
Arjen Anthony Lucassen est un artiste néerlandais à part entière, auteur, compositeur, chanteur et multi-instrumentiste de metal et rock progressif très prolifique qui nous a délivré vingt-et-un albums studios (hors live et EP). Un vrai touche-à-tout qui a fait ses premières armes en 1980 au sein de BODINE avec lesquels il enregistra deux galettes pour enchainer par la suite avec VENGEANCE en 1984 ils enregistreront quatre albums ensemble. En 1992, Arjen décide de voler de ses propres ailes et sort son premier album solo Pools of Sorrow, Waves of Joy sous le pseudonyme Anthony. Mais c’est avec Aeyron qu’il rencontre le succès sur la scène metal prg’. Avec ce projet musical d’opéra metal et rock progressif, il connait alors la consécration en invitant au fil des années de nombreux chanteurs/euses, et musiciens à l’instar d’Andi Deris (Helloween), Bruce Dickinson (Iron Maiden) et Fabio Lione (Rhapsody of Fire) ou encore Jonas Renkse (Katatonia) Hansi Kursch (Blind Guardian), Daniel Gildenlow (Pain of Salvation), et bien sûr les immenses chanteuses Simone Simons (Epica), Floor Jansen (Nightwish) ainsi que le claviériste Joost Van den Broek (After Forever) pour n’en citer que quelques-uns… Il s’en suivra dix albums basés sur des concepts alambiqués et futuristes qui lui permettront de connaitre la notoriété et de participer a de nombreuses formations avec plus ou moins de succès la dernière en date étant Supersonic Revolution en 2023. C’est treize ans après sa dernière véritable galette solo Lost in the New Real (si on excepte un disque de reprises Strange Hobby en 1996) qu’Arjen Anthony Lucassen nous propose Songs No One Will Hear, son second effort et nouveau concept solo de neuf morceaux basés sur une une idée simple : que feraient les gens s’il ne leur restait que cinq mois à vivre à cause d’un impact d’astéroïde ? Discuter avec Sir Arjen Anthony Lucassen, un musicien humble, sympathique, très réaliste mais toujours avec beaucoup d’humour demeure un pur moment de plaisir et de philosophie, surtout avec un disque tel que Songs No One Will Hear ! [Entretien réalisé par Zoom avec Arjen Anthony Lucassen (guitares, claviers, chant) par Pascal « Anthony » Beaumont]
->> Single » » par ARJEN ANTHONY LUCASSEN, extrait de l’album Songs No One Will Hear (InsideOut Music)
Arjen Lucassen est un musicien prolifique, véritable stakhanoviste des temps modernes qui a derrière lui une carrière longue comme le bras. Imaginez un peu, il a débuté en 1980 avec son tout premier groupe Bodine, quelques quarante-cinq ans après et une multitudes d’albums dont trois en solos et de projets en tout genre comme Ayreon ou Star One les plus prolifiques, il nous offre enfin Songs No One Will Hear, un opus solo concept, qui fait suite à Lost in the New Real paru en 2012. Celui-ci se base sur une idée simple mais effrayante : que ferait -on si l’on n’avait plus que cinq mois à vivre ? Une véritable question philosophique qui nous mènerait à des débats interminables. Toujours est -il que Arjen à travers les neufs morceaux proposés ici nous offre sa vision des derniers instants de l’humanité. Un sujet pas vraiment novateur qui a fait l’objet de nombreux films et albums divers et variés. Toujours est ‘il que notre homme-orchestre gère le chant, les guitares la basse et les claviers s’est entouré de sa fidèle équipe comme Jeroen Goossens à la flûte “Goddamn Conspiracy“ très prog folk metal ou Ben Mathot au violon pour n’en citer que quelques-uns.
Sir Arjen Lucassen a aussi fait appel une fois de plus à des invités qui se charge des parties vocales comme Floor Jansen (Nightwish) sur l’excellent single “We’ll Never Know“ ou Irene Jansen (la sœur de Floor d’ailleurs) tout en chantant lui-même. Les titres sont reliés entre eux par de courts récitatifs Michael Mills, histoire de nous mettre dans l’ambiance. Pas de surprise on nous propose une recette que Arjen a développé au fils des années à savoir des mélodies intenses, des guitares accrocheuses très metal parfois “The Clock Ticks Down“, du violon “The Universe Has Other Plans“ et ce sens innée d’une approche toujours très progressive qui vous enveloppe littéralement comme sur “Our Final Song“ un pavé de quinze minutes divisés en sept parties qui regroupe tout ce que Arjen maitrise, accompagné au chant de Marcela Bovio et Robert Soeterboek et des sœurs Jansen.
Une grande variété musicale qui vous porte sur une multitude d’influences qu’il maitrise à la perfection “The Universe Has Other Plans“ une sorte de voyage entre rock progressif, metal mélodique et touches folk acoustiques “Just Not Today“ ou médiévale “Our Weary Soldier“ qu’on trouve sur la version de luxe recommandé (version instrumentales reprise de “Die Young“ de Black Sabbath) ou la vielle à roue de Patty Gurdy (elle est partout elle décidément !!) s’en donne à cœur joie. En conclusion, Songs No One Will Hear est une franche et agréable réussite, certes moins ambitieuses que ses merveilles proposées dans les années 2000 comme avec Universal Migrator Part I &II avec Ayreon mais tout de même, ça reste superbe, épique, mais disons, moins surprenant, l’âge avançant peut-être. Mais il s’agit d’un grand album, par un grand homme, un grand artiste. [Pascal Beaumont]

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