Les Liégeois qui affichent une belle régularité depuis leurs débuts en 2014 (2 Ep et 4 longs formats) reviennent avec un cinquième LP au titre trompeur et toujours porté par le label indépendant français Vicious Circle Records. C’est en toute décontraction que nous avons pu échanger avec deux des membres du trio, dont la générosité et la bonne humeur sont toujours bonnes à prendre en ces temps sombres et mouvementés… [Entretien vidéo réalisé par Zoom avec Michaël Goffard (chant, guitare) et Elliot Stassen (basse, choeurs) par Norman « Sargento » Garcia – Photos : Titouan Massé]
Le précédent album de nos voisins belges, le bien nommé et décomplexé Mouche, avait déjà bien secoué la scène noise indie rock en 2023 et avait donc été salué comme il se doit par la presse spécialisée. C’est donc avec un mélange d’excitation et de curiosité que nous avons écouté pour la toute première fois la nouvelle offrande de IT IT ANITA. Et sur ce coup-ci, la curiosité n’est pas un si mauvais vilain défaut que ça !! Il y avait déjà bien eu le premier single « Cassowary » pour nous rassurer en fin d’année dernière, histoire aussi de nous faire patienter jusqu’à la sortie de ce nouveau méfait, et ce morceau était de bon augure… !
Même si des groupes cultes en la matière, comme SONIC YOUTH, FUGAZI ou PAVEMENT, sont souvent cités comme principales influences du groupe (ce n’est pas forcément ce qu’ils pensent !), les Floridiens de TORCHE avec leur son massif pourraient l’être aussi, ainsi que nombreuses influences des nineties. HI HI HA HA se veut ainsi moins fun et plus sombre et abrasif que son prédécesseur, même si l’humour et le second degré du combo belge sont toujours prégnants. Le propos est toujours acerbe et les sujets de société continuent à alimenter les textes des Liégeois : le masculinisme nocif avec « Bimb », l’artificialisation des paysages via « »Modern Architecture », le culte du corps pour « Beef Up », et plus généralement ce sentiment de véritable fossé entre les politiques et la classe populaire. Encore une fois enregistré et mixé par Amaury Sauvé, encore lui (BIRDS IN ROW, RED SUN AMATACA), et masterisé par Thibault Chaumont au Deviant Lab, ce nouvel album est un condensé de titres (seulement huit, notre seule déception) aussi addictifs que jouissifs, avec en premier lieu un « Lion Tamer » qui monte doucement en puissance et une fin orientée shoegaze/post-rock, et un « Modern Architecture » frontal et virulent ! Avec IT IT ANITA, le noise rock et l’indie rock alternatif ont de bons jours devant eux ! [Norman « Sargento » Garcia]

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