CHEMICIDE : Violence Prevails

Violence Prevails - CHEMICIDE
CHEMICIDE
Violence Prevails
Thrash metal
Listenable Records

L’Amérique du Sud ou centrale regorge en général de formations metal plus énervées que jamais (et il y a souvent de quoi, vu la misère et les injustices qui y règnent…), avec souvent cette grinta qui leur est caractéristique, héritant des efforts qu’accomplirent les désormais retraités Brésiliens de Sepultura dans les années 1980/1990. Officiant du côté de Costa Rica depuis bon nombre d’années, voici le cas de Chemicide qui propose un thrash metal crossover influencé par les pères fondateurs du thrash US de la Bay Area, mais avec cette touche particulière évoquée précédemment. Leur cinquième déflagration se nomme Violence Prevails et paraît chez Listenable Records, un label français bien connu par chez nous. Ce choix de prime abord semble plutôt étonnant mais nous avons eu les explications avec son sympathique chanteur/guitariste Frankie dans notre entretien réalisé ci-après (voir en bas de cette page). Côté musique, Violent Prevails envoie du lourd et démontre, s’il en fallait encore la preuve, tout le sérieux et le professionnalisme du quatuor de San José fondé en 2008. Il faut dire que leur précédent album Common Sense avait permis de changer de division en 2022, recueillant alors de beaux retours sur la scène metal internationale.

Dès l’intro de « Do As I Say » par un sample d’une voix futuriste, ça groove et ça tabasse à la batterie sur une rhytmique bien heavy, puis les chevaux sont lâchés. Direction le thrash de la Bay Area, entre Exodus, Forbidden et Testament. Le tempo est à présent speed, et sur des riffs furieux et incisifs, son leader s’exclame avec une voix rappelant les premiers Metallica, en plus grave cependant. Et un premier solo de guitare survient, simple, tout en shredding. Place ensuite au terrible « Red Giant » avec son rythme à contre-temps en intro, puis, sur un rythme mid-tempo plus classique, ça commence sérieusement déjà à s’échauffer. Ce contre-temps revient et laisse place au milieu du morceau à un break mortel, bien lourd et sous fonds de guitares menaçantes et déchirantes, l’ambiance s’assombrit, puis ça repart au galop. Là encore, de bons leads se font attendre. Sur « Systemic Decay », comment ici ne pas penser à Megadeth et à un album comme The System Has Failed ? Son riff froid d’entrée ainsi que l’aspect dystopique des paroles de ce morceau en font sans aucun doute un futur hymne du groupe costaricain, avec son riff principal sur le refrain.

Nous pourrions ensuite citer le très heavy « Parasite », très menaçant, avec la basse vrombissante de leur nouvelle recrue qui apporte beaucoup de groove sur les nouvelles compositions. Et que dire de l’énorme chanson-titre « Violence Prevails » qui attaque d’emblée avec le batteur qui martèle ses fûts comme un diable, n’ayant rien à envier à un Paul Bostaph (Slayer, ex-Testament, ex-Forbidden…), et ses terribles mosh parts suivies de leads éclairs à la guitare. Dans la même veine, figure aussi « Chokehold » qui aurait pu être le nom d’un titre du répertoire des désormais retraités Sepultura, grande source d’inspiration pour Chemicide, comme nous l’a confié son leader Frankie en interview… (voir ci-dessous) Tiens, en parlant de la légende brésilienne qui permit de faire alors connaître le metal des pays émergeants à la fin des années 80/début 90, le riff d’intro plus lent de « Prey of Failure » puise sans surprise dans les meilleurs riffs de la période Beneath The Remains /Arise de Sepultura, ce qui ravira les fans orphelins. « Supremacy » avec sa superbe ouverture à la guitare acoustique rappelle les origines hispaniques du combo, permettant une petite respiration. Il s’achève sur un groove terrible. Enfin, en bonus, telles deux cerises sur le gâteau, Chemicide reprend sans peur et sans reproche « 72 Seasons » du dernier album du même nom de Metallica. avec une patte heavy/speed/thrash qui colle parfaitement à leur registre. Là encore, Chemicide ne cache nullement son amour pour les Four Horsemen… Enfin une reprise punk d’un groupe local qui leur tient à cœur sur « Hear Nothing, Say Nothing » rappelle que le punk vient du mélange du heavy metal et du punk rock. Energique à souhait, cela vous donne une pêche pour toute la journée et risque fort de faire bouger les pits du monde entier alors que le public thrash metal tend à vieillir et rester statique en concert de nos jours.

Très clairement, avec Violence Prevails, Chemicide pourrait donc bien prendre une belle place entre les vétérans Exodus, Testament, Forbidden, Overkill, Anthrax, voire même les grands-pères de Metallica et des semi-retraités de Slayer, mais voilà, la concurrence est rude sur la planète du revival thrash. Et cette nouvelle génération des groupes de seconde division fourmille tellement sur internet de nouveaux talents chaque jour qu’elle ne permet plus à notre époque un tel succès comme les leaders du genre l’ont connu autrefois dans les années 80. [Seigneur Fred]

->> Retrouvez notre interview de CHEMICIDE ci-dessous en vidéo avec son guitariste/chanteur Frankie

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