WORMWOOD, combo suédois de black metal fondé en 2014 et comptant à son actif déjà quatre albums studio, un EP, et un enregistrement live, continue sur sa lancée avec un EP comprenant seulement deux (longs) titres, s’inscrivant dans la lignée du dernier LP en date : The Star (2024). On parle en effet ici de quinze minutes tout de même. Intitulée Å et sortie le 07/08/2026 chez Black Lodge Records, cette nouvelle offrande fonctionne plutôt bien et s’est faite remarquer puisqu’elle occupe actuellement les premières places des classements du Veckolista Hårdrock (Billboard hard rock) en Suède. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux morceaux proposés par ce quintet plutôt productif originaire de Stockholm sont intenses, immersifs, mais réellement différents dans les ambiances qu’ils véhiculent.
Le premier titre tout d’abord, « Yra I Extas », constitue sans conteste le plus prenant des deux morceaux. Afin de saisir toute l’intensité de l’histoire qui nous est racontée ici, le visionnage du très cinématographique vidéo clip sorti récemment devient essentiel : nous y suivons les aléas d’une femme aux prises d’addictions (drogues, alcool…) et sa lente descente aux enfers… L’introduction du morceau est jouée dans un black metal rapide et brutal initié par les furieux paternes de batterie de Simon SAMUELSSON (qui a rejoint le groupe en 2024 après le départ de Daniel Johansson pour DRACONIAN que nous avons d’ailleurs récemment interviewé en mai 2026). Nos cinq Scandinaves alternent ensuite des changements de tempo et aèrent leur black metal de passages plus rock, très atmosphériques, dans lesquelles la basse d’Oscar TORNBORG (aka « Hex » dans le groupe WHITERSIN) devient groovy, et les claviers et guitares de Tobias RYDSHEIM et Jerry ENGSTRÖM jouent des mélodies très planantes (en témoigne le solide solo de la fin du morceau). Et d’ailleurs, le final est intense, les mélodies basculant dans la mélancolie et les cris nous plongent dans le désespoir au fur et à mesure que l’héroïne principale de cette histoire sombre dans les tréfonds de ses addictions… On ne ressort pas indemne de cette histoire et des 8’43 de cette première plage sonore.
Deux titres, deux ambiances s’enchaînent ainsi sur Å. « Pruposeless Geometry » termine cet EP en abordant la thématique du monde moderne et de sa déshumanisation progressive. Les chants d’enfants de l’introduction, innocents et insouciants, que l’on retrouvera lors des refrains, ne doivent pas nous tromper : nous restons ici dans un style typique de WORMWOOD, avec des riffs lourds mais de très belles parties mélodies proches d’un rock atmosphérique ou progressif jouées par des groupes comme SOLSTAFIR par exemple, notamment dans la seconde partie de la piste. Les chants assurés par Georg EKBLADH (aka « Nine » dans WITHERSIN) adoptent une violence maîtrisée, dans un style black metal la plupart du temps, même si les changements d’atmosphères du morceau orientent sa voix vers des growls plus proches du death metal bien souvent, ou dans des phrasés plus légers, un peu à la manière d’un Nick Holmes dans PARADISE LOST. Très entrainante, l’atmosphère de ce dernier titre long de 7’12 est une vraie montagne russe qui entraine l’auditeur dans des ambiances tantôt furieuses, tantôt plus légères et mélancoliques, le tout dans un équilibre parfaitement maîtrisé finalement, comme nos cinq Suédois de WORMWOOD savent le faire depuis plusieurs albums. [Miju 666]

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