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THE HELLA MEGA TOUR : Live report @Paris (FR) le 02/07/2022

Il aura fallu de la patience, de la persévérance et du temps pour que la France puisse enfin accueillir LA tournée emo pop punk revival qui a maintenu le monde en haleine. C’est donc à Paris et pour la dernière fois que Green Day, Fall Out Boy et Weezer ont posé leurs guitares pour une ultime date qui s’avérait déjà dantesque et d’enfer. C’est donc à la Défense Arena, aux portes de Paris, que le Hella Mega Tour s’est clôturé. Les « super tournées » avec plusieurs groupes de renoms qui perforent le même soir se font rare en France, il est plus aisé pour les artistes de tourner ensemble aux Etats-Unis. Alors, quand ce genre d’affiche débarque en Europe, on s’empresse d’y assister et de vivre, à notre tour, un supra mega tour prévu depuis 2020, commencé en 2021 et achevé en 2022. [Live report : texte et photos par Greg Schneider]

 

WEEZER

On arrive alors juste à temps pour la moitié restante du set de Weezer après avoir traversé la zone de la Défense, puis les abords de l’Arena avec une sécurité présente en nombre sur ce concert. On regrette d’avoir manqué Amyl And The Sniffers en première partie mais on ne manquera pas de les voir lors de leur prochain passage à Paris le 5 Novembre 2022 à l’Elysée Montmartre.

Arrivés pile pour le classique « Island On The Sun » suivi de la reprise du tube de Toto « Africa » vite enchaînés par « California In the Snow » et « Buddy Holly » pour clôturer le tout, on déplore un son peu puissant, un éclairage relativement faible pour le peu que l’on a vu.

Ce n’est que partie remise car j’attends encore d’entendre « Beverly Hills » live ; celle-ci ayant été joué en début de set. Le choix de Weezer pour partager une affiche de taille avec deux groupes pop punk rock tels que Fall Out Boy est à la fois intéressant et, dans un sens, un peu en décalé avec le style de ces deux noms de la scène rock US. Toutefois, Weezer parvient tout de même à susciter l’intérêt et à capter le public pour le reste de la soirée qui ne fait que commencer.

 

FALL OUT BOY

Un changement de scène plus tard et il est déjà l’heure pour Fall Out Boy de fouler la scène de la Défense Arena. Une scénographie à la Stranger Things avec une structure encadrant l’écran composé de racines, ronces et plantes grimpantes.

C’est donc « The Phoenix » qui ouvre les hostilités agrémenté d’un jeu de flammes qui électrisent d’emblée la salle. S’en suivra tous les tubes qui ont fait le succès de FOB : « Sugar, We’re Going Down » tiré de l’album From Under The Cork Tree, puis de « Irresistible » et « Uma Thurman » de l’excellent American Beauty / American Psycho.

En l’espace de quatre titres et en moins de vingt minutes, c’est un véritable voyage de dix ans en arrière en pleine période emo et punk. « Save Rock and Roll » vient ralentir la cadence, avec un Patrick Stump en piano voix, tout en simplicité et en émotion. Sa voix demeure toujours autant rare et unique, on se croirait, l’espace d’un instant, devant Elton John, seul au piano face à des milliers de spectateurs, flash de téléphone sortis en direction de la scène. On vient alors réaliser qu’il s’agit là de la plus grande salle à Paris dans laquelle FOB a joué après le Zénith et l’Olympia. Toujours aussi résolument efficace, les chansons défilent à une allure impressionnante, aucun répit n’est donné ni laissé.

C’est l’heure « The Last Of The Real Ones » puis « Dance, Dance » qui ouvre la seconde partie du show. La pyrotechnie, l’énergie de Pete Wentz, de sa basse cracheuse de feu et de sa bande font monter d’un cran l’ambiance, ainsi que la température de l’Arena. Même en gradins, le public se lève et acclame un groupe qui a définitivement sa place sur cette triple affiche et qu’on aimerait voir davantage en France, aussi bien en festival qu’en salle.

Pete Wentz en profite pour remercier toutes les personnes présentes ce soir, qu’il aura fallu du temps avant de vivre cette tournée et ce concert tous ensemble. Et quoi de mieux qu’un mosh pit demandé à son initiative pour fêter cette dernière date car il est déjà l’heure de lâcher le hit « This Ain’t a Scene, It’s An Arms Race ».

S’il reste encore quelques personnes assises, il n’en est définitivement plus question. S’en suit un discours sur le fait de rêver toujours plus grand et d’y croire pour introduire l’incroyable et enflammant « My Songs Know What You Did In The Dark » avec toujours plus d’effets pyrotechniques. Si on déplorait jusque là la qualité sonore du set (hormis sur la séquence piano-voix), un semblant d’amélioration se laisse entendre sur la dernière partie du set avec l’enchaînement assassin « I Don’t Care » , « Thnks fr th Mmrs » , « Centuries » et « Saturday ». Pete s’offre même un bain de foule pour finir en apothéose un concert bien trop court pour un groupe si excellent musicalement. On regrette le manque de communication et de connexion de Patrick avec le public, la tâche ayant été apparemment laissée à Pete. A peine le temps d’être déjà en manque de Fall Out Boy et d’avoir la nette impression d’avoir assisté à un concert à part entière sans rien derrière que la scène change déjà pour laisser la place au trio américain le plus attendu cet été.

 

GREEN DAY

Pour celles et ceux n’ayant jamais assisté à un concert de Green Day, c’est toujours l’habituel « Bohemian Rhapsody » de Queen et « Blitzkrieg Pop » de The Ramones qui viennent ouvrir le bal avec le lapin rose au look de l’ère American Idiot s’improvisant chauffeur de salle pas tout à fait convié à l’événement. S’agit-il d’un membre du groupe ? De l’équipe technique du groupe ? Le mystère demeure encore total. Il est 21h56 quand « I Love Rock’n’Roll » de Joan Jett & The Blackhearts et « We Will Rock You » de Queen retentit avec des images d’archives de concert de Green Day, de son public et de mosh pit.

Pas de doute, ce soir on vient assister à un concert de rock pur et nul doute qu’on va en prendre plein la tête et plein les oreilles. « American Idiot » et « Holiday » viennent ouvrir les hostilités. Deux titres incontournables du répertoire de Billie Joe, Tre et Mike extraits de American Idiot. Le groupe lui-même n’a absolument rien perdu de sa superbe, de son look signature, et de son énergie débordante.

 

On a vraiment l’impression de voir Green Day il y a plusieurs années tant le tout sonne exactement comme au premier jour. Tradition oblige, une fan monte sur scène pour jouer quelques accords sur « Know Your Enemy » avant de se jeter à toute allure dans la fosse. Respect. « Boulevard Of Broken Dreams » vient faire halte à un début de set dopé au maximum illuminant la Défense Arena. Frissons et émotion garantis pour un titre si emblématique de la discographie du groupe…

Billie Joe ne lésine pas sur les « Eh, Oh » à faire chanter par le public, de jouer avec lui, interagir le plus possible avec lui. En véritable chef d’orchestre et showman, « Longview », « Welcome to Paradise » et « Hitchin’ a Ride » (avec l’intro de « Iron Man » de Black Sabbath ») se succèdent à une allure affolante. Changement d’écran avec un logo Green Day à la typographie du groupe Kiss pour jouer « Rock and Roll All Nite ». Kiss repris par Green Day, c’est que du bonheur et on apprécie vraiment d’entendre tous ces titres, même en intro, en bande-son, en extraits de quelques secondes de ces groupes cultes et précurseurs, ayant ouvert la voix à une nouvelle scène et génération rock. On sent que Green Day est reconnaissant envers eux et prend toujours autant de plaisir.

 

« Brain Stew », « St. Jimmy » sont joués pour le plus grand bonheur des fans de la première heure, puis « When I Come Around » (aux couleurs du drapeau ukrainien) ouvre une deuxième partie de set avec également « Waiting » et « 21 Guns ». Back to basics et retour aux sources avec les immanquables « Minority » « Basket  Case » et « King for a Day » venant combler les fans. Billie Joe vient présenter ces musiciens à tour de rôle pendant « Minority », on assiste à un super solo du plus cool des batteurs, Tre (oui, elle était facile) et un petit « Careless Whisper » de George Michael par Jason Freese, le saxophoniste.

Deux reprises sont jouées : une avec un fan à la guitare « Knowledge » d’Operation Ivy (groupe de ska punk US des 80’s), et « Shout » des Isley Brothers, Green Day faisant toujours de la place dans leurs sets parmi la myriade de leurs propres hits pour interpréter quelques covers savamment choisis. Deux chansons d’American Idiot viennent achever le concert avant le rappel « Wake Me Up When September Ends » et « Jesus of Suburbia ». Un véritable vent de nostalgie vient envahir une foule conquise. On a qu’un seul souhait : être de nouveau en 2005 et découvrir pour la première fois cet album si iconique et tout revivre depuis.

 

Une ultime chanson vient malheureusement mettre un terme à un concert et une tournée monstrueuse « Good Riddance » avec une petite dédicace pour Adrienne, la femme de Billie Joe, pour leur anniversaire de mariage. Ce dernier remercie sincèrement et chaleureusement le public, personne a envie de quitter la scène et la salle mais la Défense Arena finit par se vider avec, pour tous (on l’espère) la sensation d’avoir assister à un concert comme un autre, avec le sentiment d’avoir retrouvé des bons copains et d’avoir vécu un moment nécessaire, de s’être retrouvé un peu comme à la maison entouré d’une communauté qui nous ressemble, d’avoir partagé, en un peu moins de deux heures, plus de deux décennies de musique et de souvenirs avec ce set best-of qui restera gravé dans les mémoires pour longtemps.

On quitte la Défense sans savoir quand on aura du nouveau matériel du côté de Green Day, ni quand on pourra les revoir. Ce Hella Mega Tour était une véritable réussite à tous les niveaux et l’attente en valait largement la peine. Si c’était à refaire, ce serait sans hésiter mais pourquoi pas avec deux dates, histoire de doubler et démultiplier le plaisir et le bonheur.