Avec déjà pas moins de sept albums à son actif, les Américains de Palatine (Illinois) n’ont pas vraiment chômé depuis leur arrivée sur la scène metal deathcore pourtant bien encombre ces derniers années. Mêlant technicité au service de l’émotion avec des influences djent et parfois progressives, ils récidivent avec Through Shadows, un opus singulier très soigné et accrocheur, relativement technique, et plutôt réussi au final. Celui-ci est paru le 11/07/2025 chez Sumerian Records. Refusant actuellement les interviews en vidéo, nous avons alors essayé de tirer les vers du nez de son chanteur pour en savoir plus sur cette dernière livraison. Et il faut dire qu’en la matière, on a connu plus prolixe… [Entretien réalisé avec Ronnie Canizaro (chant) par Seigneur Fred & Nel666 – Photos : DR]

Tout d’abord, revenons aux origines du groupe, à sa création. Pourquoi avoir choisi BORN OF OSIRIS ?
À l’origine, nous nous appelions Rosecrance, mais lorsque nous avons signé chez Sumerian Records, le label n’a pas apprécié ce nom. Nous avons opté pour Born of Osiris, un nom qui évoque l’Égypte, comme Sumerian. À l’origine, nous devions nous appeler « Born from Osiris », mais nous avons trouvé que « Born of Osiris » sonnait plus cool.
Avec ce nom BORN OF OSIRIS, la mythologie égyptienne vous intéresse-t-elle, voire vous inspire-t-elle, pour votre musique, ou pas du tout ? C’était un choix juste comme point de départ du projet ?
Dans une certaine mesure, je dirais que oui. En fait, nous avons intégré le thème égyptien dans presque tous les aspects du groupe, y compris notre musique, nos produits dérivés, etc.
Vous êtes une formation très importante depuis des années déjà, BORN OF OSIRIS ayant été fondé en 2007 dans l’Illinois à la suite de plusieurs projets successifs. Auriez-vous aimé faire quelque chose différemment ? Avez-vous toujours confiance en ce que vous faites aujourd’hui ?
Pas vraiment… J’aime la tournure que prennent les choses ! Certes, nous avons eu quelques contretemps, mais c’est la vie. Finalement, tout semble s’être bien passé jusqu’à présent, et je suis optimiste pour l’avenir.
Pouvez-vous nous en dire plus sur le sujet de cet album Through Shadows, s’il-vous-plaît ?
En résumé, Through Shadows parle de surmonter ses propres adversités…
Pourquoi avoir choisi ce titre d’album justement : Through Shadows ? L’avez-vous choisi avant d’écrire la chanson « Through Shadows » ?
Nous avons d’abord écrit la chanson, puis nous avons choisi le nom de l’album, tout simplement !
Après six albums, où trouvez-vous encore la motivation suffisante pour créer et vous renouveler dans vos sonorités à chaque nouvel enregistrement ?
Nous aimons faire de la musique. C’est dans notre sang. La motivation est innée en nous.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre travail en coulisses ?
Eh bien, en général, un des membres du groupe compose une chanson et nous, les autres, intervenons dessus et faisons des recommandations pour l’améliorer.
Vers la fin de l’album, sur le morceau « Activated », vous avez invité Spencer Chamberlain (Ndlr : chanteur du groupe américain UNDEROATH). Pourquoi ce choix ?
Parce qu’il est légendaire !!
Une tournée approche à grand pas et vous êtes en plein dans les préparatifs…. Est-ce important pour vous de tourner et de jouer sur scène ? Ou êtes-vous plutôt des nerds du studio ?
Nous sommes clairement un groupe live ! Cependant, on adore aussi le studio. Mais jouer en live est le meilleur aspect de notre carrière.
Côté matériel, est-ce que certains membres du groupe ont des contrats de guitariste, comme Sean Long (WHILE SHE SLEEPS) par exemple ?
Nous sommes sponsorisés par Kiesel Guitars. C’est une marque incroyable et ils fabriquent les meilleures guitares.
En 2021, votre précédent album s’appelait Angel ou Alien. Êtes-vous intéressés par les films de science-fiction, comme Alien ? Si oui, vous inspirez-vous de films pour vos compositions ou vos clips ? Et que pensez-vous du dernier film d’ailleurs : Alien : Romulus ; et aussi de la nouvelle série télévisée qui débarque bientôt Alien : Earth ?
Nous sommes, bien sûr, intéressés et même passionnés par les films de science-fiction, mais ce n’est pas notre principale source d’inspiration. Alien : Romulus était génial ! Par contre, je n’ai pas encore vu Alien : Earth, mais ça arrive bientôt, je crois ! (sourires)
Parmi la bouillonnante scène metalcore, il est parfois difficile de s’extirper de la masse tant celle celle-ci est saturée, et ce, dans tous les sens du terme. Comme dans tout, il y a les leaders du genre, et les suiveurs. Fondé en 2007 à Palatine (Illinois), ce combo américain qui a connu plusieurs patronymes à ses débuts a évolué vers des sonorités plus djent et progressives au fil des albums. Fidèle au label Sumerian Records, leur dernière parution, Through Shadows, s’avère une petite pépite en la matière, et succède avec brio à Angel or Alien sorti en 2021. Si visiblement le line-up est passé violemment de quatre à trois musiciens très récemment, il n’empêche que du chaos est né ce septième effort longue durée très réussi. Celui sonne très personnel, tant sur le plan lyrique et son approche thématique (avec par exemple le sujet du dépassement de soi, etc.), que musicale. On y trouve ainsi diverses influences bien senties, avec un travail soigné sur les compositions et des arrangements aux petits oignons, à commencer par les claviers et diverses touches électros omniprésentes de nos jours dans le metalcore moderne. Il n’y a qu’à écouter le dansant « Elevate » ou la chanson-titre au refrain tout bonnement imparable. Cela peut rappeler parfois d’autres Anglo-Saxons, les Australiens de Voyager sur les parties les plus progressives. Mais nos gars de Chicago savent faire parler la poudre avec des morceaux in your face comme l’introductif « Seppuku » ou un peu plus loin l’énorme « Inverno ». Clairement, on constate que le groupe est vraiment énervé (« The War That You Are ») et a globalement durcit le ton ici. On notera le duo avec le chanteur incontournable d’Underoath, Spencer Chamberlain, pour un rendu intéressant, sans non plus trop de prise de risque sur ce coup-là. D’ailleurs, Born Of Osiris et son chanteur Ronnie Canizaro ne sont pas peu fiers de cette collaboration, considérant Spencer comme l’un des maîtres vocalistes du genre (lire notre interview ci-dessus). En résumé, vous ne pouvez pas outre cette nouvelle bombe très mature et pointue des Yankees de Born Of Osiris cet été. Vous ne serez point déçus si vous les suivez depuis longtemps ou même que vous les découvriez seulement maintenant. Mieux vaut tard que jamais !! A voir en live quand ils passeront nous voir sur le Vieux Continent à présent. [Seigneur Fred]

Publicité