ALCATRAZ FESTIVAL : Live report @Courtrai (BE) du 7 au 10/08/2025

Cette année encore, l’Alcatraz Festival a affiché complet avant même d’ouvrir ses portes, récoltant près de 60 000 participants pour une édition record ! Rien d’étonnant au vu de l’affiche proposée en 2025, et ce, malgré la concurrence des festivals du même genre à cette période estivale… Mais allait-elle tenir toutes ses promesses ? Comme en 2024, le festival belge s’étalait sur quatre jours. Si à l’ouverture, l’affluence restait encore modeste, nul doute qu’elle prendra de l’ampleur encore dans les prochaines éditions, à l’image du Graspop, Motocultor, Hellfest, ou du Wacken Open Air, où l’on retrouvera, comme souvent, une bonne partie des mêmes têtes d’affiche, comme DIMMU BORGIR, MACHINE HEAD, NAILBOMB, FEAR FACTORY, KERRY KING, EXTREME, CANDLEMASS, EMPEROR, ou DARK ANGEL… [Reportage : texte et photos : Sante Broccolo ]

VENDREDI 08/10/2025

Pour nous, le vrai coup d’envoi s’est fait le deuxième jour, très sincèrement, avec Blaze Bayley. L’ex-chanteur d’Iron Maiden alterne chansons du répertoire de la Vierge de Fer auquel il contribua entre 1994 et 1999 (The X-Factor et Virtual XI), et compositions personnelles de ses nombreux albums solo dont l’excellent Silicon Messiah (2000). Fort de cette carrière en solitaire (entouré, bien sûr, d’excellents musiciens), le frontman chauve britannique possède l’expérience et surtout l’énergie communicative qui chauffe instantanément le public. Après, on aime ou pas le personnage, et son emprunte au sein d’Iron Maiden… C’est un grand débat que nous n’avons pas le temps aujourd’hui de lancer dans cette fête du metal dans tous ses genres en Belgique ce weekend.

BLAZE BAYLEY

Changement de décor sous la Swamp Tent avec nos amis de Chemicide. Signés sur le label français voisin Listenable Records, les thrashers expérimentés du Costa Rica ne font pas dans la dentelle avec leur cinquième manifeste Violence Prevails paru en début d’année 2025 (voir chronique et interview de son leader ici) : des riffs à la Slayer ou des premiers Megadeth sur une rythmique qui déboîte, une intensité constante, et une salle conquise. Pas de fioritures, mais une efficacité redoutable. On aime !

CHEMICIDE

Winterfylleth, déjà remarqué à Durbuy, confirme avec un set sous chapiteau qui alterne black metal rugueux et passages plus atmosphériques. Le groupe semble particulièrement à l’aise dans ce cadre intimiste.

WYNTERFYLLETH

Ambiance radicalement différente avec Wednesday 13 (voir notre entretien ici), qui balance un cocktail déjanté de horror punk et de glam rock. Succès immédiat. Mais le choc du jour viendra avec Me and That Man : Nergal (Behemoth) et sa bande plongent la tente dans une messe noire bluesy, entre folk et country maléfique héritée de Johnny Cash et Depêche Mode, mais en plus dark, bien évidemment avec le leader des maîtres du black/death metal polonais que sont Behemoth. Un moment marquant de ce side project très sérieux et qui détonnent en concerts.

ME AND THAT MAN

Place ensuite à la nostalgie avec notre pote Phil Campbell and the Bastard Sons qui revisitent Motörhead pour les cinquante ans de la formation. D’Iron Fist à Ace of Spades, tout y passe, et ça fait un bien fou !

PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS
Un des fils « bâtards » de CAMPBELL

Puis les vétérans américains de Dying Fetus ne faiblissent pas : leur death metal technique et brutal emprunt de grindcore hypnotise une Swamp Tent bondée. Dans un registre plus festif et amical, les nains transalpins de Wind Rose (en couverture de METAL OBS en sept-déc. 2024 et en interview vidéo sur METAL OBS TV ici) proposent leur power metal coloré et folklorique, efficace, mais un peu sage. Sympathique mais peu mieux faire, ou alors à voir dans d’autres conditions live.

DYING FETUS

Après cet évènement festif, nous avons droit à un évènement très rare sur les terres du Vieux-Continent : la grand-messe occulte d’Absu. La horde black metal américaine de Sir Proscriptor McGovern prend le relais et surprend agréablement par son intensité scénique. Enorme !

ABSU

La soirée monte encore d’un cran avec WASP. Blackie Lawless, en grande forme, ressuscite ses deux premiers albums avec une conviction qui emporte le public.

Puis vient du lourd encore, avec les mastodontes américains ou scandinaves : Mastodon, brillants de maîtrise malgré une brutalité apparente et l’absence, déjà, de Brent Hinds à la seconde guitare (R.I.P.) car il avait quitté le groupe d’Atlanta en début d’année ; le groupe culte de death metal suédois de Peter Tägtgren, Hypocrisy, qui revisite dix albums avec une énergie furieuse…

MASTODON
HYPOCRISY (Peter Tägtgren)
HYPOCRISY (Tomas Elofsson, également membre de BERZERKER LEGION)

Et Ministry, qui transforme l’Easi Arena en fournaise industrielle avec un set aussi violent que politique, toujours mené par son frontman qui délaissé la guitare depuis longtemps : Al Jourgensen, et dont on attend toujours une interview depuis son ranch d’Arizona pour parler du dernier album en date, The Squirrely Years Revisited (Cleopatra Rec. – 2025) qui n’en est pas vraiment puisqu’il s’agit d’un réenregistrement de ses débuts purement synthwave/new wave de l’album With Sympathy originellement paru en 1983…

MINISTRY

Enfin, clous et cartouchières de fin avec la clôture glaciale mais grandiose de l’artiste nordique bien connu Abbath (ex-Immortal), qui puise dans le répertoire de son précédent groupe culte de black metal, et ses trois albums solo pour offrir une conclusion d’une froideur impitoyable typique du genre musical norvégien. Le set est bien rôdé et cette fois, pas de grain de sable (son, lumières, etc.). Les festivaliers sont unanimes, cette première journée « officielle » restera comme l’une des plus réussies de ces dernières années du festival Alcatraz.

ABBATH

SAMEDI 09/08/2025

La troisième journée (mais seconde pour nous cette fois) débute en beauté avec la formation nord africaine que l’on voit un peu partout ces dernières années : Myrath. Première formation originaire de Tunisie signée sur un label metal, elle mêle heavy metal progressif et folk aux sonorités orientales, relevées par l’apparition, certes un peu clichée, d’une danseuse du ventre sur scène de temps à autre. Un dépaysement total qui séduit sans fausse note.

MYRATH
MYRATH

Puis, les Suédois d’Evergrey enchaînent avec un heavy power metal prog’ solide, comme à l’accoutumée, porté par une grande maîtrise vocale et instrumentale, notamment par son frontman et toujours aussi sympathique Tom S. Englund. Dommage cependant que le groupe de Göteborg semble parfois retenir ses chevaux…

EVERGREY

Place ensuite à Baest, le death metal danois qui monte. C’était d’ailleurs notre coup de cœur et album du mois d’août à METAL OBS cet été. Leur énergie brute et leur aisance scénique impressionnent, confirmant qu’ils jouent désormais dans la cour des grands.

BAEST

Le projet culte de thrashcore/indus Nailbomb de Max Cavalera était fort attendu : il rejoue Point Blank dans son intégralité avec une agressivité intacte, malheureusement sans Alex Newport (Fudge Tunnel, Red Love). Pas de nostalgie, mais un pur moment de rage, avec l’un de ses fils à côté. Nous les reverrons avec la même set list et même show identique une semaine à peine plus tard au festival Motocultor où ils nous feront mordre la poussière… (voir notre live report 1ère partie ici).

NAILBOMB (nouveau line-up 2025)
NAILBOMB (mais avec toujours Max Cavalera !)

Les Polonais de Vader imposent leur brutalité et revisitent sept albums sans faiblir. Une leçon de blackened death qui ne laisse aucun répit.


Puis arrive la reine et ex-chanteuse de Warlock : Doro. Fidèle à elle-même, la frontwoman de heavy metal allemand ne réinvente rien mais offre un set généreux et fédérateur comme d’habitude. Le public venu en nombre chante, applaudit, et repart ravi.

DORO

The Black Dahlia Murder dissipe les doutes après la disparition de Trevor Strnad : le groupe livre un set furieux, porté par des guitares brillantes et un chant inspiré. Une résurrection scénique.

THE BLACK DAHLIA MURDER

Avec Candlemass, le tempo ralentit mais la lourdeur des riffs écrase littéralement la foule. Les classiques doom extraits notamment de leur chef d’œuvre Epicus Doomicus Metallicus résonnent avec une puissance hypnotique comme si nous étions encore en 1986, avec la voix unique du sexagénaire Johan Langquist (notre interview toujours disponible ici à propos du EP Black Star en 2025). Tout bonnement magique !

CANDLEMASS

En clôture, Avatar mise sur son charismatique frontman Johannes Eckerström. Le show démarre fort, théâtral et puissant, mais des silences trop longs entre les morceaux cassent un peu l’élan du show. Dommage.

Heureusement, la véritable apothéose du jour viendra des Américains Obituary. Le légendaire groupe de death metal de Tampa domine son sujet, écrase tout sur son passage et embarque la foule comme un seul homme. Pour beaucoup, la meilleure prestation du festival !

OBITUARY (John Tardy)
OBITUARY (Terry Butler)

DIMANCHE 10/08/2025

Live report (suite & fin) à venir…

Rendez-vous l’an prochain, Alcatraz et merci encore pour cette belle fête metal en Belgique !!

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