Jeune trio tourangeau bercé au son de la pop noise, du punk rock, et du post-hardcore, KO-MA s’est d’abord fait découvrir avec son premier EP Trancadis en 2023. Le jeune groupe français récidive déjà avec son premier long format Anthropolis (publié sur plusieurs labels : Kinsfolk, Ma Saret Records, Tout Doux Records, Cœur sur Toi Records et No Need Name) qui est bien plus qu’un simple album, mais carrément une vaste fresque urbaine qui explore la condition humaine dans une société dystopique. Soit autant de sujets brûlants (le rapport à l’argent, la violence…) abordés dans ce nouvel opus qui valaient bien une petite discussion avec les principaux intéressés… Dernière minute : KO-MA se produira le 20/06/2026 au fameux Hellfest !! Souhaitons-leur alors bonne chance ! [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Eliot Remblier (chant, batterie) et Léonard Szakow (chant, guitare) par Norman « Sargento » Garcia – Photos : DR]
Anthropolis est une histoire à part entière, celle d’une société dystopique avec comme personnage principale… une ville et toutes les crispations, tentations, contradictions et addictions qu’elle peut générer. On y suit notamment deux personnages, Tony et Kate, l’un est un oligarque à la tête d’une compagnie d’assainissement des eaux, qui empoisonne sans scrupule la population pour préserver ses intérêts, l’autre une escort girl brillante et ambitieuse qui va mettre en lumière un vaste réseau de corruption (le mot « money » revient plusieurs fois dans les textes). Le résultat ne sera alors qu’une série de violences menant au chaos…
Décadence, folie et auto-destruction sont donc les maîtres mots de cette histoire urbaine racontée avec brio par KO-MA. La musique déployée par le trio se prête parfaitement au climat nauséabond et foutraque instauré par le récit. Un récit à deux voix, qui plus est, porté par les spoken words et le chant hurlé de Eliot Remblier (batterie) et Léonard Szakow (guitare).
L’histoire démarre avec « I.Light », dont le passage éthéré en milieu de morceau marque déjà les esprit, mais ne parvient pas à dissimuler toute la rage qui sommeille au sein de KO-MA. Ainsi le morceau suivant « T.Faked », à l’esprit punk, et la plupart des autres compos regorgent de moments où colère et tension nerveuse ne font qu’une, on y décèle une forte abrasivité et une urgence constante.
Le trio prend parfois son temps pour installer une atmosphère sombre et grisâtre avec du spoken word à LA DISPUTE (« H.Eyed », « R.Pressure » et « O.Gain » pour ne citer qu’elles), mais c’est pour mieux laisser place à des déluges sonores noisy et énervés. Au jeu des comparaisons, c’est un peu comme si BIRDS IN ROW rencontrait les IDLES, les plus anciens penseront aussi à DRIVE BLIND, SLOY, ou même THE JESUS LIZZARD. Nous avons également droit à un titre en français avec « A.Genic » tandis que le dernier morceau « S.Down » et ses plus de 11 minutes (!), est une lourde et lente descente aux enfers bien accompagnée par la basse vrombissante de Pierre-Louis Geslin.
En somme, KO-MA livre une première œuvre au long format très personnelle qui nous trimbale à travers les rues sombres d’une ville en perdition, tout comme ses habitants tourmentés dans un individualisme croissant et perte de repères. Alors quoi que mieux qu’une bande son noisy et enragée pour nous accompagner dans la froideur de la ville ? Ou plutôt sa chaleur dernièrement… Anthropolis, ou comment rafraîchir nos esprits, et tenter de s’interroger dans cette quête de soi. [Norman « Sargento » Garcia]

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