Dix-huitième album de nos voisins et amis teutons de SODOM de longue date, et quel album !! En quarante-trois ans de carrière, jamais le groupe culte de thrash metal, mené par son indétrônable leader Tom Angelripper, n’a failli, ni déçu à vrai dire. Et The Arsonist, au titre très évocateur qui colle avec notre triste actualité mondiale, n’échappe pas à la règle. En plus, Tom et sa bande ont décidé de l’enregistrer à l’ancienne en studio, c’est-à-dire de façon analogique (tout en enregistrant séparément les différentes parties quand même). Le résultat est d’une qualité sonore presque jouissive, vivante et tellement plus chaleureuse que ses sons actuels numériques compressés. La production sonore y est ainsi moins froide en comparaison au pourtant très bon et puissant Genesis XIX (Steamhammer/SPV-2020). Comme à son accoutumée, Tom nous a répondu sans fioritures, avec sa bonhommie habituelle, nous faisant même visiter son petit studio/bureau avec sa collection de basses accrochées au mur (culte !). En prime, nous avons eu même droit à un scoop sur la poignée de concerts à venir de SODOM, cela avant une grande pause bien méritée… Eh oui, le temps passe et comme un autre Tom (Araya celui-là) de SLAYER, Tom Angelripper envisage de faire un break avant de prendre bientôt une retraite bien méritée… [Entretien réalisé par Zoom avec Tom Angelripper (basse/chant) par Seigneur Fred – Photos : DR]
–>> Single » Taphephobia » par SODOM extrait de l’album The Arsonist (Steamhammer/SPV)
A l’instar de Slayer et Tom Araya, un autre vétéran contemporain du thrash metal, européen ici, j’ai nommé Sodom, dont le leader est un autre Tom bien connu des métalleux outre-Rhin et dans le monde entier depuis 1981, a peut-être décidé aussi de raccrocher. En effet, notre vieil ami Tom Angelripper nous a confiés ceci quand on a évoqué les jeunes retraités de Slayer (en fin de compte pré-retraités car ils se sont reformés ensuite pour quelque show alors que Kerry King a lancé sa carrière solo) et sa similitude vocale sur certains morceaux de ce dix-huitième album studio. Par moment c’est vraiment bluffant quand Tom (Angelripper) s’énerve au micro et utilise un timbre de voix plus aigu, très proche de la voix d’Araya (le très direct « Trigger Discipline » rappelant les derniers ouvrages des Californiens). Et sur The Arsonist, Sodom donne tout, dans un répertoire thrash finalement assez varié, d’obédience old school, notamment grâce à un choix d’enregistrement analogique en studio rappelant le bon vieux temps, comme nous l’a expliqué le leader allemand depuis son bureau où l’on a eu droit à un rapide tour du patrimoine avec sa collection de basses. Mais résumer ce nouveau brûlot de nos thrashers teutons serait une fatale erreur, car s’il sonne moins puissant et moderne que Genesis XIX qui possédait une production sonore presque surfaire, les fans apprécieront ce choix plus chaleureux et old school, où l’on entend la basse, et une batterie peu triggée.
Si l’intro de la chanson-titre donne le là dans un chaos de guerre avec une touche orientale rappelant l’actualité brûlante au Moyen-Orient, très vite « Battle Of Harvest Moon » vous fait headbanguer comme à l’accoutumée, avec en guise de première salve sanglante un solo de guitare éclair suivi d’un break heavy au possible qui fait mal. Dans le même genre plus loin, on trouvera « Obliteration Of The Aeons » au ton plus que menaçant… Certains riffs d’intro peuvent, certes, paraître classiques et leurs rythmiques aussi (« The Spirits That I Called », ou le speed « Witchhunter » démontrant une fois de plus l’influence de Motörhead sur le speed/thrash metal dans les années 80) mais, que diable ! N’est-ce pas dans les vieux perfectos que l’on fait le meilleur thrash ? Tout cela donne sévèrement envie de taper du pied (alors que l’album Tapping The Vein a été réédité au passage dernièrement par Relapse Records). Sodom aime aussi proposer des chansons plus ténébreuses et lancinantes, ce qui est plus rare. L’excellent « Scavanger » en est une preuve. Mais les riffs incisifs et la vélocité du batteur reprennent le pas très vite avec un up tempo aux influences punk tout simplement irrésistibles, avec encore une fois ce chant de Tom Angelripper voisin de celui de Tom Araya (« Gun Without Groom »), avec toujours ce feeling d’urgence et de violence, la peur peut-être d’être enterré vivant derrière le front ? (le génial « Taphephobia »). Nous pourrions encore vous citer les excellents missiles que constituent « Same Insanity », « A.W.T.F. » (aux faux airs de Megadeth), « Twilight Void », etc. Alors la question se pose à présent : The Arsonist est-il l’ultime album studio de Sodom avant une longue hibernation du soldat de l’hiver qu’a été notre fidèle et très respectable Tom Angelripper ? Peut-être que des tournées de reformation se referont ici et là dans le futur, et de temps à autre un nouvel enregistrement, mais hormis quelques dates à la fin de l’été en Allemagne et les environs, nous souhaitons de bonnes vacances bien méritées à Unkel Tom et Sodom, car c’est bien mérité. Seul l’avenir nous dira si c’était de l’info ou de l’intox mais à réécouter notre entretien avec Tom Angelripper, notre sexagénaire a envie de passer plus de temps en famille et lever le pied. [Seigneur Fred]
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