OV SULFUR : Endless

Déjà le second album des Américains d’OV SULFUR, originaires de Las Vegas (Nevada) et formés seulement en 2020 !! Auteurs d’un EP Oblivion en 2021, puis d’un premier LP remarqué, The Burden ov Faith (2022), ils livrent en ce début d’année 2026 Endless, une nouvelle bombe de deathcore qui va bien au-delà du genre… En effet, nos cinq Yankees n’hésitent pas à exprimer toute leur noirceur à travers des influences black/death metal symphonique, ou bien un metalcore mélancolique inspiré tant par du new metal à la STAIND ou KORN par moment, ou un heavy/rock teinté de notes folk et bluesy à la GODSMACK par exemple (période Hollow). Et si on vous dit qu’Endless a été ingéniorisé, mixé et masterisé en studio par Josh Schroeder (LORNA SHORE, MENTAL CRUELTY, BENEATH THE SKY…), c’est-à-dire le producteur américain qui a façonné l’album I Feel the Everblack Festering Within Me de LORNA SHORE en 2025, alors le résultat est tout simplement explosif ! L’un de ses membres et auteur des magnifiques lignes de chant clair dont regorge Endless, Chase Wilson, nous parle de leur actualité, en direct depuis Las Vegas !! [Entretien réalisé par Zoom avec Chase Wilson (guitares/chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Vast Eternal » par OV SULFUR, extrait de leur album Endless (Century Media Rec.)

Endless - OV SULFUR
OV SULFUR
Endless
Darkened deathcore
Century Media Records

Avec ce déjà second album studio, OV SULFUR frappe fort !! Et ce n’est là que le début, enfin presque, puisque le quintet de Las Vegas (Nevada) s’est formé seulement en 2020. Et il possède déjà à son actif un EP autoproduit, Oblivion, paru en 2021, et un premier album intéressant The Burden ov Faith paru en 2023 chez le géant Century Media Records. Alors des groupes de deathcore, bien sûr, il y en a à la pelle actuellement, surtout outre-Atlantique, mais la force d’OV SULFUR, c’est de mêler dans une parfaite osmose deux voix véritablement complémentaires : l’impressionnant Ricky Hoover, véritable armoire à glace à qui vous confieriez sans hésiter vos meubles pour un déménagement plutôt qu’aux Déménageurs Bretons, qui excelle tant dans les screams que les growls bien gras ; et le guitariste/chanteur (en charge des chants clairs quant à lui), Chase Wilson avec lequel nous avons pu faire connaissance, donc, depuis Las Vegas (voir interview ci-dessus). Sur le premier single « Evermore », cette combinaison fait des merveilles, c’est même une totale boucherie entre amis ! Côté ambiance, c’est extrêmement sombre, et l’on flirte souvent avec l’univers black metal et les films d’horreur. C’est à la fois un peu cliché, mais suffisamment brutal et sanglant pour nous tenir en haleine, et en vouloir davantage ! Musicalement, on a droit à des mosh parts dignes d’un mastodonte, et tous les curseurs du genre sont ici poussés à l’extrême : screams, growls, accordage hyper bas des guitares, infra basses, et une batterie qui tabasse assurée par le mystérieux Leviathvn au make up très typé black metal qui n’hésite pas à blaster de temps à autre pour notre plus grand plaisir…

Idem sur le très efficace « Forlorn », autre single paru il y a déjà plusieurs mois à présent. Derrière tout ça, on sent déjà une grosse expérience des musiciens, et notamment Chase Wilson. Ce dernier nous a confié en entretien avoir évolué dans le passé dans un combo de metalcore plus underground. Au passage, le gaillard nous délivre quelques superbes soli sans jamais abuser ni inonder en shredding. Citons par exemple les excellentes interventions sur la fin du titre « Wither » ou « A World Away » (featuring Alan Grnja (DISTANT) au chant). L’autre atout de cette formation américaine réside en fait également dans l’intégration d’influences black/death metal symphonique flagrantes, et totalement assumées ici, à la CRADLE OF FILTH ou DIMMU BORGIR (période Spiritual Black Dimensions/Puritanic Misanthropic Euphoria), comme en attestent les singles très efficaces et dark « Evermore », « Vast Eternal ». Mais ce n’est pas tout ! On note aussi de belles touches plus heavy/rock typiquement US à la GODSMACK par exemple ou PUDDLE OF MUD, voire folk, sur les chansons les plus personnelles et émotionnelles comme le superbe « Wither » en hommage aux grands-parents de Chase Wilson, ou bien l’ultime « Endless//Loveless », en contre-pied et lien avec l’intro de l’album, « Endless//Godless ». Et tout cela est servi par de belles mélodies touchantes, qui contrastent justement avec les autres morceaux brutaux typiquement deathcore, ou black/death metal moderne. Il y a un gros travail de compositions sur Endless, grâce à une belle musicalité et surtout une captation sonre tout simplement énorme.

Normal, quand on sait que la production sonore d’Endless a été confiée à Josh Schroeder (producteur du dernier LORNA SHORE paru en 2025). Son travail magnifie tout cela, dans le moindre détail, au moindre arrangement, que ce soit sur les passages pompeux sur les intros typées black metal symphonique dont sont ouvertement friands certains membres d’OV SULFUR. Le problème est maintenant : comment ne pas penser dans le même coup à l’influence directe et au son de LORNA SHORE qu’a créé justement Josh Schroeder ? C’était un risque encouru en travaillant avec ce même producteur, forcément. Néanmoins grâce à des textes authentiques et vraiment personnels, un univers sombre développé sur chaque morceau, toutes ces diverses influences précitées et assumées, mais aussi cette belle conjugaison vocale, ainsi qu’un réel dynamisme surpuissant qui vous tient en haleine durant les dix morceaux, Endless ne déçoit pas et est loin d’être une pâle copie de I Feel the Everblack Festering Within Me de LORNA SHORE comme on pourrait l’imaginer à première vue et à la lecture de la biographie du groupe américain. Il faut fouiller, défricher devant tant de brutalité et noirceur. Car OV SULFUR, c’est bien plus que ça malgré les apparences et nombreuses similitudes. Il y a ici un gros potentiel qui ne demande qu’à s’exprimer et éclater par tous les moyens pour toucher alors tous vos sens. Endless revêt un caractère presque cathartique par moment (le touchant « Wither » qui nous fait tomber indéniablement dans le pathos quand même). Le quintet américain réussit franchement le cap du second album avec tout ce qu’il faut, là où il faut, mettant une grosse claque à la concurrence établie au passage. Reste à confirmer à présent en live en Europe, ce qui est en prévision d’après son guitariste/chanteur et principal compositeur que nous avons interviewé. Et tout ça, c’est que le début de l’histoire, une histoire sans fin, on l’espère pour nos Yankees. [Seigneur Fred]

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