MARKO HIETALA : Roses From The Deep

Roses From The Deep - MARKO HIETALA
MARKO HIETALA
Roses From The Deep
Hard rock
Nuclear Blast

Si certains d’entre nous s’attendaient davantage à un véritable onzième album studio de Tarot suite à la reformation du principal groupe de Marko Hietala depuis les années 80 (et oui, le monsieur n’est plus un jeune premier !) avec son frère, malheureusement malade, ce n’est ici pas le cas. Le célèbre ex-bassiste et chanteur finnois de Nightwish a décidé de battre le fer tant qu’il est chaud en son nom, et il a bien raison. Auréolé de succès en 2019/2020 avec son premier effort solo Mustan Sydämen Rovio, d’abord sorti chez lui dans une version finlandaise, puis en anglais en 2020 avec le label Nuclear Blast, il surfe ainsi avec Roses From The Deep sur cette vague positive, lui qui souffrait (et souffre encore) de dépression comme il nous l’a confié avec grande sincérité à la caméra lors de notre récent entretien au sujet de ce second album en solitaire.

Enfin en solitaire, le bonhomme au sourire malicieux a su s’entourer d’un line-up solide, ne se fixant aucune limite, que ce soit dans le format des chansons (souvent au-dessus des 5 minutes), ou leur style musical, délivrant ainsi un disque riche et varié démontrant tout son talent mais sans prétention. Chaque chanson possède son propre style, son âme, sans pour autant que l’ensemble ne sonne trop patchwork.

Les fans de Nightwish ne seront pas déboussolés (« Left on Mars » featuring son ancienne collègue Tarja Turunen, dont le vidéo clip a été filmé en Espagne où furent tournés de célèbres westerns spaghetti), ni les fans de Tarot d’ailleurs. Des chansons typées heavy metal et épique sauront vous entraîner dans l’univers imaginaire de Marko Hietala (« Dragon Must Die » aux faux airs de Blind Guardian vs Tarot) où bien souvent se cache un message personnel ou une métaphore, le tout avec poésie). Il n’hésite pas non plus à flirter avec le rock et le metal progressif discrètement mais de fort belle manière (« Proud Whore », « Frankenstein’s Wife »). Si la star de Mask Singer version finlandaise en 2020 (oui, oui !) a encore le blues, il pourrait avoir croiser le diable, non pas au carrefour d’une route dans Mississipi mais plutôt au coin au Pays des Mille Lacs (« The Devil You Know »), et combat encore ses propres démons. Il y impulse une belle énergie hard rock qui le sauve finalement. Nul ne pourra résister par exemple au hit « Rebel of The North », où l’on retrouve Marko Hietala en guerrier au grand cœur sur un riff génial.

Citons également d’autres tubes déjà répandus sur la toile avec leurs vidéo clips décalés, comme « Frankenstein’s Wife », ou « Impatient Zero » avec le chanteur allongé par terre, sur son tapis de salon, et ses comparses en train de jouer au-dessus et autour de lui. On regretta néanmoins l’absence de plus de morceaux chantés dans sa langue maternelle (l’exception « Tammikuu », qui signifie « Janvier » en finlandais, rappelant un peu le folk metal de ses compatriotes de Korpiklaani). Et que dire de la magnifique chanson-titre façon « power ballade » à tomber ?

Au final, Marko Hietala nous livre là un superbe album, généreux, sincère, varié, avec de véritables chansons que l’on retient, preuve du formidable travail de composition et d’interprétation accompli sur Roses From The Deep dont l’artwork laisse percevoir finalement plus de couleurs et d’espoir dans l’imagination du musicien/chanteur que d’une vie fade en noir & blanc. Alors Marko, continue comme ça ! Et nous serons comblés. [Seigneur Fred]

->> Retrouvez notre interview de MARKO HIETALA ci-dessous !

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