LAMB OF GOD : Into Oblivion

Into Oblivion - LAMB OG GOD
LAMB OG GOD
Into Oblivion
Groove metal
Century Media Records

C’est un retour aux sources qu’effectuent nos Yankees de Richmond (Virginie) avec Into Oblivion, surtout qu’on les avait presque oubliés depuis quatre ans et la parution de l’album correct mais pas non plus à tomber par terre, Omens, en 2022. Enregistré durant la pandémie, ce précédent LP faisait le boulot, mais point. Et là, telle une intervention divine, Randy Blythe et sa bande semblent renaître à l’écoute de ce dixième opus ! Déjà, le chanteur au look de VRP « beau gosse » rasé de près et aux faux airs de Bradley Cooper, rassure tout le monde et fait plaisir à voir, enfin à entendre ici, et ce, dès le morceau-titre en ouverture où l’on retrouve tout ce que l’on aime chez LOG. Si on l’avait récemment pu l’écouter growler en duo sur le single « Hosting The Shadow » de nos amis de LACUNA COIL en 2025, on le retrouve en pleine forme vocale ! Puis, c’est le méchant et véloce « Parasocial Christ », inspiré peut-être par le fameux Contrat Social de Rousseau mais de la perspective du pays de l’Oncle Sam ici, qui nous éclate dans les tympans avec des paroles envers notre société contemporaine de plus en plus individualiste. Ce single apparaît comme un véritable manifeste de la fameuse « fracture sociale » dont parlait déjà Chirac lors de son dernier mandat en France… Quoi ? Pas de politique dans le metal, s’écrierons certains ?! La politique est partout, qu’on le veuille ou non, la musique étant juste un média, il n’est pas imperméable, et permet parfois se réveiller et secouer les consciences…

A la guitare, Mark Morton brille de mille feux et balance des méchants riffs bien heavy et groovy avec la complicité de Willie Adler. Là aussi, ses albums solo comme side project lui ont fait du bien ces dernières années, et même si l’originalité n’est pas forcément au rendez-vous, les guitares sont énormes et c’est ça qu’on aime chez LOG, ainsi que ses soli, même si trop peu nombreux (un petit lick un peu court sur la fin de ce « Parasocial Christ » au feeling bien senti dans tous les cas. Alors que sur le déstructuré « Sepsis » aux sonorités indus, c’est une chappe de plomb qui s’abat sur nos esgourdes ou Randy varie un peu son timbre vocal avec un couplet « Walk with me into the night », clin d’œil certainement à leur célèbre « Walk with me in hell !! ». Tout ça servi par une section rythmique d’enfer ! Même si l’on aurait aimer entendre peut-être davantage la basse du fidèle John Campbell (présent dans le groupe depuis 1994 !). Côté percussions, ça percute justement !! Arthur Cruz abat un travaille énorme derrière ses fûts. Le remplaçant de Chris Adler (frère de Willie, pas Arnold ! (rires)) arrive à allier technicité et groove. Les breaks s’avèrent à chaque fois redoutable, accompagnés de mosh parts à réveiller des headbangers en pleine cuvée ! (l’énorme « Bully » et ses effets de pédale Whammy). C’est hyper carré, et ce n’est pas un hasard si le casting fut réussi en 2019 officiellement, le bougre ayant déjà fait ses preuves depuis longtemps au sein de PRONG ou son propre combo, WINDS OF PLAGUE.

Globalement, Into Oblivion contient 666% de pur concentré LAMB OF GOD, mais fort heureusement, le quintet américain va plus loin car sinon on serait resté sur sa faim. En veulent pour preuve les chansons « Devise/Destroy » avec ses variations vocales sur un riff plus punk/thrash metal moderne (l’effet SYLOSIS ?), ou le précité « Sepsis » aux relents indius. On a même droit à une petite ballade mélancolique superbement réussie sur « El vacio », telle une véritable pause salutaire dans ce magma de groove metal puissant et formidablement heavy à souhait comme on aime. Randy Blythe y fait des merveilles. On a d’ailleurs hâte de retrouver le chanteur et ses acolytes en live sur scène où là, même si le temps passe et les musiciens, plus statiques de nos jours, vieillissent comme tout le monde, ça ne fait jamais de quartier dans le pit. On est bien sûr loin de la violente période d’apogée de Pantera au milieu des années 1990. Après, sur certains riffs hypra classiques comme sur le single « Blunt Force Blues », on retrouve des airs plus que familiers avec un riff power/thrash metal à l’ancienne (PANTERA) ou le faux calme « A Thousand Years », mais qu’importe car ça sonne comme du LOG typique et au top en 2026, même si le vidéo clip qui accompagne « Blunt Force Blues », certainement conçu par IA avec un rendu visuel pas franchement réussi, là encore, fait le boulot…

Alors franchement, sortir aujourd’hui une telle bombe de groove metal comme Into Oblivion après tant d’années (32 précisément !) dédiées à la cause du (groove) metal, et malgré quelques déboires de son chanteur en 2012-2013 (la fameuse arrestation en République Tchèque et le départ d’un illustre batteur (Chris Adler), nous on dit chapeau ! Et plus que jamais, on n’est pas prêt d’oublier LAMB OF GOD sur le panthéon du metal, quoiqu’on en dise. Amen. [Seigneur Fred]

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