Solstice constitue déjà le troisième album de l’artiste britannique A.A. WILLIAMS (si l’on excepte celui de reprises intimistes, Songs From Isolation, conçu pendant la pandémie de covid-19 et qui contenait sa fameuse cover des DEFTONES « Be quiet and drive », la révélant alors auprès de notre scène metal). Sans grande surprise, il s’inscrit dans la continuité d’As The Moon Rests, sorti en 2022 et acclamé par une partie de la presse rock spécialisée. Le retour d’A.A. Williams était donc clairement et légitimement attendu. Alors forcément, c’est non sans un réel plaisir et une impatiente à peine dissimulée que METAL OBS a pu s’entretenir avec la mystérieuse londonienne en plein boum de sa carrière… [Interview vidéo réalisée par Zoom avec A.A. Williams (chant, piano, guitare) par Norman « Sargento » Garcia – Photos : Jake Owens]
A l’instar d’une CHELSEA WOLFE (qui signe son retour avec deux nouveaux morceaux, « The Dark » et « Death Is Not The End » qui apparaîtront dans son neuvième album studio actuellement en préparation !), A.A. Williams fait partie de ces artistes à l’univers si particulier, où le charme froid du gothique côtoie l’élégance funeste du doom.
Tel un savoureux croisement d’ANATHEMA (sur sa période la plus calme et mélodieuse) et de THE GATHERING (dès le premier titre « Poison » ), l’artiste londonienne installe une atmosphère qui se veut à la fois mélancolique et voluptueuse (« Wolves »), avec élégance et une aisance déconcertante. Bien sûr la voix de A.A. WILLIAMS n’y est pas étrangère, bien au dessus de la moyenne mais jamais dans la surenchère (ne vous attendez surtout pas à des envolées lyriques), toujours portée par une délicatesse et une sobriété toutes deux marquantes.
Chaque partie estampillée post rock, généralement les secondes parties des morceaux qui composent Solstice, sont une grande réussite (en partie dû à l’héritage MONO avec cette collaboration sur « Exit In Darkness »), notamment sur le titre « Hold It Together » d’une grande beauté avec du piano de bout en bout. « Just A Shadow » ou « The Gentle Harm » par exemple, empruntent donc le même chemin (une première partie calme piano voix ou guitare voix qui laisse place à une envolée post rock) et résument très bien cet univers qui oscille entre fragilité et puissance. Une fragilité d’ailleurs exacerbée par les violons de « I’ve Seen Enough » ou « Breathe » !
Bref, vous l’aurez compris, A.A. WILLIAMS livre ici une œuvre à l’identité forte, d’une qualité hors norme et portée par une sensibilité dark rock démente, entre la malice d’une PJ HARVEY et le charme ténébreux d’une CHELSEA WOLFE, sauf que l’artiste britannique a définitivement gagner sa place sur la scène, et figure désormais indéniablement parmi les artistes féminines qui comptent. [Norman « Sargento » Garcia]


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