DYMYTRY PARADOX : Born From Chaos

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Dymytry Paradox, qui s’appelait jusqu’en 2020 Dymytry, n’est pas véritablement un nouveau groupe de metalcore venant d’émerger sur la scène internationale. Il s’agit en fait d’un combo tchèque formé en 2003 à Prague par Jiří « Dymo » Urban, fils de Jiří Urban, fondateur d’Arakain. Il se distingue par son style musical qu’il qualifie de psy-core, un mélange de metal moderne et de metalcore, groovy et mélodique, ainsi que par ses performances scéniques où les membres portent des masques, conçus par le Théâtre national tchèque. Une originalité relative (vingt-sept après l’explosion du phénomène américain de Slipknot, puis Mudvayne, etc.) mais avec pas moins de neuf opus au compteur tout de même, mais voilà, la plupart interprété en tchèque et limité à leur République. Alors pour s’exporter à l’international, place au recrutement d’un nouveau chanteur (allemand) et un, puis deux albums en anglais cette fois. 2023 voit alors l’arrivée du crooner masqué Al Paradox à la suite du départ de Jan « Protheus » Macků qui passa dix-huit ans au sein de Dymytry Paradox. Et voici leur nouvel album, Born From Chaos qui fait suite donc à Five Angry Men paru en 2024, comme nous l’a expliqué et savamment défendu avec assurance son nouveau chanteur. Une véritable découverte ! [Entretien réalisé par Zoom avec AI Paradox (chant) par Pascal « AI » Beaumont & Seigneur Fred – Photos : DR]

->> Single « Red Sky Remains » par DYMYTRY PARADOX, extrait de l’album Born From Chaos (Reaper Entertainment)

Born From Chaos - DYMYTRY PARADOX
DYMYTRY PARADOX
Born From Chaos
Alternative/groove metalcore
Reaper Entertainment

Ce qui frappe de toute évidence en découvrant Born From The Chaos, le nouvel opus de la version, dirons-nous, internationale du groupe à l’origine tchèque Paradox (rebaptisée pour l’occasion Dymytry Paradox), c’est que l’on est face désormais à une avalanche de mélodies vocales plus somptueuses les unes que les autres, habillées par un metal moderne et groovy. Ceci est dû au précieux recrutement du chanteur allemand Al Paradox (que nous avons eu la chance d’interviewer). D’emblée, avec on est plongé avec “Red Sky Remains“ dans ce nouvel univers bien loin du metalcore habituel pour un premier single qui est clairement une réussite ! Ce qui surprend le plus, c’est cette voix grave d’AI Paradox, à la fois très puissante et mélodique, qui rend le refrain immédiatement entêtant. Son timbre se rapproche étrangement à celui du fameux chanteur britannique Seal, en version ici plutôt new metal cependant… D’ailleurs, tous les titres sont ainsi très catchy avec un refrain imparable qui vous accroche, tout en restant très heavy (« War Beneath My Skin », « Reignite Me », autre single qui fait mouche). C’est bien sûr extrêmement calibré pour la radio ou MTV, sauf qu’on n’est plus dans les années 1990/2000. Parfois, là où l’on s’attendait à des titres foncièrement plus heavy et vener à la Slipknot ou Mudvayne, eh bien pas du tout ! C’est aussi là où le bas blesse finalement car on aimerait alors que ça décolle davantage.

C’est ici que se trouve la force du combo proposé des morceaux très heavy mais aussi très accrocheur voir poppy sur les chorus. Ici on navigue entre de nombreuses influences que ce soit du nu-metal “War Beneath My Skin“, metalcore, heavy metal, et même des influences alternatives ou industrielles “Oxygen Is Not Included“ et son chant un rappé surprend mais vous envoute d’emblée. Julian Breucker qui a produit l’album apporte ce côté moderne qui s’allie parfaitement avec les neuf compositions solidement proposées ici ! Elles sont généralement fortement influencées par la science-fiction (« Reignite Me », tubesque à souhait), ou le monde post-apocalyptique (“Red Sky Remains“) comme on peut le voir dans leurs vidéo clips tous très sophistiqués. Que dire du superbe “Sun Of A Broken God“ et son clip magnifique tourné dans une cathédrale ? Bien évidemment, les masques et les costumes sont un plus non négligeables, même si très souvent utilisés ces vingt-cinq dernières années, mais l’esthétique est ici au service de la musique, à l’image d’Al Paradox et sa mâchoire dantesque qui se rapproche là encore de Slipknot ou Mushroomhead…

Mais Dymytry Paradox, c’est aussi un monde futuriste à part entière qui vous tend les bras, prêt à vous happer sans aucun espoir de retour. Car après avoir écouté ces neuf titres, on a qu’une envie, c’est y revenir et découvrir tout ça en live (ils ont déjà joué au Hellfest en 2025). Le très speed « Empire Of The Fallen » avec son intro trompeuse et son refrain très décalé mais toujours accrocheur tout comme “Born From The Chaos“ ou “Overmind“ dans le même esprit. Le tout se conclut avec « Grave With No Name », titre très ambiant et personnel (nous confera son chanteur masqué) avec une guitare acoustique et toujours cette voix angoissante et versatile, véritable force de l’album, qui s’adapte à chaque fois. Un morceau lent, prenant, avec toujours un refrain incroyable. Pas de doute, Born From The Chaos est une franche réussite et il n’y a aucune chanson à jeter, pas ou peu de remplissage, l’excellence à l’état pur même si l’on aurait aimer plus d’agressivité par moment. Un seul regret également : neuf morceaux, c’est court heureusement mais il nous reste les huit autres albums de (Dymytry) Paradox pour finir de se rassasier. [Pascal « AI » Beaumont]

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