En ce premier jour férié du mois de novembre 2024, Alcest est venu promouvoir son dernier album en date paru plus tôt dans l’année, Les Chants de l’Aurore (Nuclear Blast) dont notre chronique est à retrouver ici. Rien que ça, c’est un événement local à Strasbourg, ville étape figurant parmi les quelques dates françaises d’une tournée européenne intense. Et visiblement, le froid ne semble pas avoir arrêté les fans qui attendent ce concert « depuis des mois » comme ils disent. [Texte et photos par Louise Guillon]

C’est en poussant les portes de la Maison Bleue, petite salle de concert non pas « adossée à la colline de San Francisco » comme dit la chanson, mais nichée dans le quartier strasbourgeois du Neudorf que nous avons pu assister en toute intimité au concert des Français d’Alcest. À notre arrivée, quelques fans motivés et téméraires font la queue avant l’ouverture des portes dans le froid et la nuit. Bonne ambiance pour cet évènement musical qui s’avère prometteur et intimiste. À 20h00, nous nous engouffrons dans une petite salle d’une capacité de 300 personnes, un bar est à disposition ainsi qu’un petit corner de merchandising. La superficie est, certes, modeste, mais tous les éléments sont réunis pour passer un bon moment ! À 20h30, les lumières tombent, les voix se font de plus en plus discrètes. En ouverture de cette soirée « metal », le groupe Oaks fait son entrée. Retour aux racines alsaciennes pour le trio originaire de la région mais contraint de quitter l’est pour « Paname », comme ils le disent si bien. Pendant près d’une heure, le groupe a joué la playlist complète de son seul et unique album sorti à ce jour : Genesis of the Abstract (2022), un enregistrement conceptuel entièrement instrumental. Leur musique y est dense, la basse très présente et les rythmes lourds de la batterie soutenus par des riffs vibrants mettent rapidement tout le monde d’accord. Les têtes commencent à bouger à l’unisson et c’est la magie de la transe musicale qui commence. De petits écrans à l’arrière de la scène diffusent (à l’aide d’un vidéo projecteur) des images aux accents psychédéliques.

21h30 : changement de set et de décor pour l’arrivée tant attendu des stars de la soirée : Alcest. Un fond sobre, à l’effigie du dernier album (Les Chants de l’Aurore) orne la petite scène de la maison bleue. Acclamés par les fans présents ce soir-là, Neige, Winterhalter, et leurs compagnons inaugurent le show par le titre « Komorebi ». Une heure et demie durant, les titres phares de la formation française à succès s’enchaînent alternant avec des nouveaux « tubes » comme « L’Envol » ou « Flammes Jumelles » tirés des Chants de l’Aurore. Discret mais sincère, Neige remercie le public strasbourgeois à plusieurs reprises. Si quelques cafouillages au niveau de l’ingé son furent présents au départ, le tout a été rapidement rattrapé par l’énergie débordante du groupe. Les spectateurs des premiers rangs chantent en cœur les paroles de Neige. Sa voix difficilement audible au départ est devenue plus claire au fur et à mesure du concert, et ce, pour notre plus grand bonheur. Dans sa furie maîtrisée, derrière ses fûts, Winterhalter perd une baguette tout en poursuivant son jeu énergique et transcendantal. Loin des ambiances des festivals et concerts metal habituels, le show d’Alcest demeure calme. Cela permet de mieux apprécier ainsi le black metal atmosphérique à tendance shoegaze des Français. Une transe musicale a ainsi envahi le public tout au long du concert. Les fans semblaient d’ailleurs communier avec le groupe. Cette union de l’esprit était une expérience forte et riche en émotion. À l’heure de quitter la scène sur le titre « Autre Temps », le rappel du public force un dernier retour. C’est sur le morceau et bien nommé « L’Adieu » (qui conclut leur dernier opus) qu’Alcest nous fait son au revoir, quittant définitivement l’estrade. [Louise Guillon]


Playlist du concert :
Komorebi
L’Envol
Améthyste
Protection
Sapphire
Écailles de Lune partie 2
Flamme Jumelle
Le Miroir
Souvenirs d’un Autre Monde
Oiseaux de Proie
Autre Temps
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