VISIONS OF ATLANTIS
Pirates

VISIONS OF ATLANTIS
Pirates
Metal symphonique
Napalm Records

Si le célèbre interprète du pirate Jack Sparrow connaît actuellement sa décadence du côté de Hollywood, comparaissant en appel au tribunal de Fairfax (Virginie) pour violences conjugales, le pirate metal, lui, est nettement revenu à la mode depuis quelques années (Alestorm et son dernier album Seventh Rum Of A Seventh Rum, les vétérans et précurseurs de Running Wild et leur très bon dernier opus Blood on Blood, ou bien encore nos potes tourangeaux de Toter Fisch pour ne citer qu’eux). Il faut dire que cet univers a toujours fasciné, de tout temps, petits et grands. Depuis 2000, le combo austro-italo-français évolue dans un monde de légendes empruntant au fantastique, à la mer, et justement au monde de la flibusterie, enfin surtout depuis l’album The Deep & The Dark (2018) et l’avant-dernier Wanderers. (2019), Visions of Atlantis met clairement les pieds dans le plat et hisse la grand voile pour partir à la chasse au trésor à travers son huitième album studio baptisé tout simplement Pirates. Auteure de toutes les paroles, notre ambassadrice Clémentine Delauney a voulu se faire plaisir et développer ici pleinement cette thématique universelle à la fois lyrique et dramaturgique faite d’aventures et métaphores sur la vie. Avec la complicité de son homologue masculin, l’italien Michele « Meek » Guaitoli arrivé en 2018 sur Wanderers, notre duo vocaliste puise son inspiration dans la littérature pour nous entraîner dans son nouveau périple en grande pompe dès son morceau d’ouverture « Pirates Will Return » qui aurait pu rivaliser avec le générique de Game of Thrones. Relativement classique, la formule se veut cependant puissante et efficace. Sur scène actuellement aux États-Unis, le groupe européen aime jouer là-dessus, faire le show, avec la mélodie et la puissance des guitares, la finesse du chant de notre Clémentine nationale, au côté du chanteur coiffé de sa tricorne noire. Tout aussi accrocheur avec son refrain mais plus court dans sa durée, « Melancholy Angel », premier single de l’album, débute par des notes de piano puis une guitare électrique plus heavy, contre-balancée par la voix claire et douce de la chanteuse lyonnaise qui monte ensuite en puissance avec son timbre soprano, cette dernière ayant suivie une formation à une école de chant. Là où la grande brune est bluffante, c’est qu’elle est capable de passer ainsi d’un timbre simple, accessible, plus formaté pop/rock à la Sharon den Adel dernière génération (le plus intimiste « Heal The Scars »), à un chant d’opéra à la Simone Simons d’Epica sans en faire des tonnes. Ça c’est la classe et la splendeur du metal symphonique quand il est bien fait et pas trop pompeux. Le second single et très catchy « Legion of The Seas » illustre parfaitement cela par exemple. Il en va de même encore avec le tempétueux « Master The Hurricane », leur troisième et tout nouveau single. Il en va de même encore avec le tempétueux « Master The Hurricane », leur troisième et tout nouveau single… Différent mais tout aussi entraînant, « Clocks », quant à lui, joue sur le rythme comme le tic-tac d’une montre, ses paroles se déclinant telle une joute vocale. La vie est une course contre la montre, contre le temps, il faut savoir prendre son destin en main afin de trouver le bonheur, tente de nous dire le quintet international car derrière son univers, certes, parfois un peu naïf de notre bande de gentils pirates, il faut y voir des messages plus philosophiques de la part de nos artistes visiblement inspirés et libérés ici, n’ayant pas peur des clichés qui ont souvent la peau dure, ni des critiques. En effet, il faut bien avouer que la scène pirate metal est surchargée. Mais là où Visions of Atlantis tire son épingle du jeu, c’est dans la complémentarité vocale de son duo au micro, sa richesse mélodique et sa diversité (l’intro à la flûte façon Braveheart sur « In My World » signée Ben Metzner (du groupe allemand Feuerschwanz signé également sur le même label Napalm Records) ; de la cornemuse toujours interprétée par le leader de Feuerschwanz sur « Heal The Scars » et l’ultime « I Wil Be Gone »). Une ballade toute simple comme « Freedom » arrive également à émouvoir l’auditeur s’il tombe un tant soit peu sous le charme, et se prend au jeu, alors que « Legion of The Seas » ou un peu plus loin « Mercy » secouent le navire et font parler la poudre à canon. Alors même si l’on aurait bien aimé tout de même quelques growls ici ou là (car Clémentine nous a confié pouvoir techniquement le faire mais ce n’est pas le propos ici, selon elle, malgré la sauvagerie des pirates), et des soli de guitare plus osés, la dramaturgie nous fait prendre au jeu (le superbe nouveau vidéo clip « Master The Huricane »), et le professionnalisme de ses musiciens qui font les choses simplement avec passion, font de ce huitième une belle réussite. En cela, Pirates se hisse du lot parmi la concurrence, empruntant aussi bien au meilleur de Rhapsody il y a une vingtaine d’années (dont le concept était par contre les donjons et dragons) que les derniers Therion plus orientés comédie musicale. Energique, mélodieux, émotionnel, rythmé, divertissant, Visions of Atlantis nous entraîne dans un voyage musical épique vraiment plaisant et catchy. Voilà le genre de combo avec une chanteuse française qui pourrait enfin faire gagner notre beau pays au prochain concours de l’Eurovision (s’il était sélectionné) !! [Seigneur Fred]

=> Retrouver l’interview de la chanteuse française Clémentine Delauney
de VISIONS OF ATLANTIS ici
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