HOSTILIA : Face The Fire

Attention, jeunes talents !!! Encore une fois, un nouveau nom de groupe à retenir : HOSTILIA, et il nous vient de Suède, plus précisément de Göteborg. Ces jeunes musiciens pratiquent le thrash metal, et ont lancé leur groupe en 2021. Ils ont déjà sorti deux EPs (Atomic Thunder ; All the Blood Spilt EP – The Top Floor Live Sessions). En octobre 2025, HOSTILIA a sorti son premier album studio, Face The Fire ( @hammerheartrecords ) qui est une véritable tuerie de thrash old mais pas que ! Ils insufflent un vent de fraîcheur à leurs évidentes influences made in Bay Area, comme METALLICA et les premiers EXODUS, pour des morceaux percutants et finement composés. Et ça tient plus que la route et envoie du lourd ! Nous avons donc fait connaissance en discutant avec ces jeunes Suédois afin de parler de la naissance du groupe, de cette première galette réussie, de leur tournée européenne avec THE HAUNTED… [Entretien réalisé par Zoom avec Wille Lindeblad (guitare) et Tim Angelini (chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]

–> Single « Shadow people » par HOSTILIA, extrait de leur album Face The Fire (Hammerheart Records)

Face The Fire - HOSTILIA
HOSTILIA
Face The Fire
Thrash metal
Century Media Records

Fondé seulement en 2021 dans un garage familial de Stockholm, déjà auteur de deux EP’s remarqués dans l’underground, et repéré par un certain Gene Simmons (Kiss) lors d’une invitation lancée au jeune guitariste Wille Lindeblad qui n’en revient toujours pas, Hostilia a déjà tout pour réussir sur la scène thrash metal actuelle, malgré la saturation du genre qui connaît un renouveau, tant sur Vieux Continent qu’outre-Atlantique. Généralement, celle-ci est plutôt orientée crossover, avec des influences hardcore/power violence. Pour le cas de nos jeunes Suédois, c’est différent de la tendance actuelle. Ils s’inspirent clairement du vieux rétro thrash à Papa de l’école de la Bay Area, Metallica, Exodus, Forbidden et Vio-lence en tête, mais pas que… Et ce qui surprend d’emblée, c’est la maturité des compositions, plus complexes qu’il n’y parait. Si « Power Out » s’ouvre sur une intro assez classique, le riffing vous scotche déjà rapidement, et l’énergie est au rendez-vous. C’est précis, percutant, avec un son relativement simple et authentique, pas de chichis ici.

Et le plus chez Hostilia réside dans la relative diversité intrinsèque des compositions (l’exemple parfait de la chanson-titre « Face The Fire », « P.T.D. »). C’est à la fois rentre-dedans, sans fioritures comme le disait plus haut, assez technique par moment, et on est jamais à l’abri d’un break inattendu, des changements de rythmes en veux-tu, en voilà, et surtout des riffs plutôt variés en fin de compte, ce qui fait tout le charme de leur thrash. Les soli de la paire Wille/Peter font également des étincelles sur leurs six cordes. Bien souvent placés au milieu ou fin des chansons, ils sont assez classiques et pourtant, ils sont appréciés et dégagent quelque chose. On est aussi un peu surpris par moment par l’accentuation des passages heavy, donnant une réelle férocité aux chansons, comme sur « Lord of Lies » rappelant Metallica, ou bien « Bones Collector », où l’on pourrait penser à leurs compatriotes disparus des radars : Raise Hell, qui comme eux, provoquèrent un petit sursaut sur la scène scandinave il y a vingt-cinq ans. Et sur l’intro d’un morceau joué en arpèges comme « Shadow People », comment ne pas penser indubitablement à un mix des Four Horsemen et de Machine Head (pressenti à ses débuts comme les futures Metallica d’ailleurs) ? On ne leur en veut pas, il y a ici de très bonnes influences, et c’est tant mieux !

L’autre élément, c’est la voix et la folie du chanteur Tim, qui, si sa voix est loin d’être la meilleure du circuit (après tout, Tom Araya ou Dave Mustaine n’ont jamais été de grands chanteurs par leur timbre peu mélodieux et pas souvent juste), fait son petit effet. Il braille, s’époumone comme un diable, essaie plein de choses, et côté live, il ne s’économise pas, sautillant sur scène, avec une fougue, ce qui est souvent le gros point noir des vieux chanteurs de thrash actuels relativement statiques sur scène, hormis certaines légendes bien établies, et encore (Testament, Anthrax, Heathen, Vio-lence, Forbidden…). Il y a donc là une marge de progression chez le vocaliste, mais qu’importe pour l’heure, du moment qu’on ait l’ivresse. Notons la présence d’un avant-dernier titre instrumental (« The Storm »), assez reposant, avant un final explosif sur « The Domino Effect ». En fait, tous ces ingrédients superbement agencés, agrémentés de quelques imperfections avec leur charme, contribuent finalement à la qualité de ce seulement premier album, on le rappelle, donc on imagine la marge de progression si nos cinq chevelus continuent à être autant inspirés. Et les deux EP’s ont servi de brouillons avant de premier LP.

Pas convaincus ? Il n’y a qu’à prendre le temps d’écouter entièrement Face The Fire, et nul doute que vous viendrez à taper du pied à un moment donné. Et quand on sait que THE HAUNTED les a pris sous son aile en tournée européenne à l’automne 2025 pour ouvrir en première partie leurs concerts, c’est plutôt de bon augure ! [Seigneur Fred]

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