GALIBOT / LES BÂTARDS DU ROI : LIVE REPORT @Dropkick Bar – Orléans (FR) le 19-02-2026

Malgré les intempéries, nous sommes de retour dans la cave orléanaise du Bar Le Dropkick pour voir nos reprouvés médiévaux, en famille ! En effet, même le grand-père de l’un des musiciens a fait le déplacement. Il faut dire que ce soir, Les Bâtards du Roi ont encore franchi un cap sur scène, fort de leur joli succès pour Les Chemins de L’Exil et de leurs concerts donnés ici-et-là dans l’Hexagone (voir notre interview 2025 ici). Ils seront même à l’affiche du prochain festival Re-Animator (vous savez, le petit frère du Motocultor !) à St Nolff (56) en mai prochain. Mais en attendant, ils seront accompagnés ce soir par des jeunes Nordistes de Galibot en première partie, bien décidés à en découdre aussi devant le public orléanais venu en masse (c’est quasiment plein alors qu’on est en semaine !). Quoi ? Vous ne connaissez pas encore nos nouveaux amis Ch’tis ?? (voir notre entretien 2026 ici). Il s’agit de la sensation black metal signée elle aussi sur le label Les Acteurs de l’Ombre Productions et en pleine ascension des profondeurs telluriques (les mines) du ch’te Nord !!! Vous l’aurez deviné : c’est le black metal francophone qui sera donc mis à l’honneur pour cette soirée fichtrement sympathique… [Live report par Morbidou & Seigneur Fred – Photos, vidéos : Seigneur Fred & Morbidou]

GALIBOT

Ce sont les Galibots, en haillons de mineurs, charbonneux à leur habitude, qui entament avec un set solide, carré, frontal qui met tout de suite l’assistance dans l’ambiance. Une rythmique rapide et surplombante servant de réceptacles a des breaks inquiétants ou des ponts épiques. Leur nouveau percussionniste belge qui assure l’intérim ce soir au pied levé a dû apprendre la set-list (axée sur leur premier LP Euch’ Mau Noir qui vient d’être réédité ce jour-là) à peine deux semaines auparavant… Batteur versatile, Marcus nous confiera après leur concert jouer autant du jazz que de la pop/rock en passant par le metalcore. S’il adore le black metal, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas joué de metal extrême et blasté comme ce soir, nous confiera-t’il après le concert avec un sourire en banane grand comme ça ! Il apportera d’ailleurs un véritable punch à travers son jeu, voire un groove bien boostant !

C’est bien simple, on ne s’ennuie pas une seconde surtout que les Ch’tis sont venus ici pour en découdre !! Leurs guitaristes Thomas et Julian (producteur de leurs enregistrements dans son Minotaure Studio) sont déchaînés et maltraitent leurs Fender (eh oui, étonnamment, ils utilisent des Stratocaster sur scène) derrière leurs visages grimés comme des mineurs. Il sont d’ailleurs vétus en bleu de travail, comme pour rendre hommage à la classe prolétaire des terrils. Il y a même durant une intro une petite mise en scène où la jeune chanteuse lave un vêtement qu’elle essore puis s’habille avec… Tous les membres sur scène sont donc très dynamiques durant le set, apportant ainsi un nouveau souffle au black metal actuel, qui plus est chanté en français même si l’on trouve ici où là de belles influences à la old BURZUM ou GORGOROTH, mais disons que c’est digéré tout ça, et GALIBOT possède déjà son style, son univers hérité du patrimoine nordiste.

Enfin le chant d’Agathe sur « Diffamie », puissant, et son jeu de scène engagé,  habité, est incroyablement en fusion avec la musique. On pourrait presque « deviner » les teneur des textes à ses expressions et gestuelles : colère, mélancolie, belliqueuse, triste… Jusqu’à se lancer en ultime sursaut dans la fosse un pogo improvisé sur le dernier morceau ! très clairement, à l’image de Houle et leurs concerts authentiques et sans retenue, l’assistance fut captivée et même couchée dès ce premier set servi par nos nouveaux amis Ch’tis de ce soir ! Belle découverte live donc, alors que nous sommes qu’à la moitié des hostilités au Dropkick Bar, et tout en sachant qu’en plus de la récente réédition de leur premier album Euch’ Mau Noir (Bis), une deuxième salve arrive déjà en mai 2026 chez Les Acteurs de l’Ombre Productions) !! (retrouvez notre interview de GALIBOT 2026 ici !)

Après une courte pause pour changer la scène, nous donnant l’occasion de nous rafraîchir à l’aide de quelques cervoises, histoire de faire redescendre un tant soi peu l’adrénaline, voire de faire un selfy/pari avec un/une Galibot au stand de merch’ envahi, on redescend dans la fosse alors que les fans locaux sont déjà prêts ! Si les métalleux présents ont été bien chauffés à la tension électrique forte de la mine, lorsque Les Bâtards du Roi montent sur scène en habitués de la maison dans leurs uniformes d’ordre guerrier, c’est devant un public d’autochtones acquis d’avance mais la partie n’était pas gagné d’avance pour autant après le set énergique livré par leurs prédécesseurs…

LES BÂTARDS DU ROI

Mais c’est mal connaître les maîtres des lieux. Ordre est un mot juste : les parties purement black metal vont s’enchaîner tout en fluidité avec les passages mélodieux médiévaux, que ce soit au niveau instrumental ou vocal. Au pluriel, pour les chœurs. Tout est extrêmement huilé et en place, plus encore que les fois précédentes même. Le prisme émotionnel que vont nous servir nos trois bâtards cagoulés ira de la quasi ballade rondeau à de sévères riffs blastés typiques du black metal ! Et pour autant c’est encore autre chose, une toute autre ambiance par rapport à Galibot. Les morceaux sont longs et épiques, et le public, fin connaisseur, ne s’y trompe pas et soutient ses seigneurs ici dans leur fief, comme personne. Les spectateurs sont en communion avec nos troubadours locaux… Et par expérience, on peut vous assurer que les mélodies entraînantes de leur dernier opus, Les Chemins de l’Exil (chronique à lire ici) peuvent rester un certain temps dans vos crânes… On ne peut que vous recommander ce second ouvrage d’ailleurs paru en novembre 2025 (Les Acteurs de l’Ombre Productions). Et c’est tout naturellement que ses compositions seront largement mis à l’honneur ce soir.

Pour ne rien gâter de surcroît, le son était bon ce soir, artistiquement et techniquement. Une soirée réjouissante, qui fait du bien par les temps qui courent. Très disponibles et ravis de leur concert de ce soir où Les Bâtards du Roi ont clairement encore monté d’un cran dans la mise en place de leur show, on ne se quitta pas pour autant tout de suite, les nombreux échanges passionnants se poursuivants tard dans la soirée, non loin du stand de merchandising des groupes français à l’affiche ce soir. Et puis, il règne toujours un bo, esprit au Dropkick, on s’y sent bien ! « Venez comme vous êtes ! », comme dit une pub ! La soirée continuera dans nos langues encore quelques heures après, puis dans nos cœurs. Grand bravo à nos rois, quel que soit leur horizon. C’est en paix que nous sommes venus, et avec amitié que nous sommes repartis. Merci et à bientôt les amis ! [Morbidou & Seigneur Fred]

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