HANGMAN’S CHAIR featuring Joey Starr
Les gangs, c’est de la bombe, bébé !

Une fois n’est pas coutume, nous allons croiser le fer avec l’une des plus grandes (la plus grande ?) star du rap française et l’un des groupes les plus badass du metal underground français. A l’occasion de la cinquième saison de Gang Stories – un podcast Deezer sur des chefs de gang peu connus mais ayant une histoire incroyable – nous voici donc sur les toits de Paris afin d’en apprendre davantage sur ce qui a lié ce que tout oppose. On ne vous l’a pas encore dit mais dans cette nouvelle saison, l’artiste Joey Starr nous raconte l’histoire du leader des Hell’s Angels du Québec, un dénommé Maurice Le Boucher. Pas de doute, le tout soutenu par la musique des Francilliens de Hangman’s Chair avec ses grosses guitares, il va y avoir du Rock’n Roll dans l’air. [Entretien avec Joey Starr (narration), Clément Hanvic (basse) et Julien Chanut (guitare) par Julien Meurot – Photos : François Capdeville]

L’aventure Gang Stories a commencé début 2020. Est-ce un projet que l’on pourrait qualifier de « Covid » ?
Joey Starr : Non pas du tout, ces mecs sont venus me chercher (il nous montre pour n’en citer qu’un, Reza Pounewatchy qui se trouve juste derrière nous). On avait déjà fait d’autres trucs à Reza comme La Route de La Soif. J’aime bien ce concept de parler sur la musique. Et puis là on tapait dans le dur, ce n’est pas une version cinéma, ce sont de vrais méchants avec des histoires vraies incroyables !

L’un des gros points fort est justement cette documentation incroyablement précise et l’intervention de journalistes spécialisés...
Joey Starr : Tu as tout à fait raison, c’est un travail d’équipe. Cela aide à comprendre tous les tenant et aboutissant. La musique est aussi hyper importante avec une grosse production derrière. C’est le mélange de tout ça qui m’a fait accepter.

Après j’imagine que de parler de la saison sur les Shower Posse doit être ta préféré.
Joey Starr : Forcément, on y parle de Jamaïque, rhum et de weed (rires). Mais c’est aussi pour cela que j’adore faire ce truc, c’est que là effectivement on se rapproche de mon cheptel musical, mais j’écoute vraiment de tout tant que ça me parle. Je le redis mais j’apprends beaucoup avec cette émission, J’ai même été surpris d’apprendre que c’étaient eux qui ont essayé d’assassiner Bob Marley.

Ta façon de narrer ces textes est, elle aussi, très musicale. As-tu la bande son en avance ?
Joey Starr : Pas de du tout. Ce qui est vrai, c’est que j’écoute toujours de la musique quand j’enregistre mais jamais la musique finale et ça peut vraiment partir loin. C’est en fonction de l’humeur du jour.

Nos amis d’Hangman’s Chair sont de la partie pour cette cinquième saison. Vous vous étiez déjà rencontrés auparavant ?
Clément : On s’était croisé il y a de cela plusieurs années lors d’une fête chez un ami commun.
Joey Starr : (visiblement surpris) Encore une soirée où je devais être bien frais (rires). Par contre, j’avais déjà écouté grâce à Béatrice (Ndlr : Béatrice Dalle qui a été la compagne de Joey Starr et qui apparaît dans le clip « Cold & Distant » d’Hangman’s Chair).

Est-ce que vous vous y connaissiez en Hell’s Angels avant cette saison ?
Joey Starr : En Hell’s Angels, j’en connaissais les grandes lignes, ces gars revenus de la guerre et qui étaient en manque de sensations fortes aux Etats-Unis. Mais concernant le « Chapter québécois » je n’y connaissais rien…
Clément : Forcément – et tu seras d’accord – nous sommes sensibilisés aux codes des Hell’s avec le Rock’n Roll, les vestes à patch, etc. Mais j’avoue ne pas connaître Maurice le Boucher avant d’avoir écouté le podcast. Une vraie découverte. On connait tous Sonny Barger (Ndlr : fondateur des Hell’s Angels) mais après c’est plus vague.

Le titre « Judge Penitent » est un inédit de Hangman’s Chair, mais a-t-il été écrit spécifiquement pour le podcast ?
Julien : Non, il est issu en fait des sessions d’enregistrement de notre dernier album. On avait deux titres en rab’ dont un qui était assez ambiant. Le fait de l’intégrer dans le podcast est juste parfait.
Joey Starr : Ah ouais, vous avez rien branlé en fait ?! (éclats de rire général)
Clément : Ce titre était vraiment à part, il ne collait pas du tout avec l’album. Quand on nous contacter nous avons immédiatement pensé à « Judge Penitent ». S’il n’avait pas collé, nous nous serions alors remis au boulot. 

Est-ce que cette première collaboration à distance pourrait déboucher sur une autre collaboration musicale ? Franchement, Joey te voir dans un groupe type Body Count nous ferait bien plaisir.
Joey Starr : On m’a déjà proposé plein de collaborations auxquelles j’ai dit oui mais qui ne se sont pas faites. J’ai rejoints Mass Hysteria sur scène et j’adore ces mecs. Ils savent mettre le feu. Je ne suis pas fermé, j’aime la musique.

Et est-ce que le Metal rentre dans tes bonnes grâces ?
Joey Starr : Bien sûr. Tu sais, on a dit de NTM qu’il était le plus Rock des groupes de Rap. Dans les années 90, j’adorais Suicidal Tendencies, Living Colour, même Body Count etc…  Et même avant ça, avec mes potes dans les années 80, on écoutait parfois du AC/DC, Van Halen, juste parce qu’il y avait des mecs dans le quartier qui écoutaient ça.

Pour finir, je me pose cette question depuis plus de quinze ans maintenant : on s’était croisé à un concert de Dimmu Borgir (Black metal/Norvège) à l’Elysée Montmartre et je me suis toujours demandé ce que tu y faisais là... ?!
Joey Starr : (il ouvre de grands yeux d’étonnement après que je lui ai décrit le type de musique) Tu sais, je suis sûrement allé me chercher un kebab à coté, j’ai entendu du son, je suis rentré (rires). Plus sérieusement, je pense que c’est la sorcière (Ndlr : il parle de Béatrice Dalle) qui m’y a trainé et comme je prenais pas mal d’opioïde j’ai dû passer une super soirée (rires)…

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