LESOIR : Tomorrow is Now Today

LESOIR est une formation néerlandaise de rock progressif et d’art rock originaire du Limbourg, fondée en 2009 par Maartje Meessen et Ingo Dassen, qui pratique un style musical oscillant entre le rock progressif, art rock, rock atmosphérique (influencé par des groupes tels que The Gathering, Porcupine Tree, Anathema et Steven Wilson) livrant une palette musicale multicolore du plus bel effet que ce soit en concert ou sur disque. LESOIR nous propose, trois ans après Push Back The Horizon, leur septième album studio Tomorrow Is Now Today, qui sort le 23 octobre 2026 chez V2 Records. Nous avons pu les interviewer avant de partir sur les routes européennes. Porté par des singles à la fois doux et poignants comme “Back To You“ ou le récent “Hidden Fire“, cette nouvelle galette capture avec une cinématographie sonore saisissante les espoirs, les peurs et la résilience de notre époque. À l’aube d’une grande tournée aux côtés d’Anneke van Giersbergen (la célèbre chanteuse de THE GATHERING que nous avons également interviewé début 2026 pour leur reformation) qui débutera à Paris (La Machine) le 12 novembre 2026, leurs deux compositeurs et auteurs du groupe, à savoir la chanteuse, flûtiste, pianiste, guitariste, Maartje Meessen et le guitariste compositeur Ingo Dassen ont choisi d’ouvrir les portes de leur local de répétition où ils allaient répéter une bonne partie de la nuit en vue d’un concert prévue en Allemagne le lendemain Alors pour tout savoir sur le nouvel opus de LESOIR, c’est ici et maintenant ! [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Maartje Meessen (chant, multi-instruments) et Ingo Dassen (guitare) par Pascal « Tomorrow never dies » Beaumont – Photos : DR]

Tomorrow is Now Today - LESOIR
LESOIR
Tomorrow is Now Today
Rock progressif
V2 Records

Deux ans à peine après le remarqué Push Back The Horizon, le combo néerlandais d’art rock Lesoir frappe un grand coup avec Tomorrow Is Now Today, disponible chez V2 Records. Concocté à nouveau sous la houlette du producteur légendaire John Cornfield (Muse, Robert Plant, Oasis…), masterisé par Steve Kitch (The Pineapple Thief), et sublimé par les arrangements vocaux de Paul Reeve, ce septième opus studio s’impose d’emblée comme l’œuvre la plus dense, mûre et habitée de leur discographie. À travers dix pistes d’une intensité rare, la chanteuse et multi-instrumentiste Maartje Meessen et le guitariste Ingo Dassen ont façonné avec maestria ce disque qui s’apparente à une cinématographie sonore saisissante, collectant les espoirs, les peurs et la résilience d’un monde en pleine mutation.

Les hostilités débutent doucement avec le premier single “Is It Nothing?“, très easy listening à première vue. Il s’agit d’une pièce maîtresse ambitieuse et hautement cinématographique. Maartje y déploie un chant cristallin chargé d’une tension palpable. Les paroles explorent avec lucidité la relation de l’humanité avec notre planète. “Is It Nothing? “ nous plonge au cœur du rock progressif atmosphérique, de la pop, du trip hop, un peu à la manière de The Gathering sur son « Home ». S’appuyant sur la fameuse théorie de Gaia du scientifique James Lovelock, les paroles interrogent notre responsabilité face au déclin de la planète. La progression instrumentale est dramatique : la voix de la fronwoman est totalement habitée, d’abord suspendue au-dessus du vide, avant d’être submergé par une rythmique de plomb et des textures de synthétiseurs denses. Ce titre vous entraine dans un voyage philosophique, illustré par une magnifique lyric vidéo entièrement animé. Les visuels mystiques et planétaires qui défilent à l’écran renforcent d’ailleurs cet aspect cinématographique de la musique, transformant l’écoute en une expérience multimédia hypnotique. A voir si en live il y aura des projections visuelles pour accompagner leur musique. “Back To You“ est un autre single qui rompt avec la mélancolie en injectant une vague d’espoir, de résilience et d’optimisme. Inspiré directement par des figures de courage face aux conflits modernes (comme Volodymyr Zelensky), le groupe batave signe ici une véritable ode à la liberté portée par un refrain puissant et des guitares à la fois denses et mélodiques. Un futur hymne en live prenant et intense, à n’en pas douter même s’il même un peu de temps à décoller. “Hidden Fire“ est le troisième extrait de la galette, un des morceaux les plus théâtraux et féroces. On y suit l’angoisse et la frustration d’un musicien traditionnel qui continue de répéter inlassablement, submergé de l’autre côté du mur par les musiques sans âme générées par l’intelligence artificielle. Le dialogue entre la flûte traversière, les guitares et les cordes culmine dans un intermède instrumental sauvage, suivi d’un solo de guitare final d’anthologie. Un sujet que nous avons d’ailleurs abordé durant notre entretien avec les musiciens de Lesoir.

Sur “Nadeli “, Lesoir renoue ici avec ses racines crossover prog’ les plus pures. Ce long format étire le temps à l’aide d’un piano délicat et de nappes de synthétiseurs enveloppantes. La structure rythmique est complexe mais d’une fluidité exemplaire, laissant la place à la section rythmique de Bob Van Heumen et Staf Wouters pour asseoir une dynamique organique impressionnante. Les fans des dernières œuvres d’Anathema apprécieront. Un autre morceau comme “Free Pass“ se veut plus sombre et introspectif. Le travail sur les harmonies vocales multi-texturées de Paul Reeve prend ici tout son sens. L’ambiance est lourde, presque hypnotique, rappelant les meilleures heures de groupes anglais du genre, comme Anathema encore une fois, ou Porcupine Tree, avec cette capacité unique à faire basculer une complainte mélancolique vers un mur du son saturé. Appréciant notre beau pays qu’est la France, “La Même Langue“ est une chanson dans la langue de Molière, un petit clin d’œil à l’Hexagone, à la fois court et très surprenant. Derrière son titre francophone, cette intermède audacieux agit comme un pont universel. C’est un exercice de style minimaliste et poétique mettant l’accent sur l’empathie et la communication au-delà des frontières, un thème récurrent dans l’écriture de Maartje Meessen qui nous livre une superbe prestation tout en douceur.

Sinon, “Stay Close To M“ s’apparente à une superbe ballade d’art rock poignante, centrée sur la vulnérabilité. Le mariage de la pedal steel de Rutger Martens et du piano crée une atmosphère presque crépusculaire et relativement envoutante. Le titre respire une profonde mélancolie tout en cherchant constamment la lumière, rappelant que l’amour et la connexion humaine restent nos ultimes remparts face à l’adversité. Sur “Pendulum“, comme son nom l’indique, Lesoir joue sur un effet de balancier rythmique obsédant. Mené par les programmations de beats et synthés d’Ingo Dassen et de Ramon Reijnders, « Pendulum » fusionne intelligemment rock progressif et sonorités électroniques modernes. Le crescendo est phénoménal et montre la capacité du collectif hollandais à moderniser ses structures. “Army Of Love“ porte en lui un message politique et social très fort qui prône la responsabilité collective face à la division mondiale. Musicalement, le titre est incisif, direct et s’appuie sur des lignes de basse lourdes et des percussions tribales qui contrastent magnifiquement avec la douceur aérienne du chant qui vous apaise délicatement. Enfin, “Tomorrow Is Now Today“ est la pièce éponyme qui conclut le méfait de manière magistrale l’oeuvre. Plutôt qu’une longue épopée, Lesoir choisit de clore son disque sur un cri d’urgence concentré. Un titre épuré mais puissant qui résonne comme un manifeste, le futur n’est pas une lointaine promesse, il se construit ici et maintenant, tout simplement.

Finalement, Tomorrow Is Now Today ne se contente pas de confirmer le talent de Lesoir : il l’élève au rang de force majeure de la scène art-rock européenne. En mariant habilement l’épique au feutré, l’électronique au symphonique, la formation signe ici une œuvre d’une cohérence narrative exemplaire, où chaque texture et chaque silence ont été pensés pour servir l’émotion pure. C’est un voyage sonore captivant, viscéral et profondément humaniste qui résonne comme un cri d’urgence face aux crises modernes que nous rencontrons actuellement… À l’aube de leur grande tournée continentale cet automne au côté d’Anneke van Giersbergen qui débutera en France le 12 novembre 2026 à Paris (La Machine), les Néerlandais livrent un chef-d’œuvre de maturité qui s’inscrit déjà parmi les sorties incontournables de cette fin d’année 2026 dans un genre musical très large : rock progressif. Une claque magistrale à écouter d’une seule traite, le volume au maximum ! [Pascal « Tomorrow never dies » Beaumont]

Publicité

Publicité