HEADCHARGER : Sway

Sway - HEADCHARGER
HEADCHARGER
Sway
Heavy rock/stoner metal
At(h)ome

Sway est donc le huitième et tant attendu album des Caennais, qui fêtent avec cette sortie leur vingt ans ans de carrière (et oui déjà !). Bien loin de tourner en rond, Headcharger est un groupe qui continue d’évoluer, pour mieux nous surprendre, et démontre à chaque sortie un talent de songwritting qui n’est plus à démontrer. Enregistrées au Swan Sound Studio par Guillaume Doussaud (Burning Heads, Cemented Minds…) et mixées par Alan Douches (Converge, Sepultura, Mastodon…) au studio West West Side Music, les dix nouvelles compositions sont le fruit du travail collaboratif et réfléchi du quintette qui a vu s’installer David Vallée (guitare et chœurs) et Antoine Cadot (batterie) voilà maintenant trois ans. Sur le premier morceau « Insane », qui rappelle un groupe comme Reuben (groupe anglais du début des années 2000 qui a notamment côtoyé un certain Hundred Reasons), avec une légère touche sombre et grungy à la Alice In Chains sur le refrain ou les parties plus calmes, on ressent bien quand même l’urgence d’en découdre. Et cerise sur le gâteau, Sébastien Pierre (chant) a de nouveau recours à des screams qu’on ne lui connaissait plus, suivis par une belle accalmie et un final des plus efficaces. « Wake Up And Run » se veut lui très dansant, avec un timbre de voix à la Gavin Rossdale (Bush), et un refrain imparable. L’apport des chœurs sur « Skip The Ground » rendent ce morceau encore plus savoureux, avec aussi (enfin, se diront les mauvaises langues) un solo de David Rocha (guitare). Vient le tour de « The Sand And The Sky », qui respire bon les années 90 (on pense à Stone Temple Pilots sur la mélodie), avec encore une fois des riffs lumineux, et agrémentés par ces fameux screams. On sent vraiment un frontman libéré sur l’ensemble de cet album ! Avec ce titre, on marche sur les traces de the « Metamorphosis » (Hexagram), certainement l’un des meilleurs morceaux de la discographie du combo normand.

Avec « Against The Storm », c’est le calme avant la tempête (jeu de mots facile !), puis on notera le gros taf de la section rythmique sur « This Can’t Be Mine » et ses superbes backing vocals hurlés, tandis que « Dance On Your Grave » qui vient durcir le ton en début de morceau, vite contrebalancé par un refrain radiophonique à souhait, ou comment faire la leçon pour qui voudrait écrire un hit…« A Good Hand » se démarque encore par un riff incisif, suivi par un « Broken Dreams » doté d’une envolée post rock surprenante mais trop courte. On aurait bien aimé que les musicos prolongent ce plaisir (alors pourquoi pas une nouvelle piste à explorer pour le futur ?). Enfin, « Obsessed », qui débute de manière acoustique, on lorgne encore du côté de Stone Temple Pilots mais avec le côté dépressif d’un Alice in Chains (écoutez au passage le dernier et excellent album solo du guitariste/chanteur Jerry Cantrell en interview dans METAL OBS ici), jusqu’à ce que le morceau explose dans une rage décuplée… Vous l’aurez compris, la part belle est donnée aux mélodies sur ce nouvel album, nombreuses et le plus souvent imparables, ainsi qu’à cette dualité instaurée par l’utilisation plus fréquente des screams. Alors nos cinq étoiles à cette revue sont donc amplement méritées, mais elles sont aussi attribuées pour l’ensemble de la carrière du groupe, qui a su rester fidèle à ses principes et braver les tempêtes pendant ces vingt années. À se demander si Headcharger est reconnu à sa juste valeur, c’est-à-dire comme l’une des meilleures formations de rock/metal français, tout simplement. [Sargento Garcia]


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