Centinex fait partie de cette génération de groupes de death metal scandinave, et plus précisément suédois ici, apparue au début des années 1990, au côté des Nihilist dont le split donna naissance à Entombed et Unleashed, mais aussi Dismember, Grave, sans oublier l’école de Göteborg avec les At The Gates, In Flames, Dark Tranquillity et autres Gardenian. Le dernier rescapé de cette période au sein du line-up de Centinex est le guitariste Martin Schulman, qui a connu tous les nombreux changements de personnel depuis 1990. On aurait presque besoin d’un annuaire pour s’y retrouver ! Sauf pour la batterie où là c’était simple car sur les premiers enregistrements, pour la petite histoire, longtemps fut crédité un(e) certain(e) Kalimaa, sauf que c’était une machine programmée par ordinateur sur les albums… En lien, on peut aussi dire que Centinex est un groupe qui a fortement évolué avec les années (25 ans…), n’hésitant pas à prendre des risques musicaux. Avec un tel groupe, un petit historique paraît salutaire. Personnellement, nous avons en mémoire particulièrement la période « Evil death », avec le guitariste Wiklund accompagnant Schulman, et la présence du chanteur Matthias Lamppu : Subconscious Lobotomy (1992), Malleus Maleficarum (1996), albums au death rouleau compresseur, aux blasts terribles, vocaux profonds, breaks lourds brises nuques ! En 1997, l’album Reflections offrait une parenthèse black death plus introspective, au son acide plus aérien, glaçant, mais… à l’attaque toujours violente. Une référence qui commence à dater. A la charnière, Reborn Through Flames (1998) entame une ouverture vers un death plus aéré, plus speed et mélodique avec une place plus importante laissée aux solis. Enfin, à partir de Hell Brigade (2000 – cet album gardant une certaine emphase froide pour ce qui le concerne), le groupe va entamer la mutation plus thrash, pour les uns, plus death rock pour les autres… Bref, Centinex semblera à son tour emporté par une vague ayant emmener avant eux Entombed, Unleashed et d’autres, de plus en plus loin du old school. La longue existence de Centinex à travers le death metal semble les mener de plus en plus vers la lumière du jour, après les caves poisseuses des années 1990. Bon, n’y allons pas par quatre chemins, surtout pas par celui de la main gauche (en référence ici à Left Hand Path), l’écoute de ce With Guts and Glory en 2025 peut paraître déroutante pour les fans les plus anciens !
Les quatre premiers morceaux disposent indéniablement de supers riffs, mais semblant s’essouffler sur la distance, et les vocaux caverneux s’éclaircissant. L’influence du vieux punk/thrash, avec ses cavalcades, survient alors sur « Your Religion dies tonight », voire le fantôme du vieux Slayer qui est ici convoqué (« I’am the way »). « A Masterpiece in Flesh » est même quasi power metal 1980, par instant. Sur le titre « In my Dreams », on remarque un riff d’entame faisant presque penser à l’antédiluvien Unleashed de « Across the Open Sea », avec son gros break thrash/death en milieu de morceau. Les deux derniers titres de l’album sont encore plus foncièrement thrash, plus rentre dedans… mais toujours avec cette impression de moteur semblant manquer de gasoil, …en fin de course, ça tousse. Nos gaillards veulent tout simplement se faire plaisir en refaisant surface de temps à autre avant que le bateau coule définitivement ?
Au bilan, cette dernière offrande de Centinex s’avère compliquer à évaluée, et le résultat est globalement décevant. Si la démarche est sincère en ne surfant pas sur le deathcore bien tendance (pas du « jump metal » ici), il suite avec peine le mouvement death n’ roll dont le train a quitté la gare depuis longtemps… ? Nous aurions plus l’impression d’une résurgence souterraine de « cavalcades » thrash 1980-90, de plus en plus affleurantes, chez Centinex, or là aussi, cela a déjà été fait par eux, et par d’autres, et en plus inspiré. Et même en restant au milieu du fleuve noir du death metal, le bateau peut avoir quelques voies d’eau par endroit. La majorité des morceaux se trouvent entre 3 et 3,30 minutes, une certaine urgence du propos… Mouais, un bon format pour ne pas « lasser » on va dire, « électriser » ou réveiller les esprits…, oui, mais pas pour « construire ». Pourquoi pas… Mais avec le temps, Centinex semble de plus en plus méconnaissable, limite à changer de nom. A écouter pour les bons riffs que servent sans problème ces respectables briscards de la scène scandinave, le parfum vieux thrash des morceaux, avec au final une appréciation, certes, bienveillante, mais brouillée pour nous. Si vous voulez du bon death ou thrash suédois à la fois old school et plus frais, ruez-vous plutôt sur leurs jeunes compatriotes d’IMPURITY avec leur death tronçonneuse à la suédoise (interview ici) ou bien le nouveau phénomène thrash HOSTILIA qui ouvre en ce moment sur la tournée de The Haunted cet automne 2025 après s’être fait remarquer en première partie de Dismember !! Et là, vous risquez de prendre davantage votre pied car la relève est assurée (interview et chronique à venir très bientôt sur metalobs.com et notre chaîne YouTube METAL OBS TV !!). [Morbidou]

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