Deux ans après leurs dernières aventures à travers les galaxies, les membres de Gloryhammer poursuivent leur voyage surfant sur la scène power metal avec Space 1993 : Wrath of Kor-Virliath leur très attendu cinquième album qui marque la confirmation de l’intégration de Sozos Michael (Angus McFife V) arrivé en 2021 et lui permet de développer tout son talent de vocaliste et de marquer de son empreinte les nouvelles compositions. Le chanteur devant faire ses preuves face à une communauté de fans particulièrement exigeante, ce disque confirme aussi la stabilité de la formation après les changements de line-up survenu au fil des années. Entre fidélité absolue aux codes du power metal et velléités de renouvellement sonore, l’interrogation était grande quant à la poursuite de leur carrière après Return to the Kingdom of Fife (2023). La réponse ici avec notre invité, le chanteur chypriote Angus McFife V ! [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Sozos Michael alias « Angus McFife V « (chant) par Pascal « Sledgehammer » Beaumont – Photo : DR]

Si le chanteur chypriote Sozos Michael, alias « Angus McFife V », arrivé en 2021 au sein du groupe britanico-américain, devait faire ses preuves face à une communauté de fans particulièrement exigeante, ce cinquième opus de GLORYHAMMER confirme d’emblée son professionnalisme ainsi que la stabilité de la formation après les changements de line-up survenus au fil des ans… Entre fidélité absolue aux codes du power metal et velléités de renouvellement sonore, l’interrogation était grande quant à la poursuite de leur carrière après Return to the Kingdom of Fife (2023). Et le moins que l’on puisse dire c’est que Gloryhammer accomplit un véritable coup de maître conceptuel sur Space 1993 : Wrath of Kor-Virliath. La formation nous délivre un véritable space opéra métallique qui n’est autre qu’une séquelle, onze ans après, du mythique Space 1992 : Rise of the Chaos Wizards. Un nouveau voyage symphonique donc dans l’immensité du cosmos qui s’avère être un savant mélange de power metal ultra-efficace, de grandiloquence symphonique (forcément), et d’un second degré à toute épreuve !
Space 1993 : Wrath of Kor-Virliath s’ouvre sur l’introduction cinématique traditionnelle avec “Ultra Portam Astralem“, qui nous plonge dans la détresse cosmique. Très vite, le voyage temporel d’Angus McFife V se matérialise à travers une production massive signée Jacob Hansen (PYRAMAZE, son propre groupe, mais aussi ARCH ENEMY, ABORTED, ACOD, DELAIN, DEADLOCK, etc.). Un pari ici : celui de fusionner l’efficacité de ses refrains power metal habituels avec des nappes de synthétiseurs vintage hyper typées « années 1990 », et surprise bienvenue avec de franches incursions thrash metal…
“Ultimate Sacrifice“ est le premier véritable single, ce titre introduit directement le nœud de l’intrigue avec la menace du Dieu Ancien Kor-Virliath. La rythmique s’accélère, portée par des riffs massifs et des orchestrations plus sombres qui nous embarquent dans l’ambiance de GLORYHAMMER, le tout accompagné d’un clip animé somptueux et dynamique réalisé par Alex Henderson. Les visuels kitsch de science-fiction rétro-futuristes se mêlent parfaitement à l’intensité de la chanson, un dessin animé qui nous transporte dans les années 90, un monde alors sans internet (ou à ses balbutiements) ! Le texte évoque l’ouverture des portes de l’enfer cosmique par le sorcier noir et la nécessité d’un sacrifice ultime pour empêcher le réveil de Kor-Virliath, le dieu ancien du chaos…
“On a Quest for Aberdeen (2025)“ pose ensuite les bases narratives de l’histoire. Musicalement, on y retrouve le power metal héroïque et ultra-mélodique propre au combo international, marqué par des envolées vocales impériales de Sozos Michael (alias « Angus McFife V »). D’ailleurs, le visuel illustre le point de départ de l’histoire, un Angus %cfife V dévasté découvrant les ruines de Space Dundee juste après les événements de l’album Space 1992, amorçant son voyage désespéré vers la forteresse dorée d’Aberdeen (en Ecosse, ou bien la ville originaire de Kurt Cobain près de Seattle ? Non, on est ici dans le pur heroic fantasy qu’ils manient à merveille.
Puis on découvre le single “Die with a Sword in My Hand“ qui est avant tout un hymne power metal brut et guerrier au refrain taillé pour la scène. Le titre combine là encore l’efficacité d’un heavy metal traditionnel à l’ancienne avec des nappes de synthétiseurs très typées « années 90 », fidèles au concept temporel ! La vidéo met en scène GLOYHAMMER dans ses armures intergalactiques, mêlant humour au second degré et combats chorégraphiés de manière théâtrale. Pas de doute, “Ultimate Sacrifice“ ainsi que “Die with a Sword in My Hand“ s’imposent comme des classiques instantanés, équilibrant la virtuosité vocale impériale de Sozos Michael avec des riffs acérés et des structures rythmiques d’une efficacité redoutable.
“Warriors of Auchtermuchty “ fait l’objet d’un autre nouveau single et certainement le plus déjanté. C’est sur ce morceau ultra-rapide où GLORYHAMMER s’amuse d’avoir battu le record du monde du plus grand nombre de fois où le mot « Auchtermuchty » est prononcé. Les influences thrash et synth-rock y explosent joyeusement, délivrant une véritable énergie punk/thrash survoltée et addictive. Le clip filmé en prise de vue réelle (live-action) est totalement délirant et montre le recul de la formation sur ces histoires très kitch qu’ils proposent sans jamais se prendre au sérieux ! On y voit les « Deathlords of Crail » et le Grandmaster Proletious ordonner la retraite face à la puissance absurde des Guerriers d’Auchtermuchty. Bref, tout un concept si l’on prend, un temps soit peu, la peine de s’y plonger.
Ce qui élève Space 1993 (…) au-delà du simple album de (power) metal, c’est la cohérence absolue entre la musique et les clips vidéo. À travers l’animation de “Ultimate Sacrifice“ ou les combats kitchs en prise de vue réelle de “Warriors of Auchtermuchty“, le groupe a disséminé les indices d’un scénario tragique. En faisant voyager Angus McFife V vers le passé (en 1993) plutôt que vers le futur, GLORYHAMMER piège ses héros dans un paradoxe temporel sombre où les Chevaliers de Crail sont corrompus et où les technologies spatiales doivent être réinventées avec les moyens de l’époque (écrans cathodiques et cuivre). Le storytelling est brillant de second degré mais d’une rigueur implacable, il faut se laisse envouter par ce concept qui peux rappeler certains jeux vidéo !
“Demonic Devotion“ est une chanson très accrocheuse presque dansante avec des envolées vocales et un clavier omniprésent faisant penser aux dernières exactions de nos amis teutons de DOMINUM (interview 2026 ici). Idem pour “Hammer Of Fate“ : du très bon power addictif à souhait. Tout converge enfin vers la piste finale de treize minutes “The Celestial Warhost of the Dundonian Empire Marches to Space Against the Dark Sorcerer: Final Assault on Battlemoon X-22“. Rien que ça, ouff ! Véritable pavé épique et monumental divisé en quatre chapitres, ce morceau totalise tout le génie dramatique de GLORYHAMMER, alternant chœurs grandioses, cassures rythmiques et un final orchestral à couper le souffle qui nous entraine à travers la musique dans une vision cinématographique à travers des cartoons toujours très réussis ! La pièce maitresse de cet opus, sans le moindre d’un doute !
Dix ans après le séminal Space 1992 : Rise of the Chaos Wizards, Gloryhammer accomplit un véritable coup de maître conceptuel avec Space 1993 : Wrath of Kor-Virliath.La formation de power metal intergalactique livre ici son œuvre la plus dense, la plus théâtrale, mais aussi la plus audacieuse sur le plan musical. Space 1993 : Wrath of Kor-Virliath s’avère donc une immense réussite et confirme la suprématie de GLORYHAMMER dans le paysage du power metal. En refusant de simplement recycler la formule de leurs précédents opus, le groupe embrasse pleinement son concept « rétro-futuriste des années 90 » pour enrichir sa musique d’influences synth-rock et thrash particulièrement rafraîchissantes. Cette cinquième galette studio parvient à accomplir un grand écart parfait, il est à la fois techniquement irréprochable, narrativement captivant pour les fans de sci-fi, et profondément amusant. GLORYHAMMER signe ici l’un des blockbusters metal incontournables de cette année 2026, prouvant que l’on peut porter des armures en plastique et de fausses épées laser tout en délivrant une musique d’une qualité artistique phénoménale avec une musique véritablement contagieuse.
En fin de compte, Space 1993 : Wrath of Kor-Virliath s’impose comme une nouvelle réussite insolente dans la discographie des Américan-britanniques. Sans jamais trahir sa formule magique, un savant mélange de power metal ultra-efficace, de grandiloquence symphonique et d’un second degré à toute épreuve, nos amis prouvent qu’ils maîtrisent leur univers narratif et musical sur le bout des doigts. Si les détracteurs du genre pointaient du doigt une recette prévisible, les fans de la première heure et les amateurs de refrains spatiaux y trouveraient leur compte pour les dix prochaines années-lumière. Un album épique, jubilatoire et définitivement cosmique, qui confirme que personne ne manie le marteau laser avec autant de panache. [Pascal « space cowboy » Beaumont]

Publicité