NERVOSA : Slave Machine

Nos Amazones gréco-brésiliennes de NERVOSA ont décidé de battre le fer tant qu’il est chaud depuis le séisme qui déchira le quatuor de thrash metal en 2020, provoquant le schisme entre Fernanda Lira et Luana Dametto (désormais en pleine ascension avec CRYPTA) et la guitariste Prika Amaral, devenue la nouvelle chanteuse malgré elle après le départ de notre espagnole Diva Satanica (BLOODHUNTER), en plus d’être la principale compositrice, au côté de la nouvelle recrue de choc arrivée à la guitare lead officiellement en 2022 : la musicienne Helena Kotina. Vous suivez toujours ? De toute façon, dans un groupe de metal, c’est comme dans une équipe de foot, ça va, ça vient à chaque saison… Rencontrée au précédent Warm Up itinérant du Festival Hellfest en mars 2025, c’est non sans joie que nous avons retrouvé cette fantastique guitariste grecque (elle a joué quelques années avec l’ex-IRON MAIDEN, Paul DI’ANNO (R.I.P.) !!) pour nous parler de leur dernier brûlot : Slave Machine. Après un Jailbreak réussi en 2023, on peut clairement affirmer aujourd’hui avec du recul qu’il y a eu un avant, et un après 2022, grâce notamment à son apport artistique indéniable au sein de NERVOSA. [Entretien réalisé par Zoom vidéo avec Helena Kotina (guitare) par Seigneur Fred et Pascal « Heavy » Beaumont – Photos : DR]

->> Single « Impending Doom » par NERVOSA extrait de l’album Slave Machine (Napalm Records)

Slave Machine - NERVOSA
NERVOSA
Slave Machine
Thrash metal
Napalm Records

Trois longues et intenses années auront été nécessaires à l’élaboration de Slave Machine, sixième méfait de NERVOSA, succédant au réussi Jailbreak. Celui-ci voyait alors la guitariste et leader Prika Amaral s’emparer définitivement du micro pour le chant, en plus de ses parties de guitares, désormais au coté de la talentueuse six-cordiste grecque Helena Kotina (HELENA KOTINA, ex-PAUL DI’ANNO) qui brille une nouvelle fois ici tout du long, même si l’on aurait aimer l’entendre davantage comme on lui a faire remarquer durant notre entretien… Si la musicienne a pour la seconde fois participé à l’écriture du nouveau matériel, on sent d’emblée qu’il y a encore du potentiel, comme si elle se retenait, alors qu’elle pourrait accomplir bien plus que ça. Néanmoins, à travers pourtant douze copieux nouveaux titres, NERVOSA nous propose un thrash/death metal intense et puissant à l’image de ses deux singles “Ghost Notes“ et la chanson-titre « Slave Machine ». L’ambiance est sombre, froide, et rageuse, les riffs de nos Amazones, ainsi que les growls encore améliorés de Prika, contribuant à cette atmosphère dark et décadente. A l’image de leurs vidéo clips, vous l’avez compris, comme d’habitude chez NERVOSA, l’ambiance n’est pas à la fête. On évolue ici dans un monde post-apocalyptique où l’optimisme n’est pas de rigueur à l’image également de la pochette, classique et très sombre. Un autre titre, nommé “30 Seconds”, reflète bien cet état esprit omniprésent. Par contre, question riffs, c’est la fête du thrash metal sur Slave Machine !! Prika et Helena enchainent des riffs implacables, massifs, incisifs secs et très tranchant et solos précis et technique qui s’avère aussi parfois paradoxalement très mélodiques et toujours inspirés (l’exemple encore de la chanson-titre). Produit par Martin Furia (BARK, DESTRUCTION), on a affaire ici à un déluge de thrash qui pourrait bien leur permettre de rejoindre et compléter prochainement le Big Four of Thrash, voire en remplacer certains qui partent en retraite (suivez notre regard…) !!

Les exemples ne manquent pas, comme la chanson percutante dotée d’une section rythmique plombante “Beast of Burden“, ou le très réussi « Impending Doom » en ouverture du disque, et constituant un tout nouveau single puissant, qui en impose avec ses guitares rapides et menaçantes aux riffs saccadés qui vous écrasent dans une sauvagerie totale. Les influences à la DESTRUCTION ou de TESTAMENT (époque Demonic, ou le petit dernier Para Bellum). A l’écoute de toute cela, on constate que le quintet gréco-brésilien (car deux bassistes se partagent les tournées de concerts, même si l’on ne sait pas trop qui a enregistré les parties de basse, peut-être que cela fait comme Andreas Kisser (SEPULTURA) ou Kerry King (SLAYER) qui, durant longtemps, ont plus ou moins secrètement enregistré en studio les parties de leur collègue pour plus de simplicité et de coûts) a muri, notamment grâce à des tournées intenses comme celle en ouverture de Testament et Obituary en Europe fin 2025, ou bien avec CRADLE OF FILTH (dont Helena arbore le T-shirt dans notre interview vidéo) en juillet de cette même année tout en enchaînant quelques festivals d’été dont rien de moins que le Hellfest chez nous en France, précédé d’une tournée marathon (Warm up) !! Une expérience riche et intense donc, qui leur permet de nous proposer un thrash brutal moderne, comme souvent sans fioriture chez nos thrasheuses, et ô combien redoutable, comme sur les morceaux « Hate » ou « The New Empire » qui en témoignent, tout comme le très bon “Crawl For Your Pride“.

Ce qui surprend aussi, c’est la meilleure maitrise des voix par Prika Amaral qui a énormément progressé depuis Jailbreak. Pas de doute, on la sent plus épanouie vocalement et mieux préparée à ce nouveau défi qu’elle réussit avec brio ici, en passant ce nouveau cap haut la main, avec du travail derrière. NERVOSA sait se faire très accrocheur comme sur « You Are Not A Hero » au refrain mélodique qui reste longtemps entre vos deux esgourdes sans faire de concession pour autant. Idem d’ailleurs pour “Speak in Fire“. La vibe old school années 80, une de leurs principales influences majeures nous confiera Helena Kotina en entretie, est bien présente. Egalement sur « Learn Or Repeat » et « The Call », mais d’une façon telle qu’elle en est presque imperceptible, un groove plus moderne s’installant à tous les étages.

Morceau après morceau, concert après concert, album après album, NERVOSA enfonce le clou et vous pulvérise les tympans jusqu’à l’extinction des feux d’une façon magistrale et sans aucun répit, c’est à la fois brutal et mélodique et sans contrefaçon ! Comment ne pas penser alors à leurs camarades de label LEGION OF THE DAMNED, plutôt silencieux ces temps-ci, et qui avaient aussi mis un peu d’eau dans leur vin sur leurs derniers albums…. Pour le gang à Prika Amaral, en résulte en 2026 ce Slave Machine donc, une véritable ode au thrash/death metal dans la pure tradition qui s’avère être redoutable et une franche réussite ! A ne pas louper en live prochainement même si aucune date française n’a été annoncée pour l’heure officiellement ! [Pascal « heavy » Beaumont]

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