POISON THE WELL : Peace In Place

Peace In Place - POISON THE WELL
POISON THE WELL
Peace In Place
Metalcore/post hardcore
Sharptone Records

Dans la famille des groupes catalogués « hardcore new school » ayant marqué toute une génération et influencé de nombreuses formations à la fin des années 90/début 2000, celles allant du metalcore à l’émocore en passant par le post-Hardcore, POISON THE WELL fait figure de véritable icone, pour ne pas dire de groupe culte. Les revoir à pareil fête en 2026, après 16 ans sans nouvel album (il y a bien eu le morceau « Trembling Level » en 2025), est tout simplement jouissif, pour ne pas dire un cadeau du ciel ! Le hardcore métallisé pratiqué par les Floridiens n’a bien entendu pas grand chose à voir avec ce qui se fait actuellement en termes de metalcore moderne, mais n’oublions pas qu’ils sont parmi les premiers (avec VISION OF DISORDER) à avoir notamment pratiqué cette alternance entre chant clair et chant hurlé, sans jamais tomber dans la facilité et la tentation des refrains en chant clair aseptisés.

Les auteurs du génial The Opposite Of December (A Season Of Separation) et des excellents Tear From The Red et You Come Before You entre 1999 et 2003 ont pour le coup fait appel à la crème de la crème pour s’occuper de la production de ce nouvel album en la personne de Will Putney (KNOCKED LOOSE, FIT FOR AN AUTOPSY, BETTER LOVERS…). Et pour être le plus complet possible notons les arrivées officielles en 2025 de Noah Harmon (THE AIRBOURNE TOXIC EVENT) à la basse et de Vadim Taver (A LIFE ONCE LOST, THIS DAY FORWARD) à la guitare. Ceci dit, ces deux musiciens étaient déjà des proches du groupe.

Voilà pour le décor, entrons donc maintenant dans le vif du sujet ! Peace In Place débute par « Wax Max » dont l’introduction fait tout de suite penser à celle de « Botchla » (Tear From The Red) et on se dit que tout renoncement à la nostalgie des early 2000 est sans doute peine perdue. Et sans surprise ce morceau prouve que le quintette n’a rien perdu de sa rage, mais aussi de son songwriting ! Même sensation avec « Primal Bloom », ces deux premiers titres faisant largement penser à la période dorée du groupe et ses premiers albums déjà évoqués plus haut. Quant à « Thoroughbreds », premier single dévoilé par le groupe, et bien on retrouve également ce côté nerveux et cette sensibilité qui nous plaît tant chez POISON THE WELL.

Tout le talent du groupe consiste aussi à nous pondre des refrains en chant clair lumineux, comme sur « Everything Hurts », tels les titres de la belle époque « Botchla » ou « Ghoschant » (sur You Come Before You). « Weaping Tones » lorgne lui plus vers l’émocore, tandis que certains passages de « A Wake Of Vultures » nous fait dire qu’il aurait pu figurer sur Versions, album plus brut et direct. Le frontal « Bad Bodies » reprend pour sa part les bons riffs incisifs et les ruptures de rythmes, autres marques de fabriques des américains. Puis vient la petite surprise post-hardcore « Drifting Without End », qui démarre sobrement, sans (quasi) chant hurlé sur l’ensemble du morceau et une fin aérienne à la CAVE IN époque Creative Eclipse/Jupiter !

En guise de dernier titre après un « Melted » au refrain éthéré et breakdowns endiablés, « Plague Them The Most » vient clôturer violemment cette pépite qu’est Peace In Place. POISON THE WELL en a donc encore sous le pied et on peut aisément affirmer que l’œuvre du temps n’a toujours pas assagi nos coreux, bien au contraire. Alors en bref, que se soit pour les nostalgiques ou tout simplement les fans de bonne musique, Peace In Place constitue un véritable livre ouvert sur l’histoire du hardcore moderne et son évolution, un petit bijou reliant la fin des 90’s à notre époque actuelle, et surtout, c’est la preuve vivante qu’une légende ne meurt jamais ! [Norman « Sargento » Garcia]

Sarai Kelley

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