Voici l’interview du groupe allemand en pleine ascension APRIL ART, représenté ici par la chanteuse Lisa Watz et le batteur Ben Juelg, originaires de Giessen (Allemagne). Dans la joie et la bonne humeur (et parfois même en français !), nous avons évoqué l’évolution du groupe depuis l’album précédent, Rodeo, ainsi que le message positif qu’ils véhiculent à travers leur mélange de metalcore et de néo-métal alternatif. Nous avons également parlé de leurs nombreuses participations à des festivals, de leur ascension et, bien sûr, de leur tout nouvel album studio intitulé Red (chez Reaper Entertainment), disponible depuis le 2 octobre 2026. Un grand merci à Lisa et Ben pour leur gentillesse. Nous espérons voir APRIL ART sur scène en France très bientôt ! [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Lisa-Marie Watz (chant) et Ben Juelg (batterie) par Pascal « code red » Beaumont – Photos : DR]

Red - APRIL ART
APRIL ART
Red
Alternative rock/metal
Reaper Entertainment

Là où le très réussi Rodeo posait des bases solides d’un rock énergique et sans concessions à la façon d’un Guano Apes (pour les influences notamment vocales) il y a deux ans, avec Red, le quatrième opus d’April Art, le groupe de Giessen persiste et signant, passant ainsi à la vitesse supérieure en termes de maturité d’écriture et d’identité sonore, s’imposant en 2026 comme une œuvre majeure de rock alternatif moderne. En effet, Red combine tout ce qu’il faut pour enfin percer en dehors de l’Allemagne, leur fief natal où fut fondé le groupe en 2014, à savoir : une production massive, des refrains hautement fédérateurs et l’interprétation vocale viscérale de son égérie, Lisa-Marie Watz, qui s’avère être une véritable révélation. Sorti le 2 octobre 2026 sous la bannière de Reaper Entertainment, ce nouvel effort studio concrétise l’ascension fulgurante du quatuor teuton sur la scène européenne saturée en termes de rock alternatif et metalcore. Mais April Art a su se forger une réputation grâce à ses prestations scéniques hors norme. Sur Red, la formation articule ses dix compositions autour d’un fil rouge, outre la chevelure de sa chanteuse, couleur thématique évident ici, évoquant à la fois la passion, l’urgence de vivre, mais aussi la colère face aux faux semblants de notre époque (notre triste actualité française avec la révolte de nos ados en mal être en est une preuve manifeste !). L’architecture sonore, magnifiée par les guitares acérées de Chris Bunnell et une section rythmique inflexible impulsée par le batteur/choriste Ben Juelg (principal compositeur), est pensée pour l’efficacité directe alliée à une opération marketing lourde, à travers des vidéo clips assez créatif, toujours sous la bannière du rouge (forcément) !!

Red est avant tout un symbole de rébellion dont la rage se traduit à travers sa musique. Il démarre sur un véritable parpaing sonore, “Bulletproof“, qui vous met directement dans le rythme, un riff de guitare lourd et saccadé, suivi d’un cri de guerre de Lisa. C’est l’un des nombreux singles déjà disponibles clippés et qui fait déjà son petit effet. Le morceau traite de la résilience et de l’armure psychologique nécessaire pour survivre dans l’industrie musicale. Le refrain se veut massif, calibré pour devenir un classique en live. La vidéo est d’ailleurs particulièrement réussie, la réalisation ayant été confiée aux célèbres Schillobros, mondialement reconnus, notamment pour leurs clips d’Electric Callboy. D’ailleurs on passe ici à un niveau supérieur en matière de production. La photographie y apparaît ultraléchée, digne d’un film d’action hollywoodien. Les jeux de lumières, les angles de caméra dynamiques et l’énergie du montage épousent parfaitement la rythmique lourde et le breakdown metal destructeur. Plutôt que de proposer un clip de metal classique et sérieux, les Schillobros insufflent une énorme dose d’humour et de démesure bienvenue à notre époque. Le visuel s’articule autour de la résilience. C’est une véritable déclaration de guerre teintée d’autodérision, l’une des forces d’April Art. On assiste à une alchimie parfaite entre la folie visuelle des réalisateurs et la puissance scénique innée du combo allemand. En l’espace de quelques semaines, la vidéo est d’ailleurs devenue virale, accumulant des centaines de milliers de vues sur internet !

“Fall into Pieces “ralentit ensuite légèrement le tempo pour densifier l’atmosphère. Les couplets, portés par la basse grondante de Julian Schütze, laissent place à un pré-refrain mélancolique avant d’exploser de manière spectaculaire façon néo metal à la manière d’un Linkin Park ou Papa Roach. C’est l’un des morceaux les plus sombres et les plus prenants textuellement, évoquant la rupture émotionnelle et la reconstruction personnelle. Un thème fédérateur !

Puis, “Panic Stations“ constitue peut-être le succès de l’opus, propulsant le morceau à la 11ème place des German Rock Radio Charts et cumulant rapidement plus de 750 000 streams et vues sur les plateformes web. Là encore, ce morceau insuffle une dose massive d’adrénaline et de sonorités alternatives. Le groove y est absolument irrésistible. Le rythme dicté par la batterie de Ben Juelg est frénétique, et le gimmick du refrain s’ancre instantanément dans votre cerveau pour ne plus vous laisser en paix. Un hymne moderne à l’état pur qui s’inscrit dans la pure lignée d’un metal alternatif / nu-metal , ultra-efficace, mêlant l’efficacité brute de Guano Apes et le sens de la fête d’Electric Callboy. Car April Art, c’est aussi la joie et la démesure. La production signée Julian Breucker est massive et sans concession. Les guitares distordues affichent un accordage bas à la mode du metalcore, délivrant des riffs syncopés et écrasants qui contrastent habilement avec des moments de breakdowns mélodiques bien sentis. Lisa-Marie Watz crève l’écran du clip et vous détruits les tympans dans le même temps, une véritable révélation tant la chanteuse impressionne, avec look des plus originaux qui fait toute la différence. Sa voix rauque, puissante et pleine de distorsion naturelle donne toute son identité au morceau. Elle passe d’un couplet presque scandé et étouffant à un refrain d’une ouverture mélodique imparable, conçu pour être hurlé en chœur en concert, capable de basculer d’une mélodie pop accrocheuse à des screams rugueux, porte l’ironie et le ton volontairement provocateur des paroles. Comment ne pas penser alors à la voix de Sandra Nasić (Guano Apes) ? Nous avons là affaire à une artiste avec un grand A dans tous les cas. Les paroles quant à elles, explorent la surcharge mentale, l’anxiété moderne et le sentiment de perdre le contrôle face au chaos quotidien allié à une vidéo très réussie qui utilise la métaphore des transports et des gares pour illustrer les moments où notre existence bascule dans le chaos créé par nous-mêmes. Entre l’imagerie du bus et les scènes live dynamiques, le clip capte l’urgence de continuer à avancer malgré les doutes dans notre société où tout va toujours plus vite…

“Unbreakable“ se situe dans la digne lignée des morceaux de metal alternatif du début des années 2000-2010 et mise avant tout sur des dynamiques contrastées. Le pont musical affiche une lourdeur presque metalcore, contrastant habilement avec des lignes vocales très claires et aériennes. C’est un titre fédérateur qui met en avant la cohésion technique indéniable d’April Art. “Silent War“ introduit une facette plus nuancée. Moins axé sur l’agression pure, il s’appuie sur une montée en puissance progressive. Le travail sur les textures de guitare de Chris Bunnell y est remarquable en vous enveloppant ans une ambiance de conflit intérieur feutrée qui finit par éclater lors d’un final mémorable. “Good Guy“ traite du cynisme aux profils manipulateurs et hypocrites de la société moderne. Le chant de Lisa-Marie se fait plus théâtral, presque narquois durant les couplets, avant de délivrer une rage cathartique sur le refrain. Le break se veut particulièrement lourd et efficace. “Hungry for Life“ est une véritable explosion d’énergie brute qui flirte avec le punk rock. Le titre ne dure que quelques minutes mais ne laisse aucun répit, dicté par une envie viscérale d’avancer et de mordre dans la vie. Les chœurs énergiques, assurés notamment par le batteur Ben sur le final, promettent de grands moments de communion sur scène avec le public, et ce, même si April Art se fit plutôt discret en France jusqu’à présent..

“Big Bubble Bullshit“ est le second single officiel et s’impose comme un pamphlet moderne et agressif qui vous submerge. Musicalement, le titre intègre des structures syncopées et un refrain d’une efficacité redoutable taillé pour les radios, un hit en puissance pas de doute là-dessus. Il s’ouvre sur un groove de batterie hyper lourd qui laisse rapidement place à des accords de guitare massifs et écrasants. L’équilibre entre couplets percutants et refrains fédérateurs fonctionne à plein régime. C’est l’essence même du rock alternatif : lourd, dansant et immédiat, le tout porté par une section rythmique en fusion, allié encore une fois à un vidéo clip qui mise sur un contraste saisissant entre l’omniprésence de la couleur fétiche du combo, le rouge écarlate (vêtements, lumières), et des décors délibérément absurdes ou cliniques. Des ballons rouges (les fameuses bubbles) accompagnent le tout comme autant de symboles de l’illusion des réseaux et de l’ego. La vidéo met en scène une galerie de personnages excentriques et stéréotypés (interprétés par des invités spéciaux comme Timo Nern ou les membres de John Diva) qui incarnent l’arrogance et les faux-semblants. Les musiciens évoluent au milieu de ce cirque avec une insolence rafraîchissante, mené par une Lisa-Marie Watz survoltée et pleine de folie face à la caméra qu’elle sait séduire et utiliser à merveille. Une vraie actrice dans ces moments-là, un autre de ses talents qu’elle maitrise complètement, il n’y a qu’a la voir sur scène pour en être convaincue !

Red touche bientôt à sa fin après cette succession de chansons accrocheuses et taillées pour le live. “Blink of an Eye“ est une magnifique power balad toute en émotion qui permet au gang teuton de prouver qu’il sait lever le pied sans pour autant perdre en intensité émotionnelle. La performance vocale y est magistrale, pleine de vulnérabilité et d’intensité. Le morceau s’articule autour de la fragilité du temps qui passe, offrant une respiration mélodique bienvenue avant le final ! Enfin, “Karma is a Bitch“ clôt de façon explosive la galette. Cet ultime morceau rassemble tous les éléments qui font la force d’April Art, un riff lourd, un groove sautillant et un refrain vengeur que l’on retient immédiatement. C’est le point final qui conclut d’une façon magistrale un disque très réussi et mature, porté par de superbes vidéos, donnant ce cocktail explosif qui va enflammer les salles outre-Rhin, et on l’espère pour eux, en dehors ! Un album solide et saignant, à l’image du rouge vif, à dévorer à pleines dents ! [Pascal « code red » Beaumont]

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