Belle soirée punk/hardcore/metal en perspective au Big Band Cagé avec deux formations différentes, l’une s’exprimant en espagnol, à savoir Locomuerte, et l’autre dans la langue de Molière, Lofofora. Chacun est venu soutenir live son dernier album respectif. Si Lofo n’a plus rien à prouver tant sur disque que sur album même s’il reste toujours actif (son dernier effort studio, Coeur de Cible, est paru en octobre 2024, les Locomuerte qui ont ouvert les hostilités, eux, ont tout à prouver ce soir. Et ils ont plus que fait office de simple chauffeur de salle de première partie. Retour sur cette chaude soirée où l’on était sûr de passer un bon moment malgré un contexte socio-politique morose en ce mois de novembre… [Texte et photos : Sargento Garcia]

Locomuerte est un groupe de hardcore/thrash metal crossover de la banlieue parisienne (91) qui tire son inspiration de la culture chicanos. Il faut chercher du côté de formations légendaires comme Suicidal Tendencies, Anthrax ou encore Agnostic Front pour comprendre que nos quatre gaillards ne donnent pas dans la dentelle, tout en démontrant que bonne humeur, show énergique et délires en tout genre (course de slam sur… des crocodiles gonflables !) peuvent faire bon ménage sur scène. Et croyez-nous, croisant son bassiste à Nico un peu partout dans les concerts aux quatre coins des évènements metal hardcore en région Ile-de-France ou Centre-Val de Loire depuis pas mal d’années déjà, c’est bien que Locomuerte commence à récolter les fruits de son dur labeur, comme tant d’autres groupes hyperactifs sur la scène française. En tout cas, leur concert apporte un peu de fraîcheur dans un style aux racines plutôt old school finalement. Et si l’on vous dit que leur dernier album, Parano Booster (M & O Music), a été produit par un certain Stéphane Buriez (Loudblast) et Nico HK Kraus au Vamacara Studio, et que les gaillards ont déjà joué en première partie de Biohazard ou Dagoba, c’est pour vous dire que vous pouvez aller les voir en concert les yeux fermés. Sympathique et réjouissant…




Lofofora, c’est trente-cinq ans de carrière et onze albums studio, dont le tout frais Cœur De Cible (At(h)ome) vient de sortir en octobre 2024. Toujours avare en diatribes ou tirades anti-système, Reuno prévient qu’il n’y aura pas de rappel mais plutôt deux chansons en plus en fin de set (« mais pourquoi donc laisser le public dans le noir pendant cinq minutes, c’est pas notre truc ! » dixit le frontman). Il regrettera aussi que les paroles de « Macho Blues » (Ndlr : sorti en 1996 !) et que les violences faites aux femmes soient encore (malheureusement) d’actualité…


Le son est de très bonne facture, le jeu de lumières plutôt minimaliste (chez Lofofora, l’essentiel se trouve ailleurs), et le quatuor déploie toujours une belle énergie devant une salle comble. Clairement, le public est tout simplement enjoué par ces retrouvailles. La bande à Reuno fait bel et bien toujours partie du paysage punk rock et metal engagé national. [Norman « Sargento » Garcia]

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