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MIASMES : Vermines

MIASMES
Vermines
Black metal’n Roll
Les Acteurs de l’Ombre Productions



Quoi de mieux qu’un petit EP pour faire connaissance avec cette nouvelle formation obscure de black metal apparue dans l’Hexagone l’an dernier ? Enfin obscure, musicalement oui, car le propos ici est clairement un punk/black metal sauvage et evil, mais côté CV, pas tout à fait. On retrouve dans Miasmes trois musiciens déjà expérimentés aux pseudonymes, là encore, obscurs : C. (batterie), K. (guitare, aucun lien ici avec les céréales ou la voiture de chez Ford), et G. (basse/chant, et non pas le point G comme pourraient le penser certains petits coquins… ;-)). Ceux-ci œuvrent ou ont déjà œuvré pour le malin dans l’underground français, notamment dans Dark Prophecy, Como Muertos, Antaeus (live), ou Mhorne, ce qui n’est pas rien et vous donne peut-être déjà un petit aperçu des hostilités auxquelles nous avons droit sur ce premier effort de courte durée. Vermines se compose de cinq titres qui vont droit au but. Influencés par les enregistrements les plus crus et punk de Darkthrone (période F.O.A.D.) ou Impaled Nazarene, mais avec davantage de testostérone cependant et un chant dans la langue de Molière. Les textes sont entièrement écrits en français et les thèmes principaux tournent autour de la déchéance humaine, la mort et l’apostasie (reniement ou abandon de la foi chrétienne)… D’ailleurs, c’est « Apostasie »  qui ouvre cet EP de manière assez classique, sur un mid-tempo et un chant rageur. C’est brut, sale, dynamique. Le son de guitare est rugueux à souhait, et les riffs très entraînants. Rapidement les choses s’accélèrent, les influences thrash et punk étroitement liées réveillent en nous nos cervicales endormies et donnent envie de remettre son vieux perfecto à patches avec les cartouchières et les pics. Le morceau suivant, « Pestilence », d’une longueur de 6’28 continue dans cette veine, puissante et bien heavy, avec un riff particulièrement incisif en intro, et toujours sur un mid-tempo très efficace qui risque d’en faire headbanguer plus d’un en concert. Malgré la longueur, on ne s’en lasse pas. Les brûlots suivants s’avèrent toutefois plus courts, d’une durée moyenne de 3 à 4 mn. Si l’excellent « Désolation » avec son riff entêtant ou l’ultime « Vermine » nous renvoient à de vieux Darkthrone ou Satyricon (sans claviers ni côté épique). On pense notamment aux albums Total Death ou Ravishing Grimness du duo Fenriz/Nocturno Culo, mais il y a ici un booster empreint de rage et non de mélancolie comme pouvaient le faire jadis (et le font encore) les Norvégiens. Entre-temps, sur le quatrième titre « Furie » qui porte particulièrement son nom, le batteur C. s’exécute comme un diable sur sa batterie acoustique qui sonne de manière limpide malgré les screams déchirants de G. et sa basse vrombissante. Les guitares se font toujours aussi tranchantes. A l’instar de Sordide (que nous avions interviewés il y a un an, puis vus en concert en club au Mans en novembre 2021), le black metal de Miasmes vient démontrer une nouvelle fois que nos régions ont du talent dans le genre, et que cet art noir est loin d’être mort. Il peut revêtir différences nuances de noir, à l’image du catalogue toujours plus riche du label nantais des Acteurs de l’Ombre Productions. [Seigneur Fred]