THE DEAD DAISIES / BEASTO BLANCO / MIKE TRAMP : LIVE REPORT @L’ELYSEE-MONTMARTRE – Paris (FR) LE 11/11/2024

Un an après leur tournée Best of, The Dead Daisies étaient déjà de retour pour présenter leur dernier opus Light ‘Em Up, déjà bien accueilli par le public et la critique (voir notre interview et chronique album ici) afin de continuer son ascension. Une tournée européenne et une soirée sous le signe des retrouvailles avec le maître des lieux à la baguette John Corabi. Véritable chef d’orchestre d’un des grands groupes de hard rock à en juger par les pointures et les talents de son équipe. Ce soir, nous avons tous une pensée émue pour l’un des piliers manquants à l’appel : Doug Aldrich. Il a été remplacé de manière impromptue par son autre compère de Whitesnake, Reb Beach, devant apprendre tous les solos de son complice, en un temps record. Ce n’est pas un débutant. Voyez l’importance et le respect de ces princes que sont The Dead Daisies. Annuler une tournée pareille en Europe, il n’en était absolument pas question. Tant mieux ! On sait que l’on peut compter sur ce groupe américano-australien pour nous délivrer du hard rock brut implacable. Enfin on notera lors de cette tournée européenne la présence de deux groupes en première partie : Mike Tramp (ex-White Lion), groupe qui a érigé son succès dans les années 80, et Beasto Blanco formation composée de Chuck Garric et où l’on retrouve la fille d’Alice Cooper. C’est sûr que l’on va avoir droit à notre dose de shock rock théâtral. Et le public parisien est prêt à accueillir tous ces artistes ce soir. Préparez-vous à soirée centrée sous le signe du hard rock ! [Texte et photos : Laurent Machabanski]

Mike Tramp arrive avec son guitariste Markus Nand. A la surprise générale il n’y a pas de batteur et de bassiste qui apparemment au dire de Mike n’ont pu passer la frontière pour venir jouer ce soir. Ce n’est pas grave, Mike est heureux de partager ses succès de son ex-groupe White Lion pour la sortie de la compilation Songs of White Lion Volume II, et de partager sa prestation avec son guitariste. Petite entrée rafraîchissante qui enthousiasme certainement les fans. Mike avait connu les glorieuses années avec son groupe qui passé à plusieurs reprises dans la capitale. Agréable à l’écoute et au son où les deux compères prennent du plaisir à jouer ensemble sur des titres bien balancés comme « Living on the Edge » ou la ballade « When the Chidren Cry », l’un des plus gros succès avec White Lion. Une prestation courte, d’un rock classique et sans fioriture.

Set-list Mike Tramp (Ex White Lion) à Paris (European Tour) le 11/11/2024 :

  1. Living on the Edge
  2. Broken Heart
  3. Little Fighter
  4. Tell Me
  5. When the Children Cry
  6. Wait

Il est temps de muscler un peu tout cela avec l’arrivée de la prestation de Beasto Blanco. Pour ceux qui ne connaissent pas, on peut dire que l’entrée en matière est efficace et elle le restera jusqu’à la fin. Une belle surprise pour l’Elysée Montmartre. La formation américaine comprend les membres suivants : Chuck Garric, ancien guitariste d’Alice Cooper, et Calico Cooper accompagnée par Chris Latham à la guitare, de Jan LeGrow à la basse, et de Sean Sellers à la batterie. Un show bien rodé entre apocalypse à la Mad Max et Lordi, offrant un hard rock déjanté et satanique à souhait. L’entrée en matière est fracassante avec « Run For Your Life ». La puissance de la guitare et les voix sulfureuses de Chuck et de la chanteuse Calico donnent une prestation scénique vraiment gagnante qui fait mouche à tous les coups. L’équilibre entre la voix de Chuck et celle de Calico qui assure les chœurs constitue une totale osmose. Force est de constater que le timbre de la voix de Calico est si pur quand elle évolue en soliste sur « Grind » et non plus en choriste. Calico est envoûtante avec l’éventail de la voix tantôt rauque et tantôt claire. Cette équipe venue de nulle part ailleurs ne peut évidemment pas s’empêcher de reprendre au passage une reprise d’Alice Cooper (« Feed My Frankestein ») qui coule de source. Une prestation théâtrale exemplaire entre provocation et chorégraphie impeccable. La mise en scène est chiadée notamment avec quelques effets futuristes d’un jeu de laser contrôlé sur le bras de Calico sur le titre « Machine Girl », armée d’une bonne rythmique lourde où Chuck passe du côté des chœurs pour appuyer de plus belle le chant de Calico. Voyant la réactivité et l’accueil enjoué du public face à cette déferlante d’énergie et de puissance rythmique, Chuck veut absolument communier avec lui à la fin du show sur le titre « Breakdown ». Pour se faire il demande à la foule parisienne de se rallier à lui en scandant « We are Beasto Blanco ! » histoire de ne pas les oublier comme pour imprégner à jamais le nom du groupe en France, et ce sera repris en cœur par le public. Enfin Calico brandissant et faisant tournoyer sa batte cloutée sur la conclusion du show pour menacer ceux qui aurait encore un doute où à redire sur la qualité de la prestation des siens. Un show plein d’énergie, efficace, et une très bonne surprise au final. Leur quatrième opus Kinetica est paru en juillet 2024 chez COP International.

Set-list Beasto Blanco (Ex White Lion) à Paris (European Tour) le 11/11/2024

  1. Run for Your Life
  2. Freak
  3. Grind
  4. Nobody Move
  5. Feed My Frankenstein (Alice Cooper cover)
  6. Machine Girl
  7. Honey
  8. Lowlands
  9. Blind Drive
  10. Breakdown



C’est parti ! La soirée est définitivement lancée et tout le monde est enfin prêt pour l’envol. Le show de The Dead Daisies commence de la plus belle des manières avec « Light ‘Em Up » titre de leur septième album. Comme toujours chez nos hardrockers américains, la machine à entamer du gros son est omniprésente. Les morceaux s’enchaînent sans jamais baisser de rythme. Pour communier avec le public français, rien de plus simple. Prenez les titres « Dead and Gone »  et lancez « yeah, yeah ! »  repris en chœur part continuez a les spectateurs au taquet en réponse au « Make Some Noise » lancé par le chanteur. Et nous ne sommes pas en reste ce soir car il y a de la nouveauté pour présenter le nouvel album. On peut compter sur la gestuelle impeccable et la communion de John Corabi, véritable frontman pour créer de la puissance, de la joie, le ralliement, les explications dans le texte, la présentation des membres du groupe et aussi pour donner les nouvelles. Les compères sont fidèles en amitié et la bonne humeur toujours de rigueur règne. Le seul but est de donner du plaisir et surtout se faire plaisir. L’enthousiasme est à l’ordre du jour ce soir qui décompose la soirée en deux parties du concert. La première partie se déroule avec les titres anciens et des nouveaux, des morceaux du passage de Glenn Hughes marquant une certaine modernité dans la sonorité. S’ensuit le solo de batterie de la nouvelle recrue Tommy Clufetos (ex-Ted Nugent, Rob Zombie) qui aura nécessité l’intervention des techniciens, qui depuis le début, avait des problèmes pour fixer la batterie. Mais le Tommy s’en sort idéalement avec de belles frappes et de bonnes rythmiques d’une très bonne exécution et d’un solo de batterie tout en montée en puissance.

Pour revenir avec les nouvelles pointures que sont « I’m Gonna Ride » et « Take a Long Line ». Pour le premier, John Corabi demande où sont les motards dans le public et tous les motards lèvent les mains en l’air. Ce refrain est entraînant et puissant, idéal pour prendre la route. Sur le second morceau, les cris et les braillements de John sont au rendez-vous, la rythmique en avant de David Lowy et les solos majestueux de Reb Beach parachèvent le tour. Toute la puissance est là. Sans oublier « Lock n Loaded » où John Corabi nous montre ses talents à la guitare acoustique. Reb Beach est toujours à l’aise avec ses solos, même sur un tempo plus lent paradoxalement. Au même moment, John ne put la jouer à l’acoustique, la corde de la guitare ayant cassé. Un moment fort du concert. Michael Devin est toujours monstrueux à la basse, avec ce plus pour faire les chœurs et s’ensuit un jeu de guitares en duo avec changement de partenaires. Deuxième moment intense, le petit rituel du jeu de medley pour chauffer à blanc la salle avec ces incontournables extraits des grands classiques du hard rock que sont « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » / « Seven Nation Army » / « Children of the Grave » / « Living After Midnight » / « Join Together ». Ce petit medley est l’occasion de présenter le groupe au complet et de plaisanter, de se respecter et de jouer avec le public sur les anecdotes et surtout pour nous faire partager le message concernant Doug Aldrich qui aurait aimé être présent à Paris et qu’il se rétablit. Un scoop de la soirée, il y aurait deux versions de « Light ‘Em Up » (version rock et une autre version blues) avec des titres inédits.

Cette deuxième partie concerne des reprises toujours délivrées avec autant de puissance et de panache. Une surprise avec cette reprise de blues toujours pimentée à la sauce Dead Deasies de « I’m Ready » de Muddy Waters et avec Michael Devin à l’harmonica s’il vous plait. On poursuit la chevauchée avec l’incontournable reprise de Fortunate Son. Pour nous faire voyager encore plus loin. C’est le mois de novembre, il fait froid à Paris et John veut emmener tout son public au pays où il fait chaud. Il n’y a qu’une seule destination possible, Mexico ! Puis la reprise d’une omnipotence de ce « Midnight Moses » titre emblématique du groupe. Que de reprises devenant des grands classiques encore mieux revisitées, qui prennent une plus grande ampleur avec eux sur scène. Pour le rappel ils vont terminer leur œuvre magistrale par ce qu’ils ont commencé c’est-à-dire de bien s’amuser, et nous avec eux sur un des opus qui ont fait leur succès « Long Way To Go ». Enfin une reprise du plus bel effet des Beatles « Helter Skelter » met tout le monde au diapason.

A chaque fois, The Dead Daisies est en communion avec son public grâce à son énergie, avec l’envie de partager, de jouer toujours plus haut et toujours plus fort pour nous montrer toujours de multiples facettes et nous faire encore profiter de toute l’étendue du hard rock. Encore une fois une orchestration parfaite ici à Paris, avec la complicité d’un groupe au sommet pour une très belle soirée réussie. [Laurent Machabanski]

Set-list The Dead Daisies à Paris (European Tour) le 11/11/2024

  1. Bitch (The Rolling Stones song)
  2. Rock and Roll (Led Zeppelin song)
  3. Light ‘Em Up
  4. Rise Up
  5. Dead and Gone
  6. Make Some Noise
  7. I Wanna Be Your Bitch
  8. Unspoken
  9. Bustle and Flow
  10. Drum Solo
  11. Lock ‘n’ Load
  12. I’m Gonna Ride
  13. Born to Fly
  14. Take a Long Line (The Angels cover)
  15. Dirty Deeds Done Dirt Cheap / Seven Nation Army / Children of the Grave / Living After Midnight / Join Together (Band Introduction)
  16. I’m Ready (Muddy Waters cover)
  17. Fortunate Son (Creedence Clearwater Revival cover)
  18. Mexico
  19. Midnight Moses (The Sensational Alex Harvey Band cover)
  20. Encore:
  21. Long Way to Go
  22. Helter Skelter (The Beatles cover)

Publicité

Publicité