TVINNA : Two – Wings Of Ember

Two – Wings Of Ember - TVINNA
TVINNA
Two – Wings Of Ember
Post folk/rock
By Norse Music

Tvinna, c’est avant tout la promesse d’unir deux mastodontes du pagan/folk actuel : Eluveitie et Faun, comme un super groupe faisant d’office référence. Malheureusement, celle-ci n’a pas tenu. Du line-up d’origine, il reste néanmoins Laura Fella, et Rafael Salzmann Fella. Elle, fait partie de ces voix enchanteresses de Faun, tandis que lui, il joue de la guitare dans Eluveitie depuis 2012. Si, dans les faits, One – In The Dark, sorti en 2021, s’inscrivait dans un style plus convenu et plus attendu, il suffit d’écouter une seule fois leur nouvel opus pour se rendre à l’évidence : Tvinna ne peut plus être qualifié aussi facilement de pagan/folk.

Ce second volet de leur histoire, Two – Wings Of Ember, axe sa créativité sur le post-rock/folk, l’expérimentation et la créativité, comme si la formation helvète partait ouvertement et sans réticence à la découverte de son style. La thématique se voue au prochain chapitre de l’existence humaine (l’enfance, la jeunesse), ainsi qu’à l’élément du feu. Place à la poésie avec l’ouverture de l’album sur le poème de Rainer Maria Rilke « Nénuphar », l’occasion pour la quatuor de plonger introspectivement vers la corolle du nénuphar, en français dans le texte. « Dawn Of Mine » révèle ensuite les subtilités que l’album verra éclore. Sur l’ode à la flamme « Louga », les fans d’Eluveitie apprécieront la belle voix de la frontwoman rousse Fabienne Erni au côté de Laura Fella malgré un certain formatage dans le schéma couplets/refrain. S’en suit une incantation amorcée par des percussions sur « Irwahhên ». Comme un éveil intérieur, ce morceau nous ramène à l’échelle du tout petit, partie d’un plus grand tout. On a même droit à un semblant de solo de guitare électrique. L’ensemble sonne résolument moderne.

Le merveilleux « Wings Of Ember » pousse au renoncement des liens sociaux mais aussi des démons intérieurs, des choses très contemporaines donc. Les expériences de lâcher-prise difficiles de « Two Staves » et de « The Fall » ferment l’album. L’intuition a la part belle dans l’écriture du groupe et nous ressentons ce modernisme éthéré, tout à fait singulier. Un bel opus qui tranche avec le folk metal traditionnel et les convenances, pour offrir une autre expérience : celle de Tvinna, tout simplement. [Marie Gazal]

Publicité

Publicité