L’hiver approche sur les forêts de résineux finlandaises, et c’est par « The Cold song », une reprise inattendue de la célèbre composition baroque d’Henry Purcell (compositeur britannique du XVIIe siècle) qu’INSOMNIUM, l’un des piliers du death mélodique finlandais au côté des OMNIUM GATHERUM, WOLFHEART, ou des vétérans d’AMORPHIS, nous conduit une nouvelle fois, avec mélancolie, vers une mort froide et l’obscurité profonde…
Trois ans après le très remarqué Anno 1696 qui fut suivi dans la foulée du EP Songs of the Dusk, voici leur dixième studio intitulé Netherworlds. Sorti le 16 octobre 2026 chez Century Media Records, le quintet finnois, nous livre un long album (environ 54 minutes), composé de dix titres dont quatre ont déjà bénéficié d’un clip vidéo (« Shadowlife », « Gleam in the Dark », « Arch of the Sky » à l’animation très soignée, et très récemment « The Hours Grows Late, »). Produit par Miiro Varjus, mixé et masterisé par l’incontournable Jens Bogren (qui avait déjà mixé l’album Heart Like a Grave de 2019) et Tony Lindgren, ce nouveau chapitre d’une riche discographie de presque trente ans d’existence, a bénéficié d’un soin particulier dans le traitement sonore afin de faire pleinement ressortir la charge émotionnelle des compositions et l’atmosphère sombre des thématiques abordées (habituelles pour INSOMNIUM) : ici, point de contexte historique sombre, comme ce fût le cas sur Winter ‘s Gates (2016, Century Media Records) et Anno 1696 (2023, Century Media Records). Non, nous sombrons avec mélancolie dans les ténèbres, dans un long voyage vers une mort froide et inéluctable, oscillant en permanence entre désillusion et espoir, entre rêves et réalité, comme dans un comics « The Sandman » de Neil Gaiman. Cette atmosphère onirique est d’ailleurs parfaitement retranscrite dans la pochette de l’album, réalisée par l’un des spécialistes du domaine, l’artiste américain Travis Smith qui compte à son effectif des travaux pour de nombreux groupes de la scène metal actuelle (MEGADETH, NEVERMORE, ALLEGAON, OPETH, OVERKILL…).
Sur ce superbe artwork, on y retrouve une colombe lumineuse, symbole d’espoir, menacée par un corbeau noir dans une paysage embrumé, en référence directe au titre « A Gleam in the Dark », quatrième plage de l’album. Les thématiques habituelles du groupe de Joensuu sont ici enrichies par des influences tirées de la poésie (Markus Vanhala confie s’être inspiré de la littérature anglaise et bien sûr finnoise pour ses paroles) ou de mythes extérieurs, comme sur « Arch of the sky » qui adapte la légende de Samis (peuple nomade de Scandinavie) de la chasse au cerf, métaphore du cycle éternel de la vie et de la mort…
Evolutions plus que révolution, sur Netherworlds, INSOMNIUM assume son style, issu de certains de ses albums les plus encensés par ses fans (comme le très mélancolique Shadows of the Dying Suns de 2014 par exemple) avec des influences gothic mais beaucoup moins progressives comme ils avaient pu le développer par le passé. Nos cinq musiciens finnois pratiquent toujours un death metal mélodique ancré dans la tradition scandinave, dans lequel brutalité des riffs et passages mélodiques émotionnels cohabitent aisément, comme c’est la cas sur « Shadowlife », avec ses riffs lourds sur les couplets et ses parties mélodiques plus aérées joués en clean. Les compositions ont été réalisées majoritairement par les guitaristes Markus Vanhala et Ville Friman (mais il est à noter que Tomy Laisto, guitariste qui a rejoint le groupe en 2026, a participé à la création du huitième morceau « Ethereal Sleep » sur l’album). Toutes incorporent les récents ajouts du groupe. Ainsi, le jeu des trois guitaristes, en dialogue permanent, apporte du relief, de la profondeur et de la complexité aux mélodies, que ce soit sur des riffs aiguisés ou sur des passages plus mélancoliques (sur « Pathway of the Night » par exemple).
L’un des points forts chez INSOMNIUM demeure la polyvalence vocale. Les voix bénéficient d’un support particulier, puisque les growls caverneux du bassiste Niilo Sevänene, sont souvent renforcés par les chants clairs des trois guitaristes du groupe (on pensera par exemple aux couplets de « Remembrance » par exemple). L’ajout de tempo plus lent, presque doom, alourdie l’atmosphère de certains titres comme « Ethereal Sleep », tandis qu’un côté plus progressif et émotionnel marque certaines pistes, comme sur « Arch of the Sky » par exemple, avec son jeu de guitare un peu plus « folk » et ses plaisantes mélodies jouées en clean qui font plaisir à entendre et à retrouver. A ce titre, « Journey’s End » est une conclusion parfaite pour l’album : avec ses paroles récitées, son ambiance lourde et mélancolique, on bascule, le temps de quelques accords, dans un paysage onirique, un entre-deux situé entre la réalité froide et l’étrange chaleur des rêves. La brutalité, plutôt mesurée sur cet album, est bien évidemment au rendez-vous sur « Remembrance », où la batterie de Markus Hiirvonen est percutante, mais c’est surtout sur « The Banished » qu’elle s’exprime le mieux, véritable descente aux enfers avec ses riffs agressifs, presque thrash metal et sa rythmique cyclique.
Enfin, INSOMNIUM excellant dans les titres généreux qui figurent souvent parmi les préférés des fans, c’est la longue piste de plus de huit minutes « The Hour Grows Late » qui a la charge de perpétuer la tradition d’une certaine manière, avec une collaboration de luxe cette fois-ci, puisque Tomi Joutsen,Tomi Koivusaari et Santeri Kallio, respectivement chanteur, guitariste et claviériste du groupe AMORPHIS, y figurent. Avec son introduction acoustique, sa deuxième partie plus lourde et son mid-tempo, ce titre fleuve reste un point fort de Netherworlds à n’en pas douter même si l’on aurait aimé davantage de prise de risque sur ce dixième LP. Maintenant, INSOMNIUM reste toujours valable en live, et nul doute que les shows à venir seront de qualité comme à l’accoutumée. Et d’ailleurs, ces deux poids lourds du death metal finlandais que sont AMORPHIS et INSOMNIUM, partageront une tournée nord-américaine dès novembre 2026 !
Avec Netherworlds, INSOMNIUM continue donc d’avancer, sans prise de risque, mais sans oublier également les différents jalons de leur style, installés au fur et à mesure des évolutions du groupe et d’une discographie maintenant bien fournie. Les compositions sont équilibrées mais pas forcément très agressives, et le dialogue entre les guitaristes apportent un relief indéniable à l’ensemble. Fidèles à leur univers habituel, les dix nouvelles chansons possèdent également cette charge émotionnelle qui continue de plaire aux fans de la formation scandinave. Pour les die hard fans et les plus curieux d’entrevous, certains auront remarqué l’existence d’une édition de luxe (Artwork édition), parue en même temps que l’édition simple, qui contient trois titres bonus, dont le titre éponyme « Netherworlds », de quoi prolonger, encore un peu plus l’expérience d’écoute. Et ceux qui en voudraient encore plus, pourront se satisfaire avec l’interview réalisée par vos serviteurs à METAL OBS, disponible sur la chaine YouTube METAL OBS TV et ici même sur le site Metalobs.com. [Miju666]
->> INTERVIEW INSOMNIUM TRES BIENTÔT !!!

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