PENTAGRAM (Chile) : ¡ Suerte Chile, suerte !

Ils sont enfin de retour pour nous jouer des plus mauvais tours ! Pentagram (Chile), à ne pas confondre avec le groupe culte de doom américain de Bobby Liebling, refait monter un peu plus la température de la planète death metal avec son second effort bien old school, Eternal Life of Madness. Un cocktail épicé de nostalgie et diablement efficace venu tout droit du Chili ! [Entretien avec Anton Reisenegger, chant/guitare, par Louise Guillon – Photos : DR]

À l’origine, le nom de votre groupe était similaire à celui du groupe de doom metal Pentagram originaire de Washington D.C., mais hormis le nom, avez-vous déjà été influencés par la musique doom ? Car une certaine lourdeur dans le rythme de ce nouvel album se dégage… (sourires)
C’est cool que tu le remarques, parce que j’aime beaucoup le doom metal, des groupes comme Trouble, Candlemass et Cirith Ungol. Mais même des groupes comme Venom et Celtic Frost ont des chansons plus lentes qui sont très puissantes, alors nous avons incorporé des parties lentes dans nos chansons. Curieusement, je pense que les parties les plus lentes sont celles qui rendent les fans les plus fous lors de nos concerts.

Comment as-tu vécu votre long parcours semé d’embûches durant ces longues années pour enfin obtenir la reconnaissance des labels internationaux ? Eternal Life Of Madness est seulement votre second LP, or vous avez influencé tant d’autres combos de metal extrêmes par chez vous…
J’ai eu la chance de faire partie d’autres groupes comme Lock Up et Brujeria, ce qui me permet de gagner ma vie en tant que musicien, mais j’imagine que le timing a toujours été un problème pour Pentagram, alors nous resterons à jamais dans l’underground !

Votre style très nostalgique semble être ancré dans le metal des années 80. Est-ce une volonté artistique et musicale de votre part, ou bien une revanche sur le passé et sur ce que vous n’avez pas pu exprimer durant ces années à cause des maisons de disques ?
C’est la raison d’être de ce groupe. Cela n’aurait aucun sens de sortir de la musique moderne sous le nom de Pentagram. Oui, ce groupe nous relie à notre passé et à notre jeunesse, parce qu’il puise dans cet enthousiasme rageur et cette croyance aveugle en soi que l’on a quand on est jeune. Et notre musique permet d’exprimer cela.

Vous êtes le seul groupe chilien à jouir d’une réputation internationale et, paradoxalement, votre carrière n’a pas toujours été facile. Pensez-vous que cela soit dû à votre nationalité, ou cela n’a-t-il rien à voir ? Je suppose que la discrimination, si on peut l’appeler ainsi, existe encore parfois, même dans un domaine très ouvert d’esprit comme la musique metal…
Je pense que notre nationalité a été un obstacle au début de notre carrière. Par exemple, si le groupe avait été américain, allemand ou britannique, il aurait probablement été plus facile d’obtenir un contrat d’enregistrement et de se lancer dans le circuit des tournées, mais je n’aime pas m’attarder sur ce genre de choses. Je suis fier de tout ce que nous avons accompli, même en tant que petit groupe originaire du trou du cul du monde. (rires)

Pouvez-vous nous parler de la scène metal chilienne ? Y a-t-il de nouveaux groupes qui émergent ?
Il y a des tonnes de nouveaux groupes dans toutes sortes de styles différents. Le thrash et le death metal sont très populaires ici, et il y a beaucoup de jeunes groupes qui font leur propre truc. Deux d’entre eux se démarquent vraiment à mon avis actuellement : Demoniac et Mayhemic.

Votre nom est tout de même très provocateur et/ou évocateur (connoté) d’une certaine manière. Avez-vous déjà eu des problèmes dans votre pays (religion, politique) qui est également très catholique ?
Nous avons eu beaucoup de problèmes lorsque nous avons formé le groupe, mais je ne pense pas qu’ils aient été causés par notre nom de groupe, mais par notre attitude et notre look, notre apparence générale. Les autorités de l’époque n’aimaient pas que les gamins aux cheveux longs portant des chemises noires à l’imagerie démoniaque et qui se rassemblent ou bien que ce soit. Et les flics venaient alors régulièrement mettre fin à nos concerts.

Qu’est-ce que ça signifie pour vous de signer avec un label français comme Listenable Records ?
Je pense que c’est parfait. J’ai été en contact avec le propriétaire du label, Laurent, dans les années 80 et c’est un grand fan du groupe, très passionné et professionnel dans ce qu’il fait, donc je n’aurais pas pu rêver d’une meilleure maison de disques !

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