Cette fois, aucun doute, tout le monde s’attendait à un festival Graspop sous une chaleur aussi intense que constante. Face à l’enfer que furent les deux premiers jours pluvieux de Wacken 2023 où les pieds s’enfonçaient à 30 cm dans le sol, c’est avec un plaisir certain que l’on se rend à cette nouvelle édition du festival belge. Il faut avouer que les organisateurs du Graspop ont tout fait pour rendre la température plus supportable. Ainsi, n’ont-ils pas hésité à installer des brumisateurs aux bords des scènes et à ouvrir certains jours des points d’eau potable gratuits. Par ailleurs, au moindre problème, un bénévole intervenait et offrait même une bouteille d’eau fraîche. [Live report : textes et photos par Sante Broccolo et Philippe Saintes]

JEUDI 19/06/2025
Oublions les circonstances pour en revenir à une affiche prometteuse mais également diversifiée notamment en ce qui concerne les têtes d’affiches que nous passerons en revue en premier lieu. Le premier soir, le public eut droit à Iron Maiden qui fêtait son cinquantième anniversaire par un set plein où les musiciens s’en donnèrent à cœur joie. La première demi-heure fut consacrée aux premiers albums chantés par Paul Di’Anno, un hommage peut-être. Que dire du nouveau batteur sinon qu’il a assuré avec sa propre batterie en remplacement de Niko McBrain ; rien à redire sur sa performance, si ce n’est sur les morceaux de l’album Powerslave où l’on entendait clairement la différence ; peut-être était-ce dû au réglage de la batterie d’un point de vue technique…


Déjà mis en une de notre magazine METAL OBS, Powerwolf a, quant à lui, donné le concert attendu. Musicalement au point, le spectacle est toujours aussi bien huilé et essentiellement articulé autour du chanteur et du claviériste. Très agréable show, sans être génial.


VENDREDI 20/06/2025
Le second jour offrait la part belle à Slipknot. Comme à son habitude, le groupe américain de Des Moines (Iowa) nous sortit un concert d’une violence tellement intense mais superbement maîtrisée. A en juger au succès du vieux groupe de néo metal tout au long de sa prestation, le public belge (mais aussi étranger) a apprécié, mais à force de les voir, l’intensité marque moins qu’à ses débuts à l’aube des années 2000. Par ailleurs, on peut regretter l’absence des clowns percussionnistes et voltigeurs si impressionnants il y a quelques années…
Toutefois, la véritable tête d’affiche du soir au Graspop fut tout simplement et sans conteste Behemoth qui pris possession de la scène et délivra un concert de feu, au sens propre et figuré. Nergal et ses acolytes (dont notre fidèle ami Orion à la basse) n’hésitèrent pas à quitter la scène, torches à la main, pour se rendre à la tour en face et y planter leur torche après avoir y joué quelque brûlots black/death metal toujours aussi épiques et ravageurs. Ce concert d’une intensité rare où les quatre musiciens polonais jouaient à leur meilleur niveau se termina en apothéose sur la scène principale. Assurément l’un des concerts et moments forts, voire même LE concert du festival belge. De chaque côté de la scène, était suspendu un Christ dont on avait enlevé la croix ; impressionnant à tous points de vue !




SAMEDI 21/06/2025

Korn, était l’autre tête d’affiche du Graspop, mais le troisième jour. La bande de Bakersfield nous réserva un concert dans lequel il revisita en bonne partie ses deux premiers albums cultes : celui éponyme, et Life Is Peachy. Une formule gagnante dans la mesure où les Californiens conquirent un public nombreux de fans tout au long d’une prestation peut-être pas très originale par rapport à celles de ces dernières années et d’autres groupes à la mise en scène plus élaborée. Jonathan Davis assure toujours au mic’. Au final, on a jumpé quand même, mais on a eu mal au dos et genoux le lendemain, l’âge avançant…

Vint alors Nine inch Nails pour lequel on peut se demander s’ils ont leur place à ce genre de festival. Mais bien sûr ! Surtout que Trent Reznor qui connaît bien Jonathan Davis ont explosé à la même époque au début/milieu des années 1900. Nous présenter des groupes alternatifs ou progressifs, comme Tool l’an passé, ou en 2025 les vétérans que sont NIN avec son électro metal/indus dont les répertoires s’écartent quelque peu du metal traditionnel témoigne en fait de la richesse de la programmation. Un concert intéressant et immanquable. C’est toujours une chance d’admirer un artiste comme Trent Reznor en live.
Arrivent alors le dernier jour avec les dieux du heavy metal Judas Priest , eux qui ont influencé tant de formations de metal (heavy, speed, thrash, black, même Abbath d’IMMORTAL les cite souvent !). Mais voilà, depuis que KK’S Downing s’en est allé pour fonder KK’S Priest, les derniers concerts ne nous ont pas convaincu outre mesure. Cette année, en assistant à une bonne moitié de concert, on doit avouer que l’on n’a pas regretté notre déplacement ni sacrifié une parie du concert de King Diamond égal à lui-même. Pour notre bonheur, le set ne repose plus exclusivement sur le guitariste solo ; et le chanteur Rob Halford semble avoir repris le leadership. Enfin l’autre guitariste prend plus d’initiatives ce qui crée une belle dynamique dans le groupe légendaire britannique


La dernière tête d’affiche , Till Lindemann, a quant à elle, donné un concert assez désopilant. En effet, que penser en fait d’un groupe dont la plupart des musiciennes jouaient en bikini et dont la prestation semble s’apparenter davantage à une parodie ? On sait que le chanteur de Rammstein aime l’ironie et la provocation. Et voilà pourquoi il a peut-être stoppé sa collaboration avec Peter Tagtrën (Hypocrisy, Pain) autour de son simple nom Lindemann. Car reconnaissons qu’il sait y faire, l’ex-champion de natation allemand et, musicalement, tout n’est pas à jeter, loin de là ! A voir le public s’effilocher, reconnaissons que nous ne venons pas d’assister à un sommet. Une bonne distraction tout au plus, en attendant un prochain album de qualité chez Rammstein dans le futur !


Au rayon des surprises, nous citerons nos rois du metalcore français depuis déjà quelques années : Landmvrks. Le groupe marseillais mis à l’honneur dans notre numéro de début d’année 2025 ne rencontre pas le succès en Europe par hasard, et son dernier album The Darkest Place I’ve Ever Been (Arsing Empire Rec.) est le fruit d’un dur labeur depuis presqe deux décennies. Force est de reconnaître que l’énergie déployée et la qualité musicale ont conquis le public avec un metalcore qui a mis le feu à la scène et au pit.. Un superbe concert ! Autre groupe de metalcore, mais américain celui-là , Motionless In White, a lui aussi fait l’unanimité rassemblant un public enthousiaste et nombreux. A la fin du set, le chanteur Chris « Motionless » Cerulli a avoué être malade. Si c’était le cas, on est curieux de le revoir en pleine forme… !!




Autres bonnes surprises du jour : Alestorm et Dream Theater. La formation écossaise ne s’est pas contentée de balancer des canards dans le public, mais a assuré avec un set soutenu reprenant des extraits d’une dizaine d’albums. Et Dream Theater a lui aussi revisité une bonne partie de sa carrière sans en rajouter une couche, régalant les fans de heavy metal progressif. Derrière son kit de batterie géant, quel régal de revoir au bercail, depuis quelques années déjà, Mike Portnoy toujours impérial !! Leurs morceaux « Peruvian Skies » et « Take the time » ont fort opportunément clôturé le set.



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