THE DEFACED : Charlatans

THE DEFACED
Charlatans
Thrash/Groove Metal
Vicisolum Productions

Cela faisait un sacré bail que l’on n’avait pas eu de nouvelles des Suédois de The Defaced ! Le combo d’Helsingborg avait fait son petit effet au début des années 2000 avec d’abord une première bombe, Domination Commence, suivie de Karma In Black dans la ligne de ses frères d’armes Soilwork, Darkane et autres The Haunted. Et puis après l’album plus alternatif et bien nommé Anomaly en 2008, concluant leur contrat discographique avec le label italien Scarlet Records, plus rien, rideau… Évoluant toujours dans un thrash metal typiquement suédois auréolé d’un groove plus contemporain, The Defaced refait donc surface avec Charlatans, qui, contrairement à son prédécesseur, porte mal son nom car il n’y a aucune arnaque musicale ici, ni imposture auprès des fans du genre. Non, nos quatre Suédois remettent les pendules à l’heure et se font avant tout plaisir, l’inspiration étant de nouveau au rendez-vous. Dès le titre d’ouverture « Monochromatic Void », sur un rythme soutenu et un riff simple, Jens Broman, qui était arrivé au micro en 2005 et évolua parallèlement dans Darkane et Construcdead, fait oublier le chanteur d’origine par son groove et son ton plus mélodieux, notamment sur les refrains. C‘est bien simple, sur le premier single de l’album, « Bleeding Ore », on croirait même entendre Björn « Speed » Strid de Soilwork qui a d’ailleurs produit et capté les performances vocales de notre ami Jens Broman au Studio Björngrottan, à Tyreså durant l’autumne 2020. Outre ce trait de mimétisme que l’on pourrait bien sûr critiquer, il faut surtout voir là un signe de qualité car les dix morceaux de Charlatans possèdent chacun leur charme, avec des structures similaires, certes, donnant généralement sur un mid tempo groovy et accrocheur (l’énorme « Wreck »).

Son chanteur sait prendre tout de même des risques à travers des breaks et et refrains plus surprenants, pouvant rappeler certains groupes de rock ou metal alternatif comme c’est la grande mode ces dernières années. Mais les ambiances, le son typiquement suédois, les riffs et leads de guitares de la paire Mattias Svensson (Kayser)/Klas Ideberg (Darkane, Terror 2000…) renvoient bel et bien à la scène metal scandinave, plus exactement de la scène thrash/death mélodique suédoise de l’ouest (Göteborg, Helsingborg). Les amateurs seront donc ravis. Le petit plus en 2022 réside dans le fait que The Defaced se laisse aussi aller vers quelques digressions progressives du plus bel effet, comme sur « Gilded Hands » ou le superbe « Son of The Sun ». Peut-être que les parties de batterie de Rob Ruben auraient méritées parfois d’être plus techniques, un peu comme à la Darkane (ah cette pieuvre Peter Wilder !) mais l’efficacité est là et c’est l’essentiel. Ce quatrième disque remplit son rôle : remettre le groupe sur les rails car le temps a passé et même si la concurrence n’est plus aussi rude qu’il y a vingt ans, le thrash metal suédois est moins à la mode. Après, c’est comme tout : les modes vont et viennent, alors qui sait ce que réserve le futur pour nos quatre Suédois qui sont, dans tous les cas, tout sauf des charlatans ? [Seigneur Fred]

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