
Après quelques débuts difficiles en pleine pandémie en 2020 à Châteauroux avec une version d’abord virtuelle, la seconde édition en 2022 laissa entrevoir de belles choses à travers un concept intéressant permettant au grand public, mais aussi aux fans de rock en général, de rencontrer des artistes, des professionnels, autour de diverses animations (blind tests, débats/rencontres, masterclass de guitare), et bien sûr des concerts ! Si des noms prestigieux tels que Venom Inc. et Karras furent à l’affiche de la programmation en 2022, le public manqua néanmoins à l’appel. Il faut dire que le Berry ne rassemble pas non plus des foules de métalleux, hard rockeurs, punks et coreux, surtout à cette saison où les festivals d’été sont finis, et après la rentrée, bien souvent les gens fauchés comme les blés à l’automne. Après une année sans en 2023, cette nouvelle édition 2024 eut lieu cette fois à Issoudun (Parc des expositions appelé « PEPSI ») durant 3 jours les 25-26-27/10/2024. Après une première soirée affichant complet avec Tagada Jones en tête d’affiche et à laquelle nous pûmes nous rendre, nous avons assisté à la seconde journée. Outre une belle programmation fournie et éclectique, une organisation parfaite, avec une mention très bien au passage sur la décoration, nous y avons fait quelques rencontres et revu certains artistes familiers, comme Gorod ou Akiavel. Dommage que l’affluence ne fut pas au rendez-vous tout au long de ces trois jours, un format de deux journées étant peut-être plus judiciable à l’avenir. Mais rendez-vous est d’ores-et-déjà pris pour 2025 ! [Texte et photos : Seigneur Fred]



Après une soirée sold out la veille orientée punk/hardcore réunissant toutes générations, des punks rockeurs anglais de GBH aux coreux tourangeaux de BEYOND THE STYX, en passant par les vétérans des RAMONEURS DE MENHIRS et la tête d’affiche TAGADA JONES qui remplit la la configuration des lieux adaptés pour l’évènement (soit environ 600 personnes sur la scène du PEPSI d’Issoudun), cette seconde journée fut placée sous le signe du metal, là aussi sous plusieurs formes. Malheureusement le public répondit moins présent dès la journée dans les allées du Parc des Expos pourtant superbement décoré pour l’occasion. Outre stands pour immortaliser en photo sa présence ou bien jouer aux jeux vidéo vintage, et bien sûr se restaurer, on trouve divers exposants de disques, de bijoux, une mini-expo du Hellfest (merci Corentin Charbonnier), et même un tatoueur en plein travail. D’ailleurs, nous y croisons notre amie Auré (chanteuse d’AKIAVEL qui joue se produit ce soir) qui se dirige avec entrain pour un nouveau dessin, à quelques heures de son concert, alors qu’elle doit aussi participer à une table ronde publique sur l’édition musicale et l’évolution des mœurs du public metal en matière d’écoute musicale. Mais pour l’heure, une autre conférence sur le thème de la vie d’artistes en tournée se tient avec deux membres du groupe français NIGHTMARE (heavy/power metal), à savoir le batteur Niels Quiais accompagné de la nouvelle chanteuse Barbara Mogore (ex-Muddles, Songbird). Avec complicité, les deux artistes se livreront à des anecdotes plus ou moins croustillantes, tout en donnant de nombreux conseils sur le métier et tout ce qui gravite autour des concerts et de la communication digitale.

Ensuite, nous avons droit à un atelier cuisine ainsi qu’une sympathique animation façon blind test, ou plutôt deaf test, consistant à devoir reconnaître des vidéo clips plus ou moins récents alors qu’une chanson est diffusée par dessus, celle-ci n’ayant strictement rien à avoir mais ayant pour but de perturber nos sens. Effets et ambiances garantis ! Si nous étions un peu à la ramasse par moment, nous nous défendions bien, malheureusement le devoir nous appelle à une autre conférence un peu plus loin, mais aussi à une interview en avant-première avec Butch, le batteur d’AKIVAVEL, pour nous parler notamment de leur prochain album à paraître en 2025 qu’ils viennent juste de finir d’enregistrer en studio.


Si cette seconde conférence fut assez longue et intéressante, nous regrettons néanmoins l’échange limité avec le public (seulement en fin de réunion). Outre la présence de deux membres d’AKIAVEL (Jay et Auré), nous avons droit à la participation de Corentin Charbonnier (Docteur ès sociologie de Tours, auteur du livre sur le Hellfest, photographe, et animateur radio de l’émission sur Radio Béton à ses heures perdues), Mehdi El Jaï (manager du groupe MASS HYSTERIA, et directeur du label français VERYCORDS), et l’attachée de presse Elodie Briffard, chargée de la communication de l’évènement mais aussi en partie de celle du Motocultor et qui gère la promotion de divers jeunes artistes français). Sincèrement, nous n’apprîmes rien de vraiment nouveau sur le métier, que ce soit dans les pratiques d’écoute metal et de la consommation de cette musique finalement très conservatrice aux nombreux sous-genres, ou bien dans le monde professionnel difficile et fermé des labels et tourneurs…

Un peu plus loin, au stand de merchandising, nous apercevons le quatuor anglais de heavy metal AIRFORCE qui se prépare, avec notamment son batteur Doug Sampson (ex-IRON MAIDEN). Très concentrés sur l’élaboration de leur set list de ce soir alors qu’ils jouent dans deux heures à peine, ils se montrent très disponibles pour leurs fans. Avec gentillesse, ils nous dévoilent même leur répertoire de ce soir en avant-première, comptant bien raviver la flamme de la NWOBHM ici en France en Berry.


Mais place maintenant aux concerts de ce soir. S’ils ne feront pas le plein dans la salle spécialement aménagée pour l’occasion, ils satisferont pleinement les fans ayant répondu présents, et leurs artistes délivreront tous des prestations d’excellente facture, à commencer par la leçon de NWOBHM signée AIRFORCE. Fondé en 1989 à Londres par l’ancien batteur d’IRON MAIDEN Doug Sampson, ce combo de heavy metal maîtrise son style old school, certes daté, mais qui procure son pett effet, grâce notamment à une section rythmique en béton armé, et un chanteur, Dilian Arnaudov, au timbre vocal tout simplement ahurissant, entre Rob Halford et Bruce Dickinson. Excellent frontman qui plus est, il n’hésite pas à provoquer un peu les spectateurs très discrets et réservés pour l’ouverture. Ce premier concert permit de chauffer le public berrichon et ce dernier, s’il fut long à conquérir, se montre finalement comblé, en redemandant même à la fin, avant une pause restauration bien méritée (crêpes ou hot-dogs, au choix) et rafraîchissement au bar situé derrière la régie derrière un grand rideau noir. Une belle entrée en matière, avant de monter en puissance avec nos méridionaux d’AKIAVEL.





Avec une setlist classique et dénuée de surprise malheureusement, AKIAVEL et sa frontwoman Aurélie vont à présent se mettre rapidement l’audience dans leur poche à l’aide de ses compositions efficaces et puissantes taillées pour le live. Déjà auteure de trois albums studio et alors que leur quatrième opus vient tout juste d’être fini d’enregistrer (le mixage et le mastering sont en cours) nous a confié Butch en interview, la formation de Toulon qui monte, qui monte, enchaîne les brûlots devant des fans conquis d’avance. Si certains spectateurs sont médusés, comme encore parfois, par le chant uniquement guttural d’Auré, nos quatre musiciens brutalisent un peu plus un public local qui bénéficie de peu de concerts metal dans l’année, ou alors il faut se rendre dans les villes de Tours, Blois, Orléans ou Bourges pour voir de telles pointures, car AKIAVEL fait partie des artistes en pleine ascension. C’est un réal sonore et visuel (mention bien pour les lumières, plus variées que sur AIRFORCE uniquement bleue et rouge à l’image de l’Union Jack britannique). Maintenant, on aimerait bien un peu de nouveautés de la part d’AKIAVEL. Malheureusement aucune nouvelle chanson ne fut interprétée ce soir-là. Rendez-vous en 2025 pour écouter leur quatrième enregistrement studio en 2025 chez Verycords (label de MASS HYSTERIA, NO ONE IS INNONCENT, BLACK BOMB A, TAGADA JONES, ULTRA VOMIT, ex-KARRAS…) qui s’annonce apparemment encore plus fort à tout niveau, mais attention à ne pas se répéter ! Plus d’infos dans notre interview ci-après.





->> Voici notre nouvelle interview d’AKIAVEL réalisée dans le cadre de leur venue à cette Convention FIREMASTER à Issoudun (36-FR) le 26/10/2024. Nous avons coincé dans les coulissons son batteur Butch afin de faire le bilan de l’année 2024 avec son lot de concerts et festivals, mais aussi du dernier album Veni Vidi Vici (Akia Records-2022), leur participation à la Convention Firemaster avec une réunion/débat (de la chanteuse Auré et de Jey) à propos de l’évolution de l’édition musicale, et travail d’écriture et de composition du collectif pour le prochain album à venir début 2025 chez le label français Verycords ! Ils viennent juste d’en finir l’enregistrement et c’est parti au mastering ! Et croyez-nous, nous avons tout fait pour tirer les vers du nez à son batteur à propos de ce quatrième album !!
Place aux vétérans grenoblois de NIGHTMARE pour du heavy metal/power. Avec sa toute nouvelle chanteuse Barbara Mogore arrivée il y a deux ans, les musiciens effectuent une balance qui prend plus de temps que prévue… Visiblement il y a des petits pépins techniques, et la balance s’éternise. Après une petite demi-heure de retard, enfin nous découvrons live les titres de leur dernier album Encrypted en date paru cet été 2024 (AFM Records) pour un show d’une heure. Avec de superbes lights rouges et bleues, et un son qui s’améliore progressivement, on commence à apprécier la dynamique des morceaux plus modernes qu’offre aujourd’hui NIGHTMARE, et l’alternance vocale de Barbara entre chant clair et growls, presque parfois comme Tatiana (JINJER), contribue à apporter plus d’agressivité dans les mélodies du groupe français. La chanteuse ira jusqu’au pit haranguer un peu les premiers rangs.



Enfin, last but not least, voici les maîtres du techno death français : GOROD. Et nos amis bordelais ne sont pas venus pour tricoter des pulls avec des moufles mais bel et bien nous en mettre plein les oreilles avec notamment quelques extraits de leur dernière galette autoproduite The Orb. Toujours aussi géniaux et appliqués sur scène, Mathieu et Barby sur la droite de la scène prennent autant leurs pieds que les fans, c’est magique, surtout que le son des instruments est tout simplement parfait, ainsi que les lumières. Au micro, comme à son habitude, Julien « Nuts » Deyres (ex-intérimaire de luxe de KRONOS) assure son rôle de frontman même si l’on a connu le Toulousain un peu plus bavard. Il se fait un peu tard, et il est vrai que pour découvrir GOROD, il y a mieux comme horaire, et certains spectateurs quittent les lieux passés 23h30… Mais GOROD demeure impérial, jusqu’au bout, avec le désormais habituel solo respectif des guitaristes avant celui de leur incroyable batteur et un retour explosif. Un moment magique…

Un grand merci à GOROD dont le bassiste Barbie nous confiera en coulisses travailler sur un prochain EP autoproduit à paraître en 2025 ou 2026. Enfin, merci encore aux organisateurs de cette belle convention FIREMASTER 2024 de très bonne qualité, reste à leur souhaiter plus de quantité au niveau de la fréquentation sur la totalité de l’évènement à l’avenir. [Seigneur Fred]
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