Quatrième LP déjà pour la formation teutonne de black metal, deux ans à peine après Death Devil Makick, Lux Ex Inferis (« la lumière venue des enfers » en latin) se présente à nous comme une ode à une musique brutale, rapide comme on aime (les blasts d’Apophis sont quasi omniprésents) et sans concession ! Un carnage sonore de quarante-deux minutes qui semble ne jamais s’arrêter, porté par le chant ultra agressif de Farago (également au poste de guitariste), épaulé sur deux titres par des invités aussi possédés que lui : Lethian (la chanteuse de Nornir) sur le plus mélodieux « De Profundis » ; et P.G. (de Groza) sur « Tabula Rasa » ! Enregistré et masterisé par Denis Poshwatta au Katzbach Studio, il est la preuve que le black allemand reste toujours aussi puissant en 2026 ! Et les exemples actuels, notamment sur le cataloguqe du label AOP Records, sont légions et le démontrent… (interview de FIRTAN dans un genre plus atmosphérique à retrouver très bientôt sur notre site et notre chaîne YouTube METAL OBS TV !).
Si Lux Ex Inferis commence calmement avec un petite intrumentale , « In Noctem », le déferlement de violence démarre dès « Tabula Rasa », laminant le pauvre auditeur qui aura osé mettre cette galette dans son lecteur ! Les riffs ultra catchy et les tremolos pickings typiquement black metal ne laissent aucun doute sur la façon dont vont se dérouler les opérations : ce sera une guerre totale dans la grande tradition des premiers Darkthrone, Gorgoroth ou Mayhem ! Le son est bien sûr meilleur que celui que proposaient jadis ces grands anciens, mais l’esprit est bien là : no mosh, no trend, no core, no fun ! Nous sommes face à un black metal méchant et non enclin à se livrer à de basses opérations commerciales pour séduire !
Si on y ajoute une réverb bienvenue sur le chant – album à écouter impérativement au casque – on est en terrain certes connu et balisé depuis des décennies mais tellement jouissif pour tout amateur d’extrême qui se respecte ! Visuellement, l’emploi du corpse paint et des vêtements de cuir rend également hommage à tout un pan de la scène black metal ! Servant se sert d’une recette qui peut sembler peu originale mais, comme souvent, il faut aller au delà des premiers riffs ! Car le quatuor allemand teuton ne se contente pas de foncer pied au plancher mais se permet des respirations acoustiques comme sur « Glorification » et « Lux Fulget » ou des mélodies jouées au piano ou au synthé (« Of Stones, Sleep and Death » et « Hypnos I See You »). Oui, on est là pour laminer l’auditeur, mais en lui laissant un peu d’espoir de temps en temps, histoire de lui reclaquer le museau dans l’instant qui suit ! Et même si certains titres comme « The Accuser » s’aventurent sur des terrains plus mid-tempo, ils ne sont en rien moins brutaux. Servant tape peut être dix fois moins vite par moment mais vingt fois plus fort !
Quelques mots enfin sur la pochette : deux frères siamois, inspirés de la tradition artistique romaine mais dotés d’ailes d’ange, observent la chute de créatures humaines, baignés dans une lumière bleutée qui se noircit au fur et à mesure que notre regard se porte vers le sol ! Une très belle peinture qui ne laisse guère de doute sur la finalité de la musique. Un artwork réalisé au passage par Misanthropic Art et dont les couleurs s’opposent à celles des premiers opus du quatuor allemand, bien plus sombres et n’utilisant que le noir et blanc !
Bien décidé à défendre ce nouvel opus sur scène, Servant va s’embarquer pour une tournée 100% black metal avec ses petits camarades de Firtan (interview très bientôt !!) et Spere. Nul doute que le blasphème sera au rendez-vous de ces futures soirées démoniaques quand le quatuor foulera les planches ! Alors fans de black metal, amateurs de vitesse, dingues de murailles sonores, n’hésitez pas à jeter votre dévolu sur Lux Ex Inferis !! Mais prenez garde, vous ne ressortirez pas indemne de ce voyage au bout de la nuit ! [Dave 666 Asshole]

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