DESASTER : Kill All Idols

Née dans les enfers un jour ténébreux de l’an 1988 à Coblence (Allemagne), la horde satanique DESASTER n’a jamais cessé sa croisade maudite, sauf entre 1990 et 1992 (split). Ses membres pratiquent un mélange infernal de rétro thrash metal et de black metal primaire des années 1980, où les riffs de guitare hantent les esprits toute la nuit. Influencé par HELLHAMMER, BATHORY, les débuts de MAYHEM ou les premiers SODOM, DESASTER n’a jamais dérogé à sa règle et a toujours produit des albums de qualité pour les amateurs de sonorités extrêmes maléfiques et pour tous ceux en colère contre les religions monothéistes. Retrouvez maintenant leur dixième commandement plus que réussi, baptisé Kill All Idols (Metal Blade Records), avec notre interview inédite du guitariste et compositeur principal Infernal dans cette vidéoconférence captivante en toute décontraction… [Entretien réalisé par Zoom avec Infernal (guitares) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Towards Oblivion » par DESASTER extrait de l’album Kill All Idols (Metal Blade Records)

Kill All Idols - DESASTER
DESASTER
Kill All Idols
Thrash/black metal
Metal Blade Records

Forgé dans la tradition des Hellhammer, Destructon, Sodom ou encore Venom dans les années 1980, à Coblence en Allemagne, Desaster perpétue depuis bientôt quatre décennies un rétro thrash/black metal old school vicieux mais diaboliquement bon. S’il n’a pas tant que ça évolué au fil des albums, les productions sonores du quatuor teuton se sont cependant affinées, notamment dans l’écriture, et surtout ce sens inné du riff qui tue signé par le membre fondateur, Infernal. Sans pour autant toujours ancré dans le passé, ce dixième commandement satanique à souhait n’échappe pas à cette règle, ni à l’évolution naturelle et maturité des compositions. Composé de dix morceaux (dont une outre), Kill All Idols fait un petit clin d’œil au passage au fameux Kill’Em All des Four Horsemen, mettant un point d’honneur à critiquer les religions qui nous déchirent encore de nos jours sur Terre, religions qui ne sont qu’un prétexte pour faire la guerre à autrui sous fond d’intérêts territoriaux et économiques finalement… Alors, pour ouvrir ces hostilités, quoi de mieux qu’un explosion en intro et c’est parti avec le tonitruant « Great Repulsive Force » pour 3’41 de pur thrash black metal old school. Le riffing d’Infernal sur sa 6 cordes est incroyable. Celui-ci devient viscéral jusqu’à ce terrible premier break à 1’20 presque épique, tout bonnement énorme. D’autres chansons, basées alors sur un mid-tempo entraînant et contagieux (« Emanation of the Profane », ou l’écrasant « Ash Cloud Ritual »), peuvent sembler parfois plus quelconques parfois, elles n’en sont pas moins encore efficaces, entre deux salves bien evil (« Towards Oblivion » et son intro renvoyant presque à du Hellhammer au début des années 1980’s, « Throne Of Ecstasy »).

Mais quand le speed/thrash revient à 100 km/heure, là ça refait d’autant plus mal, surtout quand les breaks y sont extrêmement heavy (la chanson-titre légèrement et volontairement modifiée dans son nom : « Kill All The Idol ») ou bien black (« Ash Cloud Ritual »). Parfois, on a tout simplement aussi l’impression d’écouter une version black metal du meilleur de Judas Priest (comme sur « They Are The Law », peut-être un clin d’oeil au fameux « Breaking The Law », nous avons omis malheureusement de poser la question à notre interlocuteur Infernal durant notre interview…). Quant aux vociférations de Sataniac, elles déchirent alors la nuit à vous donner envie de regarder en boucle le dernier Conjuring : L’Heure du Jugement (actuellement au cinéma). Et toujours cette omniprésence des guitares aux riffs incisifs et finalement très mélodieuses. Infernal était visiblement inspiré lors du processus créatif de ce nouveau méfait si délicieux qu’est Kill All Idols. En fin de compte, avec le temps, Desaster a peaufiné son style ou plutôt son art blasphématoire avec le temps, mêlant habilement violence et mélodie. Son mélange thrash/black alliant la vélocité et l’agressivité du thrash à la malfaisance du black, la horde allemande emporte tout sur son passage et fait un bien fou, tel un exutoire heureusment sans risque (ce n’est que de la musique, rappelons-le !!) dans un monde à feu et à sang où là, les risques sont bel et bien mortels. [Seigneur Fred]

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