
Comme chaque été au début du mois d’août, s’est tenu le festival metal belge d’Alcatraz dans l’entité de la ville de Courtrai (Flandre occidentale), du 6 au 9/08/2026. Depuis plusieurs années maintenant, celui-ci est devenu l’un des plus grands rendez-vous metal sur la scène européenne, et ce, malgré la concurrence avec d’autres évènements encore plus grands dans les pays voisins (Wacken Open Air en Allemagne, ou notre Hellfest national en France !). Au programme : du soleil, de la musique non sur cinq scènes durant quatre jours et une programmation tout simplement énorme. Il n’y a qu’à voir l’affiche 2026 avec une multitude de groupes venus d’horizons et de pays divers. Pour la première fois depuis très longtemps ; un groupe russe, Slaughter To Prevail, fut invité (groupe que l’on revit une semaine plus tard au Motocultor), qui plus est, carrément en tant que tête d’affiche du second jour ! De l’avis quasiment unanime des festivaliers, ce dix-huitième événement a été sans conteste une réussite, l’affiche étant particulièrement qualitative et alléchante. [Live report Alcatraz 2026 : texte & photos par Sante Brocollo, avec la complicité de Seigneur Fred]

JEUDI 06/08/2026
Dès le premier jour , le festival a en effet programmé du lourd. Cyclone, le groupe de thrash metal belge originaire des années 80, met déjà la Swamp stage en ébullition : il est vrai qu’il joue à la maison !

Un an après l’apparition de Max Cavalera avec la reformation de Nailbomb, l’ex-Sepultura revient en force avec Soulfly, son principal groupe fondé en 1997 après son départ du fameux combo brésilien qui d’ailleurs prend sa retraite notre interview exceptionnelle de Sepultura avec Andreas Kisser pour leur split annoncé et leur ultime EP en 2026 à retrouver ici !). Accompagné par son fils, Zyon, à la batterie, Soulfly met alors la scène principale (Prison stage) sens dessus dessous, lui qui fut pionnier du groove metal sans le savoir, en diffusant ses sonorités agressives si particulières ; le groupe américano-brésilien fait mouche à Alcatraz. Pour l’occasion, Max Cavalera a teint ses cheveux dans une couleur proche de sa guitare verte… Et quelle ambiance dans le pit !

En parallèle, la prestation débordante d’énergie du groupe punk belge des années 80, Funeral Dress, offre une alternative de valeur. Les tripes n’en sortent pas intactes cependant ! Besoin d’un petit rafraichissement pendant ce temps-là ?


De retour dans la tente, le public encaisse les riffs soutenus de Sacred Reich, vieux groupe thrash metal de Phoenix (comme Soulfly où réside la famille Cavalera), connu surtout pour son fameux Surf Nicaragua (Hollywood Records, 1988), et qui a vu revenir dans son giron auprès de Phil Rind, notre ami batteur Dave McClain (ex-Machine Head et désormais ex-Sacred Reich), absent de Sacred Reich puisqu’il a quitté le groupe en 2025 après sa participation à leur dernier album en date, le passable Awakening paru en 2019 (Metal Blade Records). C’est un certain Eduardo Balto qui le remplace derrière les fûts.


Vient ensuite Channel Zero, fer de lance du metal belge dans les années 1990/2000 sur la scène, principale. Normal, on est au pays des frites après tout ! Leur prestation est de qualité tant vocalement (son chanteur avec un bras en écharpe) que musicalement mais plafonne à un certain niveau, à l’image du groupe qui n’a jamais atteint la renommée à laquelle ils aspiraient alors malgré leur passage en boucle sur MTV et MCM à la fin des années avec le célèbre tube « Black Fuel » filmé sur un porte-avion. A noter qu’il s’agit ici de leur tournée d’adieu après plus de trente ans de bons et loyaux services pour la cause thrash metal…

La Swamp Stage accueille alors Mikkey Dee (ex-Motörhead) et ses amis qui présentent un set exclusivement composé de morceaux de, forcément, Motörhead !! C’est à ce moment que l’on se rend compte du rôle prépondérant de Lemmy Kilmister (R.I.P.)…

La joyeuse bande de folk/power metal écossais Alestorm (à ne pas confondre avec Halestorm annoncé d’ores-et-déjà à l’affiche du prochain Motocultor en 2027) nous délivre enfin un set sans génie mais très bien amené, comme à l’accoutumée. Le nombreux public présent ne s’y trompe pas et manifeste son enthousiasme. Sur la scène concurrente Helldorado, le groupe suédois Eminence délivre son metalcore tout en finesse, ce qui est loin de laisser le public indifférent. Bonne nuit !



VENDREDI 07/08/2026
Au premier jour que les absents ont vraiment eu tort de rater, succède le vendredi dont les prestations suivantes méritent d’être mises en exergue ici. Vended, le groupe de nu metal déjà vu à quelques reprises en Europe ici et là et fondé par deux fils de membres de Slipknot (Griffin Taylor – chant – et Simon Grahan – batterie – fils du clown Shawn) vont mettre le feu aux poudres malgré la sécheresse : Certains diront que cela ressemble au groupe des paternels de Des Moines (Iowa) ce qui est tout à fait naturel, vous direz-vous, mais la prestation dégagent une énergie à laquelle le nombreux public adhère dans tous les cas.

Côté public, les festivaliers ne manquent pas d’imagination comme à l’accoutumée !

Il serait dommage de passer sous silence la prestation toute en puissance des vétérans de Crimson Glory, groupe de power metal originaire de Floride, ainsi que l’atmosphère sombre créée tout au long du concert de Coven mené par sa chanteuse Jinx Dawson sur la Swamp stage…


Puis, dès son entrée en scène, le metal indus Combichrist nous offre des riffs tranchants que la composition particulière du groupe norvégien (chant, guitare, claviers et batterie) favorise en live. Toutefois, l’absence de certains instruments, qui se révèle un atout lors des premiers morceaux, se transforme en véritable limite par la suite. Rare et intéressant néanmoins…

Notre ami Udo Dirkschneider (interview avec son gang ici en 2025) accélère le rythme avec son répertoire classique qui ne manque pas d’enthousiasmer le public présent. Le rap hardcore de Body Count emmené par son charismatique chanteur Ice-T et le guitariste/producteur René « Ernie C » (voir notre interview exceptionnelle 2024 ici !!) nous assène de son hardcore/metal heavy et groovy relativement agressif et qui déménage avec des paroles sanglantes ! Le spectateur est enchanté dans la mesure où il reçoit la prestation attendue.


Il en va de même pour la légende Savatage qui passe sa carrière en revue pour le plus grand bonheur des fans de heavy metal progressif.

A Savatage, succède alors dans un tout autre genre musical aussi riche et novateur pour son époque, Igorrr, combo français qui allie black/death metal, opéra, et breakcore avec succès autour du chanteur JB Le Bail (ex-Svart Crown), Marthe Alexandre (chant mezzo-soprano), et bien entendu son fondateur Gauthier Serre (guitares, programmations). Devant le public belge, Igorrr parvient à hisser la qualité musicale et l’intelligence de la prestation scénique à un très haut niveau. Assurément, un moment clé de la journée. (notre interview d’IGORRR en 2025 ici)


Retournons à la Prison Stage où nous attend la tête d’affiche contestée Slaughter to Prevail, poids lourd du deathcore russe, autrefois en une de notre magazine, et qui met le public en ébullition. La fosse donne lieu à un défilé de métalleux emportés l’irrésistible agressivité du groupe emmené par son chanteur Alex Terrible que certains boycotteront pour ses discours et symboles arborés pas toujours très clairs politiquement même s’il s’en est déjà expliqué…

Cette seconde journée à Alcatraz se termine alors par le groupe local belge Amenra qu’on ne présente plus avec son doom/sludge metal unique, et qui parvient toujours à créer cette atmosphère si étrange, garante d’un franc succès… Alors que son chanteur Colin nous entraîne une nouvelle fois un peu plus dans ses abysses, de dos comme de face, sur la gauche de la scène, on remarque la présence de la bassiste américaine de Year Of The Cobra, Amy Barry Smith (voir notre interview 2025 ici), désormais titulaire du poste aussi bien en live sur le Vieux Continent qu’outre-Atlantique. On les reverra également une semaine plus tard sur l’une des scènes du Motocultor.

Bon, vous ferez bien un petit tour de tyrolienne avant d’aller au lit ?

SAMEDI 08/08/2026
To be continued...
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