On ne présente plus KREATOR, l’un des 4 grands groupes cultes de thrash metal allemand depuis 1984 (au côté de SODOM, DESTRUCTION, et TANKARD) !!! On pourrait même remonter à 1982, avec ses tout débuts sous les noms de TYRANT, puis METAL MILLITIA, TORMENTOR, et enfin KREATOR. Le 16/01/2026 sort leur 16ème album studio (!!) et second album studio pour notre ami et compatriote français, le bassiste (mais aussi guitariste) Frédéric Leclercq (également connu pour ses anciennes collaborations avec HEAVENLY, puis DRAGONFORCE, et actuelles avec son bébé SINSAENUM, AMAHIRU et LOUDBLAST, bien sûr !). Quatre ans à peine après sa participation à l’album Hate Über Alles ( @NuclearBlastRecords -2022), nous l’avons cuisiné virtuellement à l’heure du petit déjeuner autour d’un café pour tout savoir sur Krushers Of The World, leur nouvelle bombe thrash !! Merci à Fred d’avoir joué le jeu ainsi de bon matin. [Entretien réalisé par Zoom de bon matin avec Frédéric Leclercq (basse) par Seigneur Fred – Photos : DR]
Qui aurait pu croire que quarante-quatre ans après sa sa toute première création à Essen dans ce qui était alors l’Allemagne de l’ouest, Kreator (connu au départ sous le nom de Tormentor) soit toujours au firmament de la scène thrash européenne en 2026 ? Alors , bien sûr, la sauvagerie et le côté evil des trois premiers opus – et du mini LP culte Flag of Hate – ne sont plus de mise et nombreux thrashers ne se reconnaissent plus forcément dans l’évolution du groupe (surtout après la période Renewal – Endorama, mais ça c’est rentrer dans un débat sans fin…), les expérimentations des années 90 de Mille Petrozza n’ayant pas plus à tout le monde, mais son leader l’assume parfaitement. Il serait malhonnête de ne pas reconnaitre que leur retour à un thrash metal rentre-dedans (par nature), certes plus mélodique, avec Violent Revolution redonna au groupe un véritable statut culte au début des années 2000. Car culte (ou plutôt Kulte, ici, pourrions-nous écrire), Kreator l’était dans les années 80, où il a influencé nombre de formations européennes, notamment en France. Demandez à Alex Colin-Tocquaine (AGRESSOR, TTT…) ce qu’il pense des galettes telles qu’Endless Pain ou Pleasure to Kill, par exemple…

Depuis quarante-quatre ans donc, la bande de Mille Petrozza et Ventor, duo indissociable et socle du Kreator originel – même si le batteur Ventor s’éloigna durant deux ans – assisté par le guitariste Sami Yli-Sirniö (des excellents Waltari), offre à ses fans à chaque nouvel album ce qu’ils sont en droit d’attendre, à savoir un florilège de riffs thrash hargneux et mélodiques à la fois, un chant toujours aussi agressif et des ruptures de tons fréquentes au niveau du rythme. Qui plus est, Kreator demeure une machine de guerre en concert, une valeur sûre pour tous les festivals metal de la planète et au final, le meilleur représentant du Big 3 teuton, ses compares étant les terribles et actuels Sodom (même si Tom Angel Ripper nous a confié stoppe les concerts, voir notre interview ici) et Destruction (là aussi, retrouvez notre interview de Schmier en 2025 ici). Alors que vaut donc Krushers Of The World, le nouvel opus qui sort ce mois de janvier de l’an 2026 ? Pour faire court, Kreator fait ce que fait Kreator depuis 2001, sans chercher à prendre de risques inutiles comme dans le passé, sans chercher à forcément surprendre, mais sans transiger sur la qualité des chansons pour autant. Car si , oui, on n’entendra plus sur album des brûlots comme « Riot of Violence », « Under the Guillotine » ou « Total Death », Petrozza n’a pas encore l’intention d’adoucir sa musique et les dix titres du disque ne font aucunement dans la dentelle. Et l’apport du jeu de basse de notre cher compatriote Frederic Leclerc (Sinsaenum, Loudblast, ex-Dragonforce, ex-Heavenly) renforce encore cette impression de brutalité . Il sait se faire entendre et impose discrètement sa patte, moins cependant que chez Loudblast.
Du morceau d’ouverture , « Seven Serpents » (et son intro tout en guitares entremêlées) à celui de clôture , « Loyal to the grave », on est emporté par un tourbillon de violence mêlé de passages mélodiques très travaillés, de duels de twin guitares hautement recommandables, , le tout porté par la voix de Mille, reconnaissable entre toutes et le jeu de batterie toujours excellent de Ventor (un musicien très sous estimé selon votre serviteur et qui va même s’offrir des parties plus rapides qu’à l’accoutumée sur « Barbarians » ou « Psychotic Imperator »). Alors point d’évolution chez Kreator ? En fait si, car certains titres se permettent quelques audaces musicales : des choeurs sur « Seven Serpents » « Loyal to the Grave » (dont le refrain fait très hymne Power Metal) et « Psychotic Imperator », un refrain bien catchy sur « Satanic Anarchy » ou le morceau éponyme, la participation vocale de Britta Görtz (Hiraes) qui se permet le luxe d’être plus brutale que Mille sur « Tränenpalast » (le morceau s’inspire du film culte de Dario Argento « Suspiria », que les fans de films d’épouvante transalpins connaissent bien , le groupe reprenant son célèbre thème dans l’introduction ). En fin de compte, chaque titre délivre son petit lot de surprise , même si oui, la formule établie depuis plusieurs albums n’évolue que peu. Mais une fois encore, est-ce si important ? Certains groupes expérimentent toute leur carrière, d’autres préfères jouer une relative sécurité. Mais est-ce blâmable ? Regardez AC/DC dans un genre plus calme mais finalement tout aussi traditionnel…
Évidemment , Kreator jouit des énormes moyens de Nuclear Blast, ce qui lui permet une production béton de Jens Bogren au Fascination Street Studios en banlieue de Stockholm, et une pochette superbe signée Zbigniew Biela (qui a déjà réalisé des artworks pour Ghost notamment) reprenant quelques éléments visuels de Coma of Souls, l’EP Out Of The Dark… les couleurs d’Outcast ou Pleasure to Kill. Un très beau visuel qu’on admirera d’autant plus sur une pochette vinyle tant les détails peuvent vous absorber durant des heures , sans oublier une promotion digne d’un blockbusters !! A l’heure où le titan teuton s’apprête à partir en tournée avec Exodus, Carcass et Nails (si c’est pas de l’affiche !!!!!), leur seizième opus vient donc à point pour rappeler que la révolution thrash entamée il y a plus de quarante ans n’est pas prêt de s’éteindre !! Thrash’em all !!! [David St Amour]
->> Single « Tränenpalast » (featuring Britta Görtz / HIRAES), extrait de l’album Krushers Of The World (Nuclear Blast)

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