fondateurs Henrik Danhage (guitare), Jonas Ekdahl (batterie), et Jari Kainulainen (claviers), Henrik et Jonas étant parti créer un nouveau combo : Death Destruction ! Son leader dut alors réagir très rapidement afin de trouver une nouvelle équipe capable d’assurer l’enregistrement de Glorious Collision et la tournée qui s’en suivit ! Face à cette situation Tom Englund entra dans une phase de dépression profonde qui le conduisit même à envisager un moment la fin définitive d’Evergrey !
Mais en 2026, le groupe de Göteborg, toujours mené de main de maitre par Thomas Steffen Englund (également producteur) semble avoir le vent en poupe pour la sortie de ce quinzième opus (!) studio Architects Of A New Weave. Il faut bien avouer que ces deniers temps le vaisseau semblait quelque peu prendre l’eau de toute part après donc les moult changements de line-up. Son leader recruta dernièrement Simen Sandnes derrière les fûts en 2024, puis un tout nouveau guitariste Stephen Platt (Scar Symmetry, et guitariste live de Devin Townsend) en 2026 après les avoir accompagnés sur scène en 2025. Une nouvelle équipe pour un nouveau départ en quelque sorte car d’emblée on est séduit par la chanson “Welcome To The Pattern“, une mise en bouche parfaite dotée d’une belle intro, avant de déclencher les hostilités avec “The Shadow Self“, morceau plus heavy agrémenté d’un excellent chorus mélodique et d’un piano bien présent tout en étant discret. On est là dans le pur Evergrey comme on aime depuis le splendide (et inégalé ?) In Search Of Truth ou Recreation Day… L’entame de disque est pour l’heure une belle réussite avec son break et cette voix de Thomas S. Englund toujours aussi prenante, à la fois sombre et grave…
Et que dire de la chanson-titre “Architects of a New Weave“ sortie en single qui lui aussi balaye tout sur son passage. Pas de doute Evergrey est dans une forme éblouissante malgré les années et péripéties typiques d’un groupe au long parcours. Les duo de guitares, partagés entre Thomas et le petit nouveau Simen Sandnes, ne sont pas en reste, et s’avèrent même impressionnants et léchés, le tout balayé par des nappes de synthés signées Rikard Zander. Pas de répit avec le très réussi “The World Is On Fire“, un autre single très accrocheur lui aussi, sur une tonalité plus sombre cependant, avec ses rythmiques saccadées. Idem avec “Heaven“ qui s’inscrit dans la même lignée avec des parties lead de guitares très efficaces. Aucun doute, ces deux Suédois sont doués.
Mention bien aussi au featuring, à la fois simple et efficace, pour nos habitants communs de Göteborg, sur le single « Burning Flame“, très tubesque avec en invité au micro, notre ami Mikael Stanne au CV impressionnant (Dark Tranquillity, The Halo Effect, Grand Cadaver, Cemetery Skyline, ex-HammerFall, ex-In Flames) qui fait son petit effet sur le disque. Idem avec “Leaving The Emptiness“ autre single qui vous donne envie de sauter partout avec ses six cordes très accrocheuses au niveau rythmique ! Evergrey a retrouvé une nouvelle fraicheur qui fait son effet kiss cool. La ballade “Longing“ est quant à elle une belle performance très mélancolique et enjouée, et “The Script“, alliant riffs heavy et piano, n’est pas en reste non plus.
“The Prophecy“, très prog’ et sombre, à la fois avec son piano voix et son refrain puissant est d’une beauté cinématographique là encore impressionnante tout comme de nombreux morceaux à l’instar de “Call Off Your Lions“. Evergrey semble réécrire son histoire en toute authenticité avec ces refrains accrocheurs et ses arrangements superbes, une belle progression. Le travail réalisé au niveau production par Tom S. Englund et Vikram Shankar, avec un mixage exceptionnel d’Adam « Nolly » Getgood sonne avec une perfection rare. Evergrey nous propose une œuvre aboutie tout au long de ces douze titres que contient Architects Of A New Weave, un superbe disque qui semble annoncer un véritable renouveau chez nos Suédois. Juste magnifique, laissez vous emporter à chaque instant par les mélodies et le murmure de Tom S. Englund. [Pascal Beaumont]

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