Les Américains ne sont pas les seuls a pratiquer le rock stoner, un style qu’ils ont forgé à coups de décibels et grand renfort de pédales fuzz et autres Wah-Wah, sous l’influence de substances pas toujours licites… Même si ce n’est pas très en vogue dans l’Hexagone et plutôt réservé aux initiés, nous avons quelques belles pépites dont les leaders bordelais de Mars Red Sky dans un genre plus atmosphérique et psychédélique régulièrement mis en avant dans Metal Obs Magazine et ce site web. D’autres formations plus discrètes subsistent en France, à l’instar de Walnut Grove D.C. (voir notre entretien en 2025), ou, pour le cas présent qui nous intéresse aujourd’hui, High On Wheels, qui nous parle ici de sa nouvelle galette The Monkey chez Klonosphère (distribution Season of Mist). [Entretien réalisé par Zoom avec par Pascal « fuzzy » Beaumont – Photos DR]
->> Single « Get Down » par HIGH ON WHEELS, extrait de l’album The Monkey (Klonosphère)
Depuis plusieurs années déjà, le power trio parisien/lyonnais pratique un fuzz stoner rock fortement influencé par les références américaines du genre : Kyuss, Red Fang et Fu Manchu depuis dix ans déjà ! La formation a produit deux albums Astronauts Follow Me Down en 2018, suivi de FuZZmovies en 2021. Quatre ans plus tard, nos trois Frenchies nous proposent The Monkey, véritable petite pépite de stoner sans prétention et qui ne réinvite pas la roue, mais donne envie de taper du pied et de headbanguer, et ce, dès les deux premiers morceaux “Get Down“ et “The Monkey Who Dipped His Balls In My Whisky“. Ceux-ci donnent le ton, la puissance et l’énergie pure. Tout cela est au rendez-vous, ce n’est certainement pas pour rien que ce sont les deux singles de cette nouvelle galette fumante où ça explose de partout, avec un son brut direct sans concession et surtout très spontané. Il faut dire que cet opus a été enregistré en live au sein du studio, sans pratiquement aucun overdub, juste quelques samples comme sur le très long « Arrakis », avec en début de morceau une référence au cinéma, un art qu’ils apprécient particulièrement comme ils nous l’ont confié dans notre entretien. Ils sont fans surtout celui des séries B et autres nanars de la fin des années 60 qui avaient été mis à l’honneur d’ailleurs sur FuZZmovies, leur second méfait. Cette fois-ci, c’est un singe qui est à l’honneur plutôt dépravé ambiance cartoons dans un bars sombre et bien
glauque ! Mention spéciale à l’artwork qui nous entraine dans un monde d’alcool et d’âmes perdues et esseulées, sombres donc… semblant sortis d’un autre temps.
Une autre particularité, et non des moindre, High On Wheels possède trois chanteurs avec
des voix très différentes : le compositeur du morceau étant souvent le chanteur, comme sur “Get Down“ où c’est Grégoire le batteur qui se charge du chant. Cette particularité leur permet d’alterner avec des mélodies vocales aériennes et un chant guttural ! Le trio semble avoir trouvé une parfaite harmonie vocale et s’amuse à alterner les titres courts comme “Sinking Too Much“ et ceux nettement plus longs (“Black Sands“), bien plus ambiancé toujours gorgé de feeling, qui vous prennent aux tripes, bercé par de longues parties instrumentales où la guitare fuzz prédomine (“Lost In Space“, “Arrakis“). Au final, High On Wheels ne triche pas, et délivre une musique sincère, sans artifice, très efficace dans le style proposé propice à des jams sur scène et très spontané ! On sent un véritable savoir-faire supplémentaire, une cohérence, sur ce troisième LP The Monkey notamment grâce aux nombreux concerts qu’ils ont donnés à travers la France et l’Europe. Artistiquement, ils ont fait un pas de géant, la progression est ici évidente même si tout n’est pas encore parfait. Mais plongez-vous dans « Wolf & Dog » ou « Arrakis » pour vous en convaincre, et surtout allez les voir en live !! [Pascal Beaumont]

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