LES BÂTARDS DU ROI : Ici Meurt Ma Joie

Ici Meurt Ma Joie - LES BÂTARDS DU ROI
LES BÂTARDS DU ROI
Ici Meurt Ma Joie
Melodic black metal
Les Acteurs de l’Ombre Productions

A côté de leurs pérégrinations de reprouvés, alors que leur tournée commune avec leurs frères de Houle et Galibot se poursuit, les Bâtards du Roi ont pris le temps de nous offrir, séant, un EP trois titres, du nom peu engageant de Ici Meurt Ma Joie, un an et demi après le réussi et consécrateur Les Chemins de l’Exil paru en 2025 chez Les Acteurs de l’Ombre Productions. Et ce dernier leur a plutôt ouverts les portes du succès que de l’exil à vrai drie.

Leur voyage sans fin semble les avoir conduits à présent auprès de sorcières qui ne paraissent pas leur apporter sérénité… quoique… On retrouve ici les vocaux blacks, où l’on pense au fantôme d’Immortal, de Regicide, croassant et plutôt intelligible à la fois, qui nous conte de beaux textes certes, mais qui laissent peu de place à l’espérance :

« Et la Nuit s’éternise 
Au fracas de leurs voix
Toute gloire agonise
Et ne renaîtra pas »

Sur la seconde piste, et nom de ce mini-album, « Ici Meurt Ma Joie », c’est l’aspect mélancolique qui va baigner cette galette de son froid manteau, avec un aspect féminin (les sorcières, et la mélancolie…) apporté par la participation d’une choriste entendu précédemment sur « Et la nuit s’éternise… », encore. Une nouvelle touche intéressante et qui sied très bien au black metal mélodique de nos jeunes Orléanais, et plus que jamais ici mélancolique, même si on ne tombe pas dans le spleen abyssal d’un Forgotten Tomb pour autant. Mais le trio, devenu quatuor entre-temps avec l’arrivée, ou plutôt le retour d’un bassiste à temps plein, ralentit ici son black metal pour le rendre plus aéré, sur une base mid tempo où les riffs toujours épiques peuvent fonctionner, en boucles, ou en superpositions. Intéressant…

Les intros sont soignées, les chœurs doux à instruments à cordes, ou appuyés sur des claviers épiques médiévaux (« Où pourrit la lumière »). Une connexion avec Darkenhold affleure en fin de morceau, au niveau du break relativement appuyé par débouchant sur des claviers enlevés, puis de l’orgue. Bel effet ! Les quelques accélérations amènent, quant à elles, un parfum d’Auvergne à la Aorlhac (dont on attend des nouvelles d’ici 2027 à travers une interview réalisée au Motocultor 2026) chez nos amis les Bâtards… Beaucoup de pistes à suivre, à développer, à cheval bien sûr, pour l’avenir du groupe !

Enfin, il nous faut encore signaler les magnifiques photos du groupe accompagnant la sortie de l’offrande. Dans l’identité et la beauté de celles accompagnant l’album précédent, Les Chemins de L’Exil. Presque frustrant, Ici Meurt Ma Joie constitue un court album immersif comme une plongée dans un baptistère médiéval ! Mais attention, l’église a « un clocher blême sans crucifix », vérifiez que ce n’est pas une sorcière qui tient votre tête sous l’eau en cette période de Halloween ! [Morbidou]

Publicité

Publicité