FESTIVAL WACKEN OPEN AIR : Live report @Schleswig-Holstein (DE) du 04/08/2022 au 06/08/2022

Sur l’autoroute à environ 400 km de Wacken, à la simple vue de notre autocollant W.O.A. (Wacken Open Air), on se fait déjà klaxonner. Dès ce moment, nous prenons conscience de la déferlante musicale qui submerge ce village allemand de Schleswig-Holstein qui devient alors la capitale mondiale du metal durant seulement quelques jours. Cette année, le festival compte pas moins de 13 scènes dont une dans le café à l’entrée du village où tant Phil Campbell que Thundermother y joueront un second concert, et l’église qui, cette fois, accueille Metaklapa,, une chorale chantant a capella et avec beaucoup d’à propos des grands succès du metal. Mais dorénavant, le plaisir durera à l’avenir quatre jours… [Live report : texte et photos par Sante Broccolo]

Certains groupes seront ignorés à Wacken (ex : Arch Enemy) dans la mesure où ils joueront à Alcatraz (Belgique) la semaine suivante et nous les reverrons. De toute façon, il est impossible de tout voir en même temps. Le premier jour, plus court car ajouté il y a seulement quelques mois, proposait Epica qui donna un concert attendu, musicalement bon mais d’une originalité limitée. L’attente se concentre alors essentiellement sur Avantasia de Tobias Sammet qui donne un spectacle vocal et musical de haute qualité. Tout y est : la rythmique, les guitares peu avares en soli et bien évidemment les différentes voix ; un seul problème, on sent une certaine obsession de la perfection. Pendant ce concert, le chanteur d’Edguy annonce que le festival passera dorénavant à 4 jours.

Simone Simons (EPICA)

Le lendemain, une visite de scènes plus petites nous donne l’occasion de voir des formations comme Repliquae qui chante en allemand et qui démontre également que cette langue convient particulièrement bien à certains styles de rock et de metal au cas où l’on en douterait encore, et le public est au rendez-vous. Thundermother met les fans d’accord avec son énergie habituelle. Alors qu’il joue à domicile, Udo nous semble apathique et a tendance à freiner les morceaux alors que les musiciens eux assurent ! C’est dans ce contexte que la basse de Fitty Wienhold, qui imprimait un certain rythme, manque. Dommage, et cruel lorsque l’on compare cette prestation avec celle d’Accept !

Udo Dirkschneider (UDO)
Thundermother
Thundermother

La programmation réserve une surprise de taille avec un show court mais très abouti d’Amon Amarth visant à présenter leur tout nouvel album The Great Heathen Army (Metal Blade Rec.). Le public est conquis et fait, par son enthousiasme, un sérieux appel du pied pour que le groupe suédois soit au programme l’an prochain. Mercyful Fate débarque alors et nous donne un spectacle musical époustouflant. Accompagné par un Hank Schermann au sommet de son art, King Diamond apparaît très à l’aise et se dissipe moins dans des scènes plus fantaisistes. C’est alors que The Priest is back! En fait, est-ce The Priest ou Richie Faulkner qui prend de plus en plus de place dans le groupe Judas Priest ? Bon show surtout grâce aux anciens morceaux cultes !

Mercyful Fate
Mercyful Fate
Mercyful Fate

Le troisième jour repart de plus belle avec Kadavar, Lacuna Coil et Clutch qui offrent chacun une prestation de qualité dans leur style propre, à savoir guitare hard rock seventies à tout venant pour Kadavar, puissance vocale et musicale pour les Milanais de Lacuna Coil, et rock qui fait du bien là où il passe pour Clutch

Kadavar
Lacuna Coil
Lacuna Coil
Lacuna Coil

Ensuite, In Extremo nous régale avec ses instruments atypiques donnent une sonorité folk metal si spéciale. Usant de sa prestance, Micha (chant) met le public allemand dans sa poche. En revenant de la fosse, on voit tous ses gens chantonnant les paroles… Impressionnant ! Idem avec Hämaton qui offre un spectacle plus fantaisiste mais là aussi c’est soutenu et cela sonne bien. Slipknot par l’intermédiaire de Corey Taylor ne peut cacher son bonheur de jouer enfin à Wacken, qui plus est en tant que tête d’affiche. Peut-être était-il trop heureux et le combo américain avait-il laissé une partie de son agressivité légendaire au vestiaire ? Dommage pour le public !

In Extremo
In Extremo

Arrive déjà le dernier jour, qui offre une belle surprise : Orden Ogan. Ayant déjà vu ce groupe à Alcatrazz où il nous avait laissé une impression mitigée, sa prestation allemande ici a été bien plus aboutie musicalement et a recueilli un succès populaire mérité. Sur les scènes plus modestes, d’autres surprises nous y attendent également. Attic, dont le chanteur est la réincarnation de King Diamond, nous joue un set soutenu, ne laissant aucune minute de répit.

Que dire de Hate dont le nom résume à lui seul l’orientation musicale des Polonais (black/death metal redoutable). Rien à redire sur la qualité musicale du quatuor mené de main de maître par Atf Sinner qui nous avait parlé l’an dernier de son dernier brûlot Rugia (Metal Blade Rec.). Aucun regret. On redescend alors d’un ton avec Brian Downey’s Alive And Dangerous ; pour avoir vu pratiquement le même concert avec Thin Lizzy (Phil Lynott, Brian Robertson et Steve Gorham et Brian Robertson), on n’est pas loin du set original !

Arrive alors l’explosion du jour avec Infected Rain qui met le feu aux poudres parmi l’audience. En quelques mois, ce groupe moldave, déjà expérimenté et auteur de quatre albums dont Ecdysis (Napalm Rec.) pour lequel nous avions interviewés le groupe début 2022, a vraiment évolué, passant à la vitesse supérieure. Sa chanteuse Elena « Scissorhands » Cataraga met le feu, et les guitares le répandent à tout le public. Excellent concert !! Sur la route vers la scène Faster où Lordi doit apparaître, on s’arrête quelque peu devant la fin du concert de Haggard où les voix et instruments multiples attirent  un public de connaisseurs conquis.

Infected Rain

Sans Infected Rain, sûr que l’on se serait arrêté davantage. Le festival touche à sa fin avec la prestation de Lordi égal à lui-même. Qu’ils jouent à l’Eurovision ou en concert ou à Wacken, il nous assène de leur hard rock traditionnel sous leur look accrocheur.

W.O.A. se termine, la tête pleine d’images, de souvenirs et d’étoiles dans les yeux. À peine 24 heures après la fin du dernier concert, tous les tickets de l’édition suivante sont déjà vendus. Comment expliquer cet engouement ? Pas par l’affiche qui n’est pas beaucoup plus riche que d’autres festivals européens mais bien par l‘organisation fantastique que ce soit à l’intérieur comme à l’extérieur du site, et surtout par l’esprit Wacken qui crée un état d’esprit propre spécifique à ce festival allemand, et ce, dès l’entrée du village. L’agressivité de la musique contraste avec l’esprit bon enfant des personnes présentes. De toute façon, l’objectif général est que tout soit plaisir au festival. A faire une fois dans sa vie, rien que pour cela. [Sante Broccolo]

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