WATAIN : Violent ecstasy

Seconde sortie majeure en ce premier semestre 2022 sur la scène black metal suédoise après le récent We Are The Apocalypse de Dark Funeral, voici donc The Agony & Ecstasy of Watain. Toujours menée par son frontman Erik Danielsson accompagné de ses sbires entre Uppsala et Stockholm, la horde démoniaque délivre un septième brûlot satanique plus inspiré que jamais, diversifiant sa bonne parole et n’hésitant pas à tenter d’innover malgré l’échec commercial de The Wild Hunt en 2013. Watain se nourrit à la fois de ses anciens albums plus classiques et unanimement reconnus, mais avec ce qu’il faut de nécessaire pour toujours essayer d’évoluer, signe d’un certain climax artistique retrouvé après deux ans de pandémie finalement salutaire. Découvrez notre interview de son chanteur et ne manquez pas sur YouTube leur concert sur Arte.tv le 26/04/22 !! [Entretien réalisé par Skype le 17/03/2022 avec Erik Danielsson (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

Tout d’abord, comment vas-tu Erik ?
Ça va, je te remercie Fred. Je vais bien même si je n’ai plus trop de voix actuellement… (sourires)

Oui, j’entends ça. Moi non plus à vrai dire en cette fin de journée. Aurais-tu trop chanté et imploré Satan ces derniers temps avec Watain, ou bien cela est dû aux nombreuses interviews accordées à la presse pour la sortie de votre nouvel album ? (rires)
Oui et non (rires). Je donne surtout beaucoup d’interviews en ce moment, mais c’est cool. Les concerts reprennent aussi, donc ça va, on ne se plaint pas trop…

Je te conseille de te faire un grog avec du thym, du miel, un zest de citron, bien chaud et ça repart, mais tu dois connaître la recette. Par contre, en alcool, mets-y plutôt du rhum que de la vodka car ce qui vient de Russie n’est plus trop la mode en ce moment… (rires teintés d’ironie)
Ah ah ! (rires) Je vois. En effet, mais avec du repos déjà, et en fumant moins de cannabis, ça devrait aller… (rires)

Tu sais, la première fois, que je t’ai rencontré, c’était pour l’album Lawless Darkness au festival Hellfest 2010. Tu avais alors entre tes mains la version vinyle en avant-première et tu me l’avais montré avec l’artwork signé d’un artiste polonais Zbigniew M Bielak, en collaboration pour le reste avec l’artiste français Valnoir… Puis il y eut l’album The Wild Hunt, suivi de Trident Wolf Eclipse pour lequel nous nous étions entretenus début 2018 justement. Et je ne t’ai pas revu depuis le concert parisien à La Maroquinerie en janvier 2018 pour ce précédent album Trident Wolf Eclipse. C’était la dernière fois. Te souviens-tu de ce concert en France ?
Ouais, je m’en souviens. Tout à fait. Ce fut un grand moment avec nos fans français.

Quel est ton état d’esprit actuellement quatre ans après la parution de Trident Wolf Eclipse donc, et ces deux dernières années de chômage technique pour cause de pandémie, et maintenant cette guerre sur notre continent européen ? Je présume que tu dois être excité, impatient de repartir sur les routes avec ce septième album studio The Agony & Ecstasy of Watain, mais peut-être aussi un peu anxieux ?
Je me ne sens bien en fait. Comme tu le dis, on a eu pas mal de temps finalement depuis notre précédent album de jouer en concert puis de se remettre à écrire et composer car je ne compose pas en tournée en général. Alors on a passé du temps parfois à faire autre chose, mais mis aussi à profit ce temps libre pour trouver l’inspiration, se ressourcer, et maintenant les choses ne peuvent qu’aller mieux après ce repos forcé. En fait, Trident Wolf Eclipse fut un album très sombre, alors que les choses sont plus claires désormais. Il y a comme une certaine évolution chez Watain à présent. J’étais pris comme dans une sorte de prison au niveau de mon état d’esprit. Je pense cependant que c’était intentionnel, on voulait continuer à explorer ce côté sombre toujours plus en profondeur. C’est ce que voulait le groupe, pris dans cet équilibre fait de chaos, de violence, et de choses plus mélodieuses. D’un autre côté, depuis cet album, on se sent comme libérés dans nos existences respectives, on revit, comme si on avait recouvré une certaine liberté artistique. D’ailleurs, je pense que cela peut s’entendre sur notre nouvel album.

Alors justement, j’aurai eu tendance à dire que le précédent album Trident Wolf Eclipse était assez classique, alors que le nouveau, The Agony & Ecstasy of Watain, sonne plus expérimental, plus mélodieux, comme si c’était le fruit de vos expérimentations passées faites sur The Wild Hunt et Wolf Trident Eclipse (et les précédents albums de Watain, bien sûr), qui n’avait pas spécialement été bien reçu et n’avait pas plus à certains fans à l’époque. Partages-tu mon avis ?
Je ne sais pas si je suis d’accord pour une fois… (sourires) Hum, non, en fait je dirai plutôt le contraire justement, Fred. (rires) Wolf Trident Eclipse était très sombre et plus osé, alors que sur le nouveau, il y a une évolution dans le sens où c’est un album assez classique de Watain. Je crois qu’il contient tous les éléments typiques attendus de Watain tout en y intégrant nettement et de loin une certaine évolution. Alors que Wolf Trident Eclipse était différent, dans le sens où il était moins diversifié, et plutôt direct, plus simpliste. Par exemple, si tu prends des extraits de nos anciens albums comme Casus Luciferi, ou Lawless Darkness, ou bien encore Sworn to the Dark, notre nouvel album The Agony & Ecstasy of Watain a bien plus d’éléments en commun avec ces derniers que Wolf Trident Eclipse

Honnêtement, j’ai probablement moins de recul que toi qui l’a écrit, composé, et enregistré il y a déjà quelques mois, alors que je ne l’ai découvert il y a seulement quelques jours (Ndlr : entretien réalisé le 17/03/22). Ce nouvel album m’a donc donné comme première impression d’être moins classique et plus mélodieux, plus accessible, mais avec bien sûr tous les ingrédients caractéristiques du black metal que joue Watain. C’est le cas tout spécialement à la fin de l’album par exemple, les deux derniers morceaux sont très atmosphériques, épiques mêmes, avec une chanteuse sur le titre « We Remain », comme vous aviez pu le faire sur The Wild Hunt, album qui ne fit pas l’unanimité auprès de vos fans en 2013…
Je comprends et vois ce que tu veux dire. La chanson « We Remain » est un morceau que je considère comme un passage qui nous fait aller sous l’eau, en immersion, comme pour s’enfermer dans une bulle de méditation spirituelle. Elle casse le reste de l’album et apporte un aspect dramatique à l’album dans ces ténèbres. Il y a beaucoup de puissance sur ce nouvel opus, tu sais. Bien sûr il y a des moments agressifs, sauvages, mais il y a aussi des passages plus atmosphériques, plus sophistiqués. Et je pense que justement « We Remain » apparaît comme une sorte de rêve, de méditation donc, et voilà pourquoi de nouveau je voulais une chanteuse sur cette chanson car il s’agit d’une déesse qui s’exprime dans les paroles. La voix que tu entends est celle de Farida Lemouchi. C’est comme une forme de prolongement de cette déesse à l’apparence humaine. Il fallait que cette voix féminine soit mise en valeur et souligne son intervention, que cela serve cette démarche dans son expression lyrique divine.

Et pourquoi elle précisément, Farida Lemouchi et non pas la chanteuse que l’on entendait déjà par exemple sur The Wild Hunt ?
Oui, il y a une forte connexion artistique, je dirai, entre Watain et son principal groupe The Devil’s Blood où elle chante, et ce depuis des années. Et puis il y a une forte amitié aussi entre nous. Mais il y a aussi ici une autre collaboration artistique avec In Solitude, un autre groupe suédois.

Ah oui, avec votre ancien guitariste live Gottfrid Åman, c’est bien ça ?
Exactement. C’est un très bon ami qui vit proche de nous. Il nous avait dépanné sur notre tournée américaine en 2014, de mémoire. Ici, il intervient sur le solo de guitare sur ce même morceau « We Remain ». Watain, The Devil’s Blood, et In Solitude sont donc vraiment des groupes étroitement liés. Et sur ce nouveau morceau, c’est une manière pour moi, de réunir notre relation entre ces trois entités et servir notre même but artistique, notre même vision. J’en suis ravi ici de cette illustration sonore.

Tu vis toujours du côté d’Uppsala en Suède ou bien tu es sur Stockholm dorénavant ?
Oui, je vis à Uppsala. Mais durant la pandémie, en fait, le noyau du groupe s’est éloigné dans la campagne en dehors d’Uppsala, dans la forêt, où l’on a établi notre espace pour travailler et se retrouver.

Quelle déception personnellement d’ailleurs la première fois que je me suis rendu à Uppsala pour visiter les tombeaux vikings sur les collines en banlieue, situés paradoxalement juste à côté d’une magnifique petite église catholique tout en pierres ! Et la région d’Uppsala est terriblement plate, hormis ces monticules, et pas de forêt tout près. Rien à voir donc avec la série Vikings diffusée sur History, puis Netflix ? (rires)
En effet ! (rires) Non c’est totalement différent de ce que l’on imagine. C’est de la fiction. Il faut s’éloigner davantage pour y trouver des forêts, mais pas de montage ici. De toute façon, il ne faut jamais croire ce que l’on voit à la télé… (rires)

Durant cette pandémie justement, cela t’a-t’il inspiré d’une certaine manière pour écrire et composer ce nouvel album et ainsi passer le temps en fin de compte ?
Eh bien, en fait, la seule différence est que l’on ne pouvait pas partir en tournée et se produire en concerts. Autrement, on continuait notre travail quotidien et c’était plus ou moins normal. On était même plutôt contents car pour une fois on pouvait faire autre chose et se consacrer à divers projets. Tu sais, depuis 2005, Watain est devenu notre unique priorité musicale et on a toujours des choses à faire avec Watain. Mais en plus de nos projets à droite à gauche, là, on s’est alors toujours vu régulièrement, en tant qu’amis et groupe, chaque semaine. Finalement ça ne changeait pas grand-chose. On a surtout eu l’opportunité de se retrouver personnellement, avoir plus de moments, d’espaces pour respirer chacun, afin de se ressourcer, retrouver une certaine créativité de son côté, et créer de nouvelles choses en attente. Donc au final, ça a plutôt un moment intéressant pour Watain et chacun de ses membres.

Quelques mots au passage sur la publication au format K7 de votre démo Corona Mortis en lien avec la pandémie sur laquelle vous repreniez étonnamment du Sepultura dessus ?
On a eu ce concert chez nous à Uppsala qui a été annulé à cause de l’épidémie de corona virus. Et suite à cette annulation, on a eu un coût assez important à supporter financièrement, donc on ne savait pas comment éponger cette dette et satisfaire aussi nos fans déçus. On a alors eu l’idée d’enregistrer et d’offrir cette démo à nos fans. On a tout fait nous-mêmes, en l’enregistrant dans notre propre home studio, on a imprimé la pochette, etc. On l’a sorti comme ça. Ainsi, on a pu récupérer un peu d’argent et garder aussi contact avec nos fans en leur offrant quelque chose de limité et de personnel, très artisanal, avec une communication directe auprès de nos fans.

Tu veux relancer le tape trading avec Watain alors en Suède comme il y a environ une trentaine ou quarantaine d’années à l’époque de Nihilist, puis Entombed, Unleashed, etc. ? (rires)
Oui, plus ou moins, ça revient même si ça reste marginal. J’aime bien. Tu sais, je suis moi-même un grand collectionneur de K7.

Mais pourquoi une reprise de Sepultura et non pas de Celtic Frost qui t’a toujours inspiré dans le black metal tout comme Bathory ?
Tu vois, jusqu’à présent, Celtic Frost fut l’un de mes groupes favoris mais malheureusement, il y a quelques années déjà, Tom G. Warrior est devenu une personne totalement folle, et imbu de lui-même, alors qu’il a se faire foutre maintenant…

Ok, désolé. Voilà une nouvelle surprenante. Je l’avais interviewé il y a encore deux ans pour son Requiem live avec Triptykon, et je l’avais trouvé toujours aussi égal à lui-même, froid et sincère.  Très bien.  Passons alors…
Attention, Celtic Frost fut génial avec nous et nous aidé, quand nous avions tourné en 2006 avec eux accompagnés de Kreator (puis Legion of The Damned), mais ça c’était vers 2006-2007. Longtemps ce fut de bons amis. Entre-temps Martin Eric Ain nous a quittés malheureusement. Et Tom nous a toujours soutenus, mais là c’est en est fini. Il est devenu fou et a dit plein de choses stupides sur sa page Facebook. Je l’ai contacté personnellement pour lui dire de retirer vite ses propos regrettables. C’était en rapport avec un cher ami disparu commun… (Ndlr : nous supposons ici peut-être Martin Eric Ain (R.I.P.)). Il n’a pas voulu retirer ses écrits sur internet et a insisté, en persistant dans sa connerie, donc tant pis.

A présent, peut-on revenir sur le titre de ce septième album : The Agony & Ecstasy of Watain ? Pourquoi le choix d’un tel titre antinomique qui semble à son écoute, en fin d’album, déboucher sur une sorte de climax ou de moment de plénitude ?
Disons que je vois ce nouvel album entier comme un moment de climax, oui. En fait, c’est crescendo. Tu vois ? Je vois l’album ainsi. Et ce titre convient bien car il est à la fois épique, et dramatique. Je veux tout ça avec une montée progressive pour atteindre et ressentir ce climax. Une chose importante à propos de ce titre est qu’il décrit ce sentiment d’agonie de manière spectrale, fantomatique, l’agonie nous entraîne dans les ténèbres, alors qu’à l’opposé, l’extase nous fait ressentir un sentiment d’euphorie, de joie. C’est le feu sacré, la communion avec les dieux en quelque sorte. Ces deux aspects, pas forcément contraires mais la plupart du temps, oui, ils le sont. Ils véhiculent des expressions différentes, complémentaires. Ce sont comme deux fenêtres ouvrant sur cette dualité extrême, c’est ce que tu peux donc entendre, je pense, sur ce nouvel album. C’est comme une charge magique d’émotions entre deux pôles électriques qui s’attirent et s’opposent… Voilà en gros le concept ici de Watain.

Je comprends mieux maintenant l’agencement du track-listing de l’album et son évolution tout du long, jusqu’à par exemple la chanson « We Remain » évoquée précédemment qui amène à cet état d’extase presque à la fin de The Agony & Ecstasy of Watain qui porte donc bien son nom.
C’est tout à fait ça. Merci.

Pour autant, dès le premier morceau, ça démarre sur les chapeaux de roue sur « Ectasies in Night Infinite » ! (rires) On entend ces riffs de guitare, la puissance qui s’en dégage, la batterie qui part sur un rythme enlevé dévastateur, et tes cris ! Du pur Watain en furie ! (rires)
J’aime bien quand un album de Watain commence comme cela, violemment, avant d’aller vers un certain extase. C’est un appel en quelque sorte. Il s’agit d’une chanson qui représente assez bien, du moins après plusieurs années d’absence, l’état d’esprit de Watain. C’est une ouverture des portes des ténèbres, comme une invocation, c’est direct. J’aime bien ça et je me dis que ça sera superbe en ouverture de nos prochains concerts et très intéressant à jouer live. On y retrouve tous les éléments typiques de Watain mais avec quelque chose de nouveau. L’énergie est électrique, c’est plutôt nouveau pour moi je trouve.

Au fait, est-ce toi qui assure toutes les parties de basse sur l’album en studio comme parfois, ou bien Alvaro Lillo et que l’on voit toujours avec vous sur scène en concert ?
Non, c’est Alvaro sur l’album.

Mais il ne vit pas au Chili ou bien il a enregistré ses parties de basse par internet ?
Non, on vit tous ensemble à environ vingt minutes les uns des autres d’Uppsala.

Au niveau des paroles, et ce qu’il en ressort, j’ai l’impression que n’est pas typiquement un disque sataniste, mais plus philosophique d’une certaine manière dans son approche, et presque ésotérique. Suis-je dans le vrai ? Qu’en dis-tu ?
Eh bien, tout provient en fait d’un point de vue satanique sur The Agony & Ecstasy of Watain. Mais les sujets en eux-mêmes ne sont pas seulement en effet strictement et simplement, traditionnellement, je dirai, satanistes. Il y en a, par exemple des chansons comme « Black Count », « Liber Grace », ou d’autres, qui sont directement liées au satanisme, mais d’autres morceaux proviennent de mes pensées plus personnelles, de visions qui occupent mon esprit, mais toujours d’un point de vue issu du satanisme.

C’est un album très personnel alors ?
Hum, non, même si chaque nouvel album est toujours très personnel et constitue une part de toi. Quand tu écris des chansons, il s’agit toujours d’un acte personnel que tu fais, où tu te livres. Et je n’écris de toute façon jamais de choses impersonnelles. En fait, j’écris tout le temps, depuis plus de vingt ans. Et plus du vis des choses, plus tu écris, et les idées naissent, avec des messages. Ce serait une honte si j’écrivais d’ailleurs toujours la même chose. Depuis l’âge de vingt ans environ j’écris des paroles régulièrement et je prends ça très sérieusement. Je fais vraiment l’effort et m’applique à cela tout autant que la musique qui va de pair.

Maintenant quelques rapides questions sur des morceaux qui m’ont interpellé. Tout d’abord le titre « Septentrion » très puissant. Y’a-t’il un éventuel clin d’œil ici à la chanson du même nom d’Abbath figurant sur son nouvel album Dread Reaver ? (sourires)
Ouais, j’ai appris ça aussi. (rires) C’est une totale coïncidence ! En plus, on va tourner ensemble sur la tournée européenne en fin d’année, en décembre prochain, il me semble, avec Tribulation. On passera d’ailleurs par plusieurs villes françaises : Lyon, Toulouse, Paris…

Mais quelle est du coup le sens de ta chanson « Septentrion » pour Watain ici ?
Alors, « Septen » correspond au chiffre « sept », car il s’agit là de notre septième album pour Watain ; et « Trion » est le trident original que l’on voit dans notre logos et pochettes. C’est le symbole de Watain par excellence. Voilà déjà la connexion directe avec ce mot pour ce titre. Sur cette chanson j’ai essayé de résumer tous les traits qui caractérisent tout Watain, tout ce que j’ai pu expérimenter à travers la musique de Watain et notre univers depuis vingt ans. Selon moi, il s’agit de l’une des meilleures chansons de ce nouvel album.

Et quel est donc ce « con » visé sur la chanson « Black Cunt » car j’ai immédiatement pensé à Count Christian « Varg » Vikernes, alias Count Ghrishnack de Burzum, parfois appelé aussi « Cunt » sur la scène black metal depuis les faits divers au sein de Mayhem en 1995… ?
Non, là ça veut dire « chatte » en français, tu sais ? (rires) (Ndlr : il le dit en français tout en s’en amusant). Et en fait « Black Cunt » est une chanson d’amour ici en quelque sorte, pour le diable, enfin sa version féminine… (Ndlr : Lucifer)

Avant de se quitter, je voulais te demander quelle était ton opinion au sujet de la scène black metal scandinave et tout particulièrement suédoise qui semble s’éteindre peu à peu sans véritable relève… ?
Watain a toujours été un peu à part sur la scène black metal suédoise, tu sais. Je me sens assez différent. Mais je comprends ce que tu veux dire en général à propos de la scène ici, et te rejoins. Il n’y a pas beaucoup de nouveaux groupes importants, mais pas mal de petites formations. On fait partie finalement des plus jeunes groupes parmi le reste de la scène apparue au début des années 90. D’un autre côté, c’est ce qui fait que Watain se situe un peu à part parmi les grands de la scène : Dark Funeral, Marduk, etc. On mène notre propre carrière, dans l’histoire du black metal, mais on est donc un peu à part. Je ne pense pas qu’il y ait d’autres groupes de notre génération dans la même situation. Les temps sont différents, et du coup, Watain a sa place et c’est intéressant d’être là où l’on est actuellement.

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