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MOTIONLESS IN WHITE
Le monde d’après

Motionless In White est sur le devant de la scène Metalcore depuis près de quatorze ans maintenant ! Récemment, le groupe était en tournée aux Etats-Unis aux côtés de Ice Nine Kills et Black Veil Brides, avant de sortir leur tout nouvel album Scoring The End Of The World le 10 Juin 2022. Un opus de treize titres très réussis, avec de belles surprises. En attendant leur retour dans l’Hexagone l’an prochain, le 12 Mars 2023, aux côtés de Beartooth et Stray From The Path, Chris Motionless est venu nous parler de la conception de l’album, de leur retour sur scène après la pandémie, bref, toute leur actualité présente et future dans ce monde d’après… [Entretien avec Chris Motionless Cerulli (chant) par Sacha Zorn – Photos : Ashley Von Helsing]

Trois ans après Disguise, vous sortez Scoring The End of the World. Peux-tu nous dire ce qu’il s’est passé pendant ces années ?

Bien sûr, il y a eu beaucoup de temps d’arrêt sans pouvoir tourner, mais nous avons essayé d’en tirer le meilleur parti possible. Nous avons fait des versions alternatives de certaines de nos chansons, on a fait une reprise… Comme dans l’ensemble du monde de la musique, nous avons essayé de rester aussi actifs que possible et de créer des choses qui pourraient être amusantes pour les fans.

Il y a aussi eu des vagues de moments vraiment tristes, sombres, émotionnels, où l’on ressentait la perte de capacité à faire ce qu’on aime le plus et où l’on réfléchissait à notre vie en général. Mais on a pu aussi passer beaucoup de temps avec les amis et la famille, ce qui était vraiment cool parce que je n’ai pas l’habitude de le faire. C’était donc un bon mélange de créativité, de liberté, de faire ce que l’on voulait à la maison, mais aussi de manque de pouvoir être en tournée et de voir nos fans. Donc une sorte de cinquante/cinquante de bon et de mauvais.

 

Comment s’est passé le processus d’écriture ? Est-ce que ce fut un album plutôt difficile à écrire ?

Non, en fait ça a été probablement l’un des plus faciles à écrire grâce au temps que nous avons eu pendant la pandémie. Savoir que notre temps était dédié à l’écriture était en fait très cool, car on n’en a jamais vraiment eu autant. C’est toujours durant des moments très courts entre les tournées en général, et c’est toujours le rush.

Cette fois, c’était juste la liberté. Nous avons écrit beaucoup de chansons, puis nous avons voté pour condenser et arriver à treize titres. Je pense que nous avons tous eu plus de plaisir à travailler sur cet album que sur n’importe quel autre, et c’est vraiment cool !

 

Qu’est-ce qui était différent sur cet album par rapport à Disguise ?

Je pense qu’en plus du temps dont nous disposions, nous avions deux producteurs sur cet album. Les mêmes qui ont travaillé sur le précédent, mais avec un rôle plus important pour chacun d’eux. C’est vraiment cool parce que lorsque je travaille avec des gens, je veux qu’ils aient la même vision des choses et qu’ils pensent de la même manière que moi. Et ces deux gars, Drew Fulk et Justin DeBlieck, voient tout ce que je veux faire parfaitement. Ils offrent de si bons conseils et de l’aide pour rendre le disque encore meilleur. Donc je dirai que c’était ça !

Treize chansons, c’est un format assez long, alors que les albums sont de plus en plus courts de nos jours. Comment avez-vous choisi celles qui figurent sur l’album ?

Nous avons donc choisi treize chansons parce que nous nous sentions coupables. Nous nous sommes dit que si nous avions tout ce temps libre et que nous ne donnions aux fans que dix ou onze chansons, ils allaient être fâchés. (rires) Donc on s’est dit : « bon, on a les chansons. Faisons en treize ! ». Et si les gens veulent toutes les écouter, tant mieux. S’ils veulent juste écouter les singles, c’est génial aussi !

On les a sélectionnées en faisant plusieurs votes. Nous avons écouté environ soixante chansons au départ on a discuté de ce que nous ressentions pour chacune d’entre elles, de la façon dont elles pourraient être interprétées en concert… On a réduit les soixante chansons à trente, puis fait un autre vote après les avoir retravaillées. On a fait un autre vote, et on a ramené le nombre à quinze, et à treize titres au final. Deux chansons ont donc été coupées en studio, ce qui m’a beaucoup contrarié car l’une d’entre elles était ma préférée. Mais c’est comme ça que ça se passe. C’est une façon intéressante de procéder, car tous les membres du groupe ont leur mot à dire.

 

Tu peux nous expliquer le nom de votre album Scoring The End Of The World s’il-te-plaît ?

Je voulais quelque chose qui représente à la fois mon observation du monde extérieur et ce que je ressentais à l’intérieur, mon monde intérieur, où, comme je le disais plus tôt, il y a eu beaucoup de moments très durs, tristes et sombres pendant la pandémie. J’ai eu l’impression d’assister à la fin du monde à l’extérieur, mais aussi que mon monde intérieur s’écroulait également. Je trouve ça intéressant que les chansons de l’album aient une double signification comme ça.

 

Au-delà du son, il y a un réel univers visuel autour de cet album. Tu t’es inspiré d’autres choses pour avoir ces idées ?

Oui. Nous avons toujours été très inspirés par les films et toutes sortes d’autres formes d’art. Mais je pense que nous avons eu beaucoup de sources d’inspiration pour cet album. Nous avons voulu construire ce qui pourrait ressembler à notre propre film, notre propre affiche avec l’artwork ou même à un jeu vidéo. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de similitudes avec les jeux Cyberpunk et le jeu Doom, dont nous sommes de grands fans. Donc prendre toutes ces différentes formes de jeux, de films et les mettre ensemble pour faire de la musique, c’était un concept intéressant et une façon cool d’exprimer notre art d’une manière que nous ne retrouvions pas auparavant.

 

J’aime beaucoup la chanson « Werewolf » qui est très surprenante. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Cette chanson est celle qui m’a fait le plus stresser parce que c’est en fait la chanson préférée de tout le groupe sur l’album. Nous étions très anxieux de savoir comment elle pourrait être reçue par les fans parce qu’elle est si différente. Mais pour nous, nous essayions de trouver un moyen de faire quelque chose qui soit iconique pour Motionless In White. Nous avons pris beaucoup de sons de différents styles que nous aimons, comme des sons d’horreur et des sons pop synthétiques des années 80. Mais nous les avons mis sur de la musique rock en essayant de mélanger les deux. Il y a beaucoup d’influences de Michael Jackson là-dedans… L’intention était donc de créer une chanson emblématique pour Motionless. On voulait en quelque sorte que lorsque les gens pensent au groupe, et que « Werewolf » leur vienne directement à l’esprit. Je suis donc vraiment excité de voir ce que les fans en pensent.

Vous aimez donner des suites à certaines chansons, comme avec « Undead Ahead 2 » sur Disguise, « BFBTG » et « Burned At Both End II » pour cet album. Comment faites-vous pour imaginer ces suites ?

Pour moi, c’est en fait basé sur ce que les fans veulent. Ce que je veux dire par là, c’est que je regarde les chansons du passé que les fans aiment vraiment et je me dis « Ok, je sens que je peux faire une chanson qui ressemble à cette émotion et créer comme une synergie entre mes paroles et l’interprétation que les fans en font ». Donc avec « Burned At Both Ends II » par exemple, j’ai senti qu’elle pouvait retrouver cette émotion. C’est fou, la première chanson a dix ans maintenant, et je voulais faire une suite pour célébrer ça. Avec « Broadcasting », c’est comme une série que j’aimerai faire sur chaque album. On a toujours une chanson qui donne l’impression de faire partie d’une grande série. Pas une suite, mais une série ! Chacune est différente, mais elle fait partie de la même catégorie donc c’est super intéressant à faire.

 

Ces treize chansons ont absolument toutes un immense potentiel en live. Comment vous allez-faire pour choisir celles que vous allez jouer ?

J’aimerais qu’on puisse jouer l’album en entier tout de suite. Je pense que les fans pourraient nous tuer pour ça. (rires) Je pense qu’on va probablement les jouer au fur et à mesure et voir celles qui marchent et celles qui ne marchent pas. Parfois, c’est difficile parce qu’une chanson sonne vraiment bien sur l’album, mais ensuite tu la joues en concert et les gens ne l’apprécient pas vraiment. Donc on joue généralement trois ou quatre chansons du nouvel album lors de chaque tournée et on continue à les changer dans la setlist. Mais je sais que nous sommes tellement excités par ce disque que lors de notre prochaine tournée, nous allons probablement en jouer cinq, ou plus ! Je ne sais pas encore lesquelles, mais au moins tous les singles.

 

Tu peux nous parler des différentes collaborations sur l’album ? Ce sont des gens que tu avais en tête depuis longtemps pour créer quelque chose en commun ?

Oui ! Je voulais travailler avec Nick Gordon sur une chanson depuis très longtemps. Tu sais, il a fait la bande originale du jeu Doom, et il a travaillé avec d’autres groupes comme Bring Me the Horizon récemment. Donc j’aime vraiment ce qu’il fait. C’était quelque chose que je ne pensais pas avoir la chance de faire. Mais il a fini par aimer l’idée.

Pour ce qui est de Caleb, on a tourné avec Beartooth auparavant et ce sont des gars tellement cool ! On avait l’impression d’avoir trouvé nos meilleurs amis de tournée quand on a joué avec eux. Donc je voulais avoir Caleb sur une chanson pour juste collaborer avec cet ami qui est génial et qui fait de la super musique. J’ai senti qu’il était parfait pour cette partie.

Et puis Bryan Garris de Knocked Loose sur le titre « Slaughterhouse », c’était facile parce que je voulais une personne qui a un cri iconique dans le métal et le hardcore en ce moment. Bryan est arrivé et a tout démoli. C’était génial aussi.

C’est une question plus personnelle, mais si aujourd’hui tu voyais le Chris de l’EP When Love Met Destruction d’il y a quatorze ans, qu’est-ce que tu lui dirais ?

C’est une question amusante parce que je ne sais pas si je voudrais changer quelque chose. Mais je dirais probablement juste que quand les choses semblent impossibles et vraiment difficiles à traverser, prends du temps pour toi. Parce que quelque chose que j’aurais aimé changer dans ma vie est que j’aurais aimé prendre plus de temps pour moi et pour ma santé mentale. Et au lieu de ça, j’ai choisi de travailler, travailler, travailler… J’ai beaucoup négligé ma propre santé et maintenant je le paie plus tard dans ma vie. Donc ce que j’essayerai probablement de me dire c’est : « hey, prends peut-être un jour de congé de temps en temps ! ». (sourires)

 

La tournée « Trinity Of Terror » à très bien fonctionné aux États Unis ! Pourrait-on s’attendre à voir la même tournée arriver en Europe ?

En fait, nous avons essayé de savoir si c’était possible. Je crois que les fans pensent que c’est très simple dès que les groupes veulent le faire. Mais il y a tellement de choses qui entrent en jeu dans l’organisation d’une tournée, et il ne s’agit pas que de la volonté des groupes. Donc nous discutons actuellement de la manière dont ça pourrait se concrétiser, car les trois groupes veulent le faire. Je ne sais pas si c’est possible ou non, mais j’espère que ça marchera !

 

On a hâte de vous revoir en France en Mars 2023 ! Quelles sont vos plans avant ça ?

On va bientôt aller en Australie et ce sera notre première tournée après la sortie de l’album. Ensuite, on va faire quelques festivals aux Etats-Unis. Donc beaucoup de voyages un peu partout. Nous allons probablement essayer de faire une tournée aux États-Unis à l’automne ou à l’hiver, puis nous attendons avec impatience de venir en Europe. Nous étions censés y être cette année, mais évidemment ça a dû être reporté. Donc on est très impatients de revenir.

 

Pour conclure cette interview, as-tu un dernier mot pour les fans français ?

Encore une fois, nous sommes vraiment désolés que la tournée ait été reportée. Mais d’une certaine manière, nous sommes heureux parce que maintenant, quand nous vous verrons en mars 2023, nous pourrons jouer plus de nouvelles chansons pour vous. Donc « Merci » (Ndlr : en français) et on se voit très bientôt !