Fondé à l’origine en 2010 en Autriche comme projet solo par le chanteur Georg Wilfinger (ex-Miasma), MONUMENT OF MISANTHROPY a sorti trois albums studio, un EP et une démo. Leur précédent album, Vile Postmortem Irrumatio, est paru en août 2024 et a suscité des critiques dithyrambiques dans le monde entier. Ce 4ème opus est un charmant petit album conceptuel retraçant le parcours initiatique d’un tueur en série — de son enfance maladroite à ses premières « activités extrascolaires », jusqu’au bouquet final sur la chaise électrique : Ted Bundy, probablement le tueur en série le plus prolifique d’Amérique. Ces pourvoyeurs acharnés de violence sonore et véritables « Mindhunters » du brutal death metal sont sortis de leur antre pour livrer un nouvel album d’une extrême intensité intitulé Washington State Charm (disponible chez le label français @Listenablerecs ). Sur le plan musical, ils sont restés fidèles à eux-mêmes à 100 %, ce qui, pour eux, signifie se réinventer en permanence. Ils renouent ici avec l’esprit de leurs précédentes œuvres sulfureuses comme Unterweger et Vile Postmortem Irrumatio, tout en injectant une dose de chaos inédit grâce à des collaborations avec Mendel bij de Leij (ex-Aborted), Johnny Ciardullo (AngelMaker / Carcosa), Gabe Mangold (Enterprise Earth) et Hal Microutsicos (Engulf). [Entretien vidéo réalisé par ZOOM avec George « Misanthrope » Wilfinger (chant) par Seigneur Fred – Photos DR]
Quatrième boucherie entre amis pour nos experts, non pas à Manhattan mais à Vienne, en matière de brutal death metal !! Et nos gaillards nous servent ça sur un plateau en or, ou plutôt en sang, avec tout ce qu’il faut dans les clichés du genre : thématique du tueur en série, artwork stylé de BD rappelant CANNIBAL CORPSE dans un style comics plus moderne, riffs assassins, breaks brises nuques, éructations et growls en tout genre, et des leads de guitares rappelant parfois le meilleur de NECROPHAGIST et DYING FETUS. Etrangement, en 2026, ça le fait encore !! Vingt-six ans après la bombe Dahmer des Yankees de MACABRE dont nos Européens se sont inspirés ici pour la forme en changeant le fond puisqu’il s’agit non pas d’un concept album sur Jeffrey Dahmer (vous savez, le « cannibale du Milwaukee ») mais de Ted Bundy, le tristement célèbre « lady killer » ou « abominable tueur de femmes » exécuté par électrification le 24/01/1989, au moment où Dahmer allait, lui, accélérer le rythme de ses atrocités et crimes…
Et c’est parti, pour trente-sept minutes de folie meurtrière ! Passé un court préliminaire doté d’un sample de la voix de Bundy (« Obviously We Gotta Start Somewhere… »), MONUMENT OF MISANTHROPY taille dans le vif avec un death metal direct et moderne, avec un côté presque deathcore par moment. Et la présence d’invités (Mendel Bij De Leij (ex-ABORTED), Johnny Ciardullo (ANGELMAKER, CARCOSA) sur ce premier titre baptisé « Neath Tacoma Asphalt » booste déjà ce premier massacre sonore qui vous met KO d’emblée. Un interlude inquiétant calme ensuite durant quelques secondes les hostilités (« A Hunger Unstilled »), avant qu’un nouveau meurtre ne se perpétue sur « The 1974 PNW Spree » où un certain Gabe Mangold (ENTERPRISE EARTH) ne cisaille à tout va à la guitare (on retrouve ce musicien d’ailleurs sur le prochain album Strike and Kill de DEVILDRIVER, autre boucherie plus typée groove metal celle-ci à paraître cet été 2026 décidément meurtrier). Au micro, George « Misanthrope » Wilfinger, fondateur du groupe qui était à l’origine en 2010 juste un one man band vite transformé en véritable groupe, fait des merveilles, maîtrisant son organe vocal de manière impressionnante.
Un court nouveau sample de l’époque s’insère (« Unfortunately WA ») avant d’aller visiter les charmes de l’état de Washington, à l’est des Etats-Unis. C’est la chanson-titre qui là encore défouraille sévère. Si l’on peut trouver des similitudes avec des formations contemporaines telles que nos amis de BENIGHTED ou ABORTED, MONUMENT (…) brasse peut-être plus large (deathcore, grindcore), non sans un certain groove plus qu’agréable, mais aussi des relents death/grind plus typiques et old school des années 2000 (BRUTAL TRUTH, MACABRE encore une fois). Si côté percussions, ça blaste à tout va et n’atteint tout de même pas les 340 bpm d’un ARCHSPIRE ou BENIGHTED, techniquement ça assure et nos Autrichiens savent envoyer la purée, ou plutôt du steak, cru, en pleine tronche, tout en développant des ambiances forcément malsaines (la fin de « Washington State Charm »).
En fait le truc chez MONUMENT (…), c’est qu’on ne s’est jamais vraiment à quelle sauce on va être mangé, enfin non, car ce n’est pas Dahmer ici, mais plutôt tué dans le cas de cette biographie sonore et sonique plus que brutale de Ted Bundy, signée par George et sa bande de serial riffers. Par exemple sur « Colorado Murder », on part direction le Colorado, là où notre homme fut accusé de meurtres et où il y a organisa et réussit deux évasions spectaculaires en 1977 !
Côté finesse, il faudra donc passer pour votre chemin ici, car « The Hacksaw Blade » vous glacera l’échine à la lecture des paroles éructées encore une fois à merveille par George « Misanthrope » Wilfinger qui s’époumone comme un fossoyeur des ténèbres. L’ambiance est toujours malsaine, même quand le rythme ralentit et que les choses semblent faussement se calmer (« Suwannee Hog Shed »). Là encore, on se fait prendre facilement au piège dans cette boucherie incessante où l’on ne peut baisser la garde un instant, comme sur le break central. On appréciera sur la fin de l’album une influence comme MORBID ANGEL (« Strapped To The Throne (Burn, Bundy, Burn) », dans son riff énorme et sa rythmique entraînante qui déboite et renvoie à l’époque d’un Altars Of Madness ou Covenant (à quand d’ailleurs un prochain méfait de la part de Trey Azagtoth ?
Enfin, cerise sur le gâteau, ou plutôt coupable sur la chaise électrique, nous avons droit à une énorme reprise de NILE, « The Eye Of Ra » avec en guest, tiens donc, un autre MISANTHROPE, notre bassiste national Jean-Jacques Moréac à la basse sur cet ultime morceau qui clôture Washington State Charm avec majesté. Un must have à tous les fans de death metal brutal et sanglant, à la fois amateurs de faits réels, de sensations fortes, et de technicité élevée. MONUMENT OF MISANTHROPY frappe fort en 2026, et maintenant on attend de partager ça en concert. [Seigneur Fred]
->> Washington State Charm par MONUMENT OF MISANTHROPY (Listenable Records) : album du mois de juin 2026 parmi notre TOP ALBUMS à METAL OBS.
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