THE RODS : Wild Dogs Unchained

THE RODS est un trio de power rock new-yorkais formé en 1980 et qui a su traverser les années avec brio. Comptant parmi les groupes vétérans actifs depuis 45 ans, ils n’ont, malgré de nombreux excellents albums, jamais vraiment percé auprès du grand public. Au fil des décennies, ils sont devenus un groupe culte. À ses débuts, le groupe était composé de deux leaders : David « Rock » Feinstein (guitare, chant), cousin de Ronnie James DIO (alors connu sous le nom de Ronald James Padavona), avec qui il a joué au sein d’ELF de 1967 à 1973 et enregistré un album ; et Carl Canedy (batterie, chant), accompagné du bassiste Steven Starmer, remplacé plus tard par Garry Bordonaro puis, plus récemment, par Freddy Villano. Leur son hard rock puissant est typique des années 80. À leurs débuts, tout semblait leur sourire : le groupe a rapidement été remarqué et signé par le label Arista Records, filiale de Sony Music. Entre 1980 et 1986, ils ont sorti cinq albums de qualité – The Rods, Wild Dogs, In the Raw Let Them Eat Metal et Heavier Than Thou – sans toutefois parvenir à percer véritablement. Ils ont néanmoins eu l’opportunité d’assurer les premières parties de JUDAS PRIEST, IRON MAIDEN, OZZY OSBOURNE en 1981, RAINBOW et DEF LEPPARD. THE RODS se sont séparés en 1987, avant de se reformer en 2011 et de sortir trois nouveaux albums : Vengeance (2011), Brotherhood of Metal (2019) et Rattle the Cage (2024).

Une chose est sûre : leur ascension est fulgurante, comme en témoigne leur excellent album Wild Dogs Unchained, sorti un an après Rattle the Cage. Ils y revisitent trois de leurs classiques : « Wild Dogs Unchained », « Make Me A Believer » et « Hurricane », ainsi que sept nouveaux titres, tous interprétés par la même formation. Leur tout premier single, « World On Fire », aurait sans aucun doute cartonné aux États-Unis s’il était sorti en 1980 ! Pour redécouvrir, ou faire découvrir aux jeunes auditeurs, ce groupe américain quelque peu oublié, notamment en France, quoi de mieux que d’en parler avec le fondateur des RODS en personne, David « Rock » Feinstein (guitare, chant) ? [Entretien réalisé par Zoom avec David « Rock » Feinstein (guitares/chant) par Pascal « heavy » Beaumont – Photos : DR]

->> Single « World on Fire » par THE RODS, extrait de l’album Wild Dogs Unchained (Massacre Records/2025)

Wild Dogs Unchained - THE RODS
THE RODS
Wild Dogs Unchained
Hard rock
Massacre Records

Un an et demi après Rattle The Cage (déjà paru chez Massacre Records), The Rods enchaîne les succès et nous proposent un Wild Dogs Unchained impressionnant, prouvant ainsi qu’ils sont dans une forme éblouissante, tout en sachant que David « Rock » Feinstein a tout de même 78 ans ! Ça commence très fort avec la chanson “Eyes of a Dreamer“ avec ces riffs puissants et lourds, son refrain accrocheur allié à une section rythmique imparable et son solo infernal. “Rock And Roll Fever“ s’avère plus rapide mais dans le même esprit. Son break basse/batterie suivi d’une accélération avec tout ce qu’il faut comme groove. Trois morceaux de la vieille époque sont alors revisités : “Wild Dogs Unchained“ (Wild Dogs – 1982) ; “Make Me A Believer“ (Heavier than thou – 1986) ; et “Hurricane“ (In The Raw – 1983). Ces trois morceaux revisités en mode 2025 nous présentent les Rods des années 80 bien plus énervés et heavy, oscillant entre hard rock et heavy metal, l’essence musicale de la formation. Une leçon de heavy metal old school ici comme on aimerait en recevoir plus souvent. L’influence de Rainbow et Deep Purple est palpable : “Run, Run, Run“, influence du début des années 70 une époque où David « Rock » Feinstein officiait déjà au coté de Ronnie James Dio, son cousin. Il lui rend d’ailleurs hommage dans le clip de “World On Fire“, le premier single. On a ainsi droit à une superbe balade heavy hard comme on les aime avec un solo dantesque à l’ancienne tout en feeling signé du cousin de Dio. Pas de doute, le bougre est bourré de talents même s’il n’a plus rien à prouver à son âge !! Quel solo !

Plus mélancolique, “Tears for the Innocent” n’est pas en reste dans le même esprit tout aussi majestueux, très mélodique porté par la voix inimitable de David « Rock » Feinstein. Pas de doute, The Rods avec cet opus se sont attachés à travailler les mélodies qui font que les morceaux sont plus accrocheurs notamment au niveau des refrains qui vous restent dans la tête. “Mirror Mirror”, “Time To Rock” et bien sur “World On Fire“ sont bonnement de pures réussites. Le trio new-yorkais n’a rien perdu de sa fougue mais a su au fil du temps se faire plus mélodique, l’évolution est notable en comparaison à leur tous premiers méfaits, c’est aussi certainement dû au travail effectué par Chris Collier (Last in Line, Ellefson-Soto, Metal Church) qui a mixé et masterisé ce onzième opus : Wild Dogs Unchained. Chapeau bas, messieurs ! Quelle bonne surprise vous nous faites, on en redemande ! [Pascal Beaumont]

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