BLACK OUT ARISES
La générosité en point d’orgue

Le trio parisien Black Out Arises (BOA pour les intimes ;-)) vient de sortir son premier album chez Klonosphère et se montre productif puisque Oneself se compose de pas moins de dix-huit titres ! Nous avons donc profité de cette belle sortie discographique dans l’Hexagone pour faire plus ample connaissance avec le fondateur du groupe.[Entretien avec Yohann Marrec (guitare, chant) par Norman Garcia – Photos : DR)

Votre tout premier album vient de sortir le 25 mars chez Klonosphère. Alors dans quel état vous trouvez-vous à présent, maintenant que l’album est dans les bacs ?
Nous sommes très heureux de cela, c’est le fruit de beaucoup de travail, et nous avons fait le max’ pour que chaque personne qui achète l’album soit dans une sphère énergétique et soit transporté pendant 1h 11 mn, car l’album contient dix-huit titres !

Comment s’est passée votre arrivée chez Klonosphère justement ?
Plutôt bien, les choses se sont faites rapidement et intensément car il fallait que tout soit en place pour la sortie du disque le 25 Mars 2022, dans les meilleures conditions.

Pouvez-vous nous faire un retour sur l’histoire de votre groupe (qui, quand, comment) ? Car je m’aperçois notamment que sur les clips de « Rights and Acts » et « All is Gone » vous êtes passés de 4 à 3 membres…
A la base nous étions quatre effectivement. Pour ma part, au départ, j’avais fait passer des auditions car j’avais enregistré une maquette en studio en 2016 et j’ai rencontré Maxim. Ensuite, en faisant marcher le réseau dans le milieu de la musique et en passant quelques annonces nous avions notre line-up à quatre membres. Ce métier demandant beaucoup d’investissement et de travail et le projet évoluant, le second guitariste a dû quitter le groupe et nous avons dû aussi changer de batteur, ce dernier nous ayant présenté Léo. Nous avons ensuite décidé de rester à trois.

Pouvez-vous d’ailleurs nous raconter comment s’est passé le tournage du clip de « All is Gone » qui vient tout juste de paraître ? Il se passe dans une décharge, le groupe a-t-il un message « écolo » à faire passer ?
Le clip s’est passé en fait dans un site de démolition de ferrailles et de voitures. Nous étions en petite équipe, à quatre. La chanson et le clip sont inspirés de Fukushima. C’est une forme de prévention sur ce qui peut arriver si les êtres humains continuent à travailler à l’opposé des lois naturelles de l’univers. Dans le clip vidéo, nous montrons un paysage de destruction. Fukushima est un excellent exemple pour montrer à quoi peuvent ressembler les choses lorsque l’être humain dépasse les limites, vous pouvez y voir des bâtiments, des rues, des appartements, intacts mais aucune vie.

Votre album Oneself ne comporte pas moins de 18 titres ! C’est peu commun pour un album de rock, d’autant plus pour un premier album…Je suppose que certains titres ont été écrits il y a un certain temps déjà (confinement oblige)… ?
Oui certains titres ont été écrits il y a un certain temps mais tous ont été ajustés jusqu’au dernier moment. Le confinement a amené aussi de la créativité et nous préférons faire un seul album de 18 titres avec une identité que 2 albums avec une identité commune.

D’ailleurs, comment se sont passées vos sessions d’enregistrement pendant cette période ?
Plutôt bien, nous avons pris le temps de faire les choses et nous avons étalé la production de l’album dans le temps. On ne sait pas imposer de deadline.

D’après les médias, vos références musicales se situent autour des groupes de rock alternatif des 90’s (Soundgarden, Smashing Pumpkins, Foo Fighters…). Avez-vous aussi d’autres influences, plus « underground » ou à des milliers de km des groupes précités ? Et quels sont les artistes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?
Oui, plein, nous avons des influences très différentes tous les trois. Léo écoute beaucoup du djent metal, de la noise, par exemple Stray From The Path, Meshuggah, Tesseract, il a baigné aussi dans un univers de jazz, son père étant un musicien de jazz. Maxim grandit en Russie, son premier disque de metal est With A Tie On The Neck du groupe soviétique Master. Il aime des groupes comme Thin Lizzy ou Plini et Sea in The Sky. Il écoute aussi pas mal de pop et de jazz. Pour ma part, mes premiers émois musicaux sont l’album The Extremist de Joe Satriani, le Best of de The Police, In Utero de Nirvana, Master Of Puppets de Metallica. En ce moment j’écoute la guitariste Lari Basilio dans la guitare instrumentale rock et dans un registre plus metal : Jinjer, Bumble Foot.

Je me risque à la question à la fois cliché et banale mais tellement tentante lorsqu’il s’agit d’interviewer un groupe français : mais pourquoi « diable » ne chantez-vous pas en français ?
Alors ça s’est fait naturellement. J’ai toujours chanté en anglais depuis mon adolescence et j’ai toujours écrit en anglais. J’ai parfois essayé d’écrire en français mais c’est une action plus raisonnée en fait, c’est moins naturel pour moi.

Quels messages du coup voulez-vous faire passer à travers vos textes ? A moins que ceux-ci ne soient plutôt introspectifs ?
Les textes parlent beaucoup de développement personnel, de prises de conscience, de toujours essayer de s’améliorer en tant qu’individu, du moment présent. C’est parfois introspectif, parfois c’est idéaliste ou complètement imaginé. Nous créons un personnage et on le fait progresser dans une histoire. Le but final étant toujours de stimuler la prise de conscience.

L’année 2021 et ce début d’année 2022 ont eu leur lot de disparitions d’artistes notamment dans le monde du rock. Celle récente de Taylor Hawkins, le batteur des Foo Fighters, vous a t’elle affectée ?
Oui. Nous aimions énormément ce batteur, son énergie, son jeu, ce qu’il dégageait. Dernièrement nous avons vu le clip « Middle Child » de son album solo, chanson écrite pour sa fille. Ça soulève forcément des émotions. Nous exprimons nos condoléances à toute sa famille et aux membres du groupe.

Les élections présidentielles arrivent à grand pas, dans une atmosphère vraiment particulière. (Ndlr : entretien réalisé fin mars 2022) Attendez-vous quelque-chose de ces élections ?
On aimerait y croire, mais non pas vraiment… Disons que les points positifs sont que lors des campagnes, par prélèvement, il peut y avoir de bonnes idées évoquées dans les plus gros médias. Comme encore beaucoup de gens regardent la TV, ça peut faire réfléchir. Si on prend la finalité des choses, on en revient toujours au même point si on veut évoluer dans le bon sens. La responsabilité individuelle. La solution ne vient pas de l’extérieur, elle vient de soi. Si chaque individu, tous les jours, fait l’effort d’être dans l’amour inconditionnel, de s’aimer et d’accepter et d’aimer les autres comme ils sont quelque soit les circonstances, car chacun fait au mieux de ses connaissances, on acquiert un peu plus chaque jour une plus grande paix intérieure. Dans cette démarche, au fur et à mesure, le monde et les relations entre êtres vivants changeront intrinsèquement.

Enfin, comme de coutume, je vous laisse le mot de la fin…
Merci à vous ! Et bien on va être pragmatique mais c’est important, acheter notre album Oneself disponible à la Fnac, Amazon, Cultura, partout. Vous pouvez également télécharger et écouter notre album sur Spotify, Deezer, iTunes, Amazon Music, etc. Vous pouvez vous rendre sur notre Instagram ou Facebook, notre site internet, pour avoir tous les liens directs d’achat, de téléchargement d’écoute de l’album et vous procurer aussi notre t-shirt fraîchement réalisé et en ligne. On peut vous le dire, il est très beau. Et merci à vous Metal Obs pour cette interview.

CHRONIQUE ALBUM

BLACK-OUT ARISES
Oneself
Rock
Klonosphère

Black-Out Arises, c’est un trio parisien composé de Yohann Marrec (guitare, chant), Maxim Fedotov (basse) et Léo Goudaroulis (batterie). Oneself, son premier effort longue durée, a été enregistré et mixé par Jérôme Litré-Froment et masterisé par Jean-Pierre Bouquet, avec pour résultat une production léchée, collant bien au style pratiqué ici, à savoir un rock énergique qui rend hommage au rock alternatif des années 90 et aux formations cultes telles que Foo Fighters, Alice In Chains, Smashing Pumpkins, Muse, etc., Thrice pouvant également être cité comme une possible référence. Avec ces dix-huit titres (!), c’est une panoplie de singles en puissance que nous offre les Français, entre mélodies imparables et refrains entêtants (« Rights and Acts », All is Gone »…), taillés pour le live (« Dream of Reality », « Walk », « Call »…), et loin d’être redondants malgré leur nombre. Chacune des chansons possède en effet sa propre identité et rien n’est à jeter dans ce premier album. Aux dires de Yohann M., le chanteur/guitariste, l’album aurait même pu contenir trois titres supplémentaires ! Chapeau bas les artistes. [Norman Garcia]

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