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DARKANE : Inhuman Spirits

DARKANE
Inhuman Spirits
Death/Thrash Metal
Massacre Records



On dirait que les plus grandes formations scandinaves sortent enfin de leur léthargie. Après le retour des principaux groupes de la scène death metal mélodique suédoise de Göteborg en 2020 (Dark Tranquillity avec son Moment) ou l’an dernier (At The Gates et leur excellent The Nightmare of Being (album du mois été 2021), et alors qu’un sérieux retour aux affaires, ou plutôt aux sonorités d’antan, d’In Flames s’annonce prochainement en réponse à The Halo Effect, super side-project de Mikael Stanne et d’ex-membres d’In Flames (dont Jesper Strömblad) qui lui aussi sort d’ici peu, voici le tour des formations de l’école de Helsingborg, autre fief du metal suédois ! En début d’année, c’était The Defaced, groupe de thrash à la The Haunted moins connu, composé notamment de l’un des deux guitaristes de Darkane, Klas Ideberg, et autrefois du bassiste Jörgen Löfberg. Bientôt, en août prochain, ce sera Soilwork, avec un très bon et prometteur Övergivenheten, qui effectuera son come-back post-covid, mais pour l’heure, c’est Darkane qui rompt son silence radio depuis 2013 ! Ce dernier a pris le temps, et a, certes, tourné ici ou là entre-temps pour défendre The Silent Supremacy, mais on attendait vraiment un nouvel album studio. Il faut dire que ses excellents musiciens sont bien occupés, entre leur vie professionnelle et personnelle, un peu comme nous tous (sous peu, vous aurez droit à notre interview avec son sympathique guitariste Christofer Malmström, à défaut de notre vieil ami Peter Wildoer bien trop pris entre ses cours de maths et de batterie…) Parenthèse close, alors que vaut ce nouveau cru 2022 de death/thrash metal typiquement suédois qui flirtait presque avec le progressif dernièrement, et le symphonique à ses tous débuts ? Eh bien, Darkane a décidé d’aller droit au but, et ne s’encombre pas d’intro grandiloquente, comme parfois par le passé, préférant rentrer dans le tas d’emblée dès le premier extrait de leur chanson-titre.

Si le ton est clairement donné par le chanteur originel Lawrence Mackrory sur ce « Human Spirits » en ouverture, on y retrouve avec bonheur les parties endiablées de batterie de la pieuvre Wildoer sur des riffs relativement basiques mais efficaces. Divers passages ponctués de discrets claviers comme à l’accoutumée viennent renforcer l’intensité du death/thrash du quintet d’Helsingborg plutôt en forme à la première impression. Le break central sur la chanson-titre permet une pause écrasante, avant d’amener un solo de guitare interprété par le géant chauve Malmström sur son Ibanez et le couplet repart de la même manière qu’au début. Assez classique, Darkane fait du Darkane. Le son est bon, très propre, suédois par excellence, mais pas non plus surproduit comme à l’époque de Daniel Bergstrand il y a une vingtaine d’années. D’ailleurs, c’est le chanteur multi-facettes de retour au bercail depuis 2011, qui a produit ce septième album studio en partie chez lui (aux Rorysound Studios). Et le bougre impressionne par sa diversité même si son chant n’a jamais été des plus marquants sur la scène, par rapport à un Björn « Speed » Strid de Soilwork. Il n’y a qu’à écouter le second morceau très orienté death metal, « Awakening », qui en réveillera justement plus d’un fan, ou bien l’uppercut « Inhaling_Mental_Chaos » à travers lequel le frontman est capable d’alterner growls et chant plus heavy/thrash, ou encore « The Great Deceiver » en fin d’album (un clin d’œil à Tomas Lindberg peut-être ?). Par moment, on croirait presque entendre au micro Annihilator quand Dave Padden chantait encore au côté de Jeff Waters sur ses albums les plus directs, comme sur « Embrace The Flames ». D’autres chansons plus mid-tempo et aux mélodies groovy typiquement scandinaves dans les guitares, font aussi toujours leur petit effet, nous rappelant bien les racines des guitaristes Malmström/Ideberg : « Conspiracies Of The Flesh », « A Spiral to Nothing », « Inhaling Mental Chaos ». Si les passages plus progressifs manquent un peu sur l’ensemble (comme à l’époque de Layers of Lies), et que certains fans seront déçus par l’absence de grands parties symphoniques comme à l’ère Rusted Angel ou Demonic Art, on trouve tout de même d’excellents passages à savourer dans nos cages à miel, par exemple sur « Mansion of Torture » ou le très heavy « The Quintessence of Evil » avec son riff hypnotique. On s’interroge cependant pourquoi ce resserrement artistique de Darkane pour aller, ok, à l’essentiel mais sans expérimenter davantage comme à leur apogée : la faute à une baisse de budget pour l’enregistrement ou bien une réelle volonté d’attaquer dans le vif avec des morceaux plus heavy les uns que les autres sans chichi plus faciles à adapter live pour les concerts à venir ? La réponse très bientôt dans notre entretien avec Christofer Malmström ! [Seigneur Fred]